La meilleure année de son histoire

Mecfor a le vent dans les voiles

Malgré un marché de l'aluminium qui tourne au... ((Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie))

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Malgré un marché de l'aluminium qui tourne au ralenti, l'entreprise Mecfor vient de connaître la meilleure année de son histoire. Ces succès ne sont évidemment pas sans réjouir sa présidente, Éloïse Harvey.

(Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le titre de Personnalité du mois de juin 2015 Le Quotidien/Radio- Canada est décerné aujourd'hui à l'entreprise Mecfor et sa présidente Éloïse Harvey. L'équipementier de Chicoutimi vit sa meilleure année depuis sa fondation, avec un chiffre d'affaires frôlant les 25 millions$. En plus d'avoir décroché un contrat pour Alcoa, le plus important de son histoire, Mecfor vient de faire l'acquisition des propriétés intellectuelles de la société française Brochot, s'ouvrant ainsi les portes de l'Asie

Alors que l'industrie de l'aluminium tourne au ralenti, Mecfor tire son épingle du jeu. Et le récent contrat de 7 millions$ pour la confection d'une série de véhicules de transport spécialisés de creusets et d'anodes pour les alumineries de Deschambault et Bécancour a mis le vent dans les voiles de l'entreprise qui emploie maintenant une centaine de personnes.

«On fait la plus grosse année à vie de la compagnie, d'un point de vue chiffre d'affaires. Et on pourrait se demander pourquoi, parce que l'industrie de l'aluminium ne va pas aussi bien que ça. C'est donc à mon avis une combinaison du travail acharné et de situations. Tout est arrivé en même temps et l'année prochaine s'annonce aussi bien, ce qui est rassurant. On fait toujours un peu sa chance, mais on en a toujours un peu. On était donc chanceux que, dans le type d'équipements qu'on fait, il y ait eu des contrats. Et on a été bons de les remporter», résume Éloïse Harvey, présidente de Mecfor et vice-présidente corporative du Groupe Ceger.

C'est d'ailleurs cette instabilité dans l'industrie de l'aluminium qui pousse Mecfor à vouloir se diversifier.

«On se spécialise dans cette industrie, même malheureusement trop. Parce qu'on a fait beaucoup d'efforts pour se diversifier, notamment vers les mines, jusqu'à ce que les mines tombent aussi. C'est sur la glace en ce moment, mais quand ça va recommencer, on va repartir la division mine. Parce que j'y tiens, je veux une belle diversification», insiste Mme Harvey.

Il y a quelques semaines, rappelons-le, l'équipementier a acheté les propriétés intellectuelles de la société française Brochot. Une transaction qui permettra à Mecfor d'élargir son éventail de produits. Mais Éloïse Harvey ne cache pas son intention de mettre la main sur une autre entreprise oeuvrant dans un secteur autre que l'aluminium.

«Brochot, ce n'est pas la fin. C'était une acquisition d'actifs incorporels. On recherche à faire une autre acquisition pour une diversification hors aluminium, je dirais même hors mines et métaux. Je veux avoir autre chose qui vient contrebalancer les fameux cycles dans lesquels ont est pris», exprime Mme Harvey.

La femme d'affaires flirte d'ailleurs avec le secteur ferroviaire.

«On évalue les possibilités, on regarde ça depuis quelques années. Il n'y a pas beaucoup d'entreprises dans ce secteur. Mais c'est vraiment le style de secteur qui m'attire. Il y en a d'autres, évidemment, mais pour en nommer un seul, ferroviaire, définitivement.»

BIEN À SA PLACE

Éloïse Harvey a toujours évolué dans un milieu d'hommes. Après des études en génie mécanique et administration, elle entame sa carrière chez Mecfor. Aujourd'hui présidente de l'équipementier et vice-présidente corporative du Groupe Ceger, fondé par son père Jeannot Harvey, elle est l'une des entrepreneures les plus respectées de sa génération. Et être une femme ne lui a jamais nui, du moins, jusqu'à tout récemment.

«Jamais de ma vie je n'ai senti qu'être une femme me mettait dans une situation désavantageuse. La seule fois que c'est arrivé, c'est en France, et c'est très récemment, avec un liquidateur. Il ne me regardait pas, il ne parlait qu'à mon avocat. À la fin, il a dit à un autre homme que c'était rafraîchissant de rencontrer une femme d'affaires intelligente. J'ai décidé de le prendre comme un compliment, mais c'était très déplacé», raconte-t-elle.

Mais il ne s'agit que d'un événement isolé, insiste Mme Harvey, qui estime, au contraire, qu'être une femme lui a permis de se démarquer dans cet univers masculin.

«Quand j'allais présenter des produits aux États-Unis, les hommes étaient intrigués. Ils voulaient voir la fille qui vend des "trucks". Les hommes sont peut-être plus sceptiques quand tu es une jeune femme. Mais à partir du moment où je gagnais leur confiance technique, c'était à la vie à la mort. J'imagine qu'ils trouvaient ça rafraîchissant de voir une jeune femme dans ce milieu», croit Mme Harvey.

La mère de famille demeure maintenant à Montréal et revient deux fois par mois à Saguenay. Si elle s'occupe du développement et des décisions stratégiques de Mecfor, elle peut compter sur un directeur général «extraordinaire» qui lui permet de faire grandir l'entreprise.

«J'ai une confiance totale envers lui (André Martel). Et c'est la seule façon de grandir. Pour faire ce qu'on fait, ça prend une direction générale extrêmement solide. Mon père a aussi travaillé comme ça, en s'entourant d'équipes fortes pour les opérations», mentionne-t-elle.

llevesque@lequotidien.com

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