Les missions du groupe Coderr

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La directrice générale et le président de Coderre, Élaine Rochon et Patrice Gobeil.

(Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Tout a commencé à la fin des années 70, à une époque où l'environnement commençait à peine à faire partie du discours public. Des bénévoles se sont regroupés pour offrir des activités de récupération et de recyclage. Quelques années plus tard, cette initiative a mené à la création de la Corporation de développement de la récupération et du recyclage en région (CODERR). L'organisation s'est progressivement transformée en une entreprise d'économie sociale aujourd'hui responsable de la collecte résidentielle de la MRC Lac-Saint-Jean-Est. Un domaine normalement occupé par les entreprises privées traditionnelles.

«Ça prend des élus, des municipalités, qui ont quand même eu une certaine vision pour aider à la création d'un joueur dans un marché qui est plutôt occupé par des multinationales. Mais maintenant, on fait la différence au niveau du marché. Laisser les multinationales aller, c'est leur laisser concentrer le marché et une fois qu'ils ont éliminé les joueurs locaux, ils ont un quasi-monopole et fixent les prix et conditions qu'ils veulent», pointe le président de Coderr, Patrice Gobeil.

Le groupe s'est démarqué au fil des ans dans le domaine de la récupération et du recyclage. Les élus de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ont d'ailleurs eu assez confiance en l'organisation de réinsertion sociale pour lui confier le contrat de collecte sur le territoire. Mais pour laisser ce mandat à cette organisation, les municipalités ont dû convaincre le gouvernement. La loi ne permettait plus aux villes d'octroyer des contrats de gré à gré avec une entreprise de collecte de déchets. Les élus devaient choisir le plus bas soumissionnaire trouvé par appel d'offres. La MRC tenait tellement à conserver Coderr qu'elle a réussi à obtenir une dérogation ministérielle pour ce cas bien précis. Une seule autre organisation du genre au Québec bénéficierait d'un tel traitement de faveur.

Le groupe qui compte 75 employés détient le contrat de collecte depuis 2005. L'entente, qui représente un montant de 2 millions$ par année, a été récemment renouvelée jusqu'en décembre 2019. «On se fait souvent comparer à une police d'assurance. La RMR (Régie des matières résiduelles) a un comparatif avec nous. On agit aussi comme la boîte à projets pilotes de la RMR. Par exemple, en ce moment, on regarde comment on peut détourner de l'enfouissement les matelas et les sommiers. On a même réussi à faire un banc de parc avec ces matières. Mais on est encore en période de tests», donne en exemple la directrice générale de Coderr, Élaine Rochon.

«On est aussi une vraie business. Oui, on a une vocation sociale. Mais on voit les mêmes opportunités et on doit relever les mêmes défis que l'entreprise privée. Et le prix qu'on a reçu aux Mercuriades, on le prend pour l'implantation de systèmes qui ont permis d'accroître la productivité», ajoute M. Gobeil.

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