Luc Tardif a créé Impact

Un homme de passion

Le titre de Personnalité du mois d'avril 2015... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Le titre de Personnalité du mois d'avril 2015 Le Quotidien/Radio-Canada est décerné à Luc Tardif, l'agent en prévention à la Sécurité publique de Saguenay qui est derrière le projet IMPACT.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Julien Renaud
Le Quotidien

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Le titre de Personnalité du mois d'avril 2015 Le Quotidien/Radio-Canada est décerné aujourd'hui à Luc Tardif et à l'équipe derrière le projet de la pièce de théâtre IMPACT. L'agent en prévention à la Sécurité publique de Saguenay est celui qui a imaginé et qui, depuis deux ans, organise cette initiative visant à sensibiliser les jeunes aux dangers de l'alcool au volant.

L'homme derrière la pièce de théâtre IMPACT en est un d'ambitions et de passion. L'agent en prévention à la Sécurité publique de Saguenay, Luc Tardif, n'a compté ni les minutes ni les heures pour mener à terme ce projet couronné de succès.

La pièce IMPACT, jouée par des élèves en Arts et métiers de la scène (AMS) de l'École polyvalente de Jonquière et des professionnels des milieux policiers, juridiques et infirmiers, a été présentée le 28 avril au public et le 29 avril aux étudiants de cinquième secondaire de la région, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Il s'agissait d'un retour en force pour le projet, qui en était à sa deuxième édition.

«Ç'a été un rêve cette année. Je n'aurais pu penser à mieux que ça. Nous étions bien rodés avec l'expérience de l'année dernière. C'est un accomplissement, une fierté, d'être parti d'une idée et d'avoir réussi, tout le monde ensemble, à présenter un produit si gros, si professionnel. De voir les gens sortir chamboulés, émotifs; c'était le but de brasser le monde», partage Luc Tardif, les yeux pétillants.

«Les images, ce n'est plus assez. Les jeunes sont confrontés à des images dures tous les jours. Il fallait donc passer par l'émotion pour les toucher et les marquer», fait valoir l'agent en prévention, qui est à l'origine du projet.

«Je suis allé rencontrer Louis Wauthier, le metteur en scène de la Fabuleuse histoire d'un Royaume, la tête pleine d'idées. Je lui ai débité mon message jusqu'à tant que je n'aie plus de salive et de souffle. Ensuite, à deux, on a mis de l'ordre là-dedans, scène par scène», relate le Robervalois, père de deux enfants, qui réside désormais à Shipshaw.

Des scènes d'horreur, Luc Tardif en a vu plusieurs, lors de ses dix années comme patrouilleur. Celles impliquant l'alcool au volant l'ont marqué particulièrement. «Les histoires d'horreur, on en voit tellement. Les pires accidents dont je me rappelle étaient liés à l'alcool. Ce sont des choses qui te marquent», a-t-il confié, autour d'un café.

Le scénario était le même qu'en 2014, à l'exception de la fin. «L'an dernier, un jeune homme est mort dans un accident impliquant de l'alcool cinq jours après la représentation. Sur les 2000 jeunes, il y en avait toujours bien un qui n'avait pas compris. Cette année, on terminait donc en demandant aux jeunes de s'en rappeler», raconte l'agent.

«Nous avons reçu énormément de commentaires. Les parents disent que ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas eu une belle discussion comme ça avec leurs jeunes. Et beaucoup d'élèves nous disent qu'ils aimeraient avoir une meilleure prise en charge lors de leur bal. En plus, c'est un projet pédagogique qui offre une belle expérience aux étudiants d'AMS, d'ATM et de technique policière», met en relief la Personnalité du mois, qui croit qu'un changement de mentalité est bel et bien en train de s'opérer.

Un succès à répéter

Devant un tel succès, Luc Tardif, qui tient à remercier toutes les personnes impliquées de près ou de loin, pense à exporter le projet et à l'étendre davantage au Lac-Saint-Jean. D'autres corps de police l'ont contacté pour manifester l'intérêt de réaliser une initiative similaire, et des trousses de prévention incluant l'enregistrement de la pièce devraient être distribuées.

La pièce de théâtre IMPACT a été décorée du prix Essor régional et du prix Essor partenariat provincial pour sa première édition. Les quelque 6000$ en bourses ont été remis au programme d'AMS pour l'achat d'équipements. Par ailleurs, l'argent récolté avec la représentation publique servira de prix pour un concours de responsabilisation pour lequel chaque école a été invitée à imaginer un projet novateur pour le bal des finissants.

«La journée que je suis rentré dans la police, il y avait une chose de claire dans ma tête, c'était que je voulais me rendre à la prévention.»

C'est à l'âge de 11 ans que Luc Tardif a su quel métier il voulait exercé dans la vie. «J'ai gagné un stage avec un préventionniste de Roberval, André Lavoie. Comme lui, je voulais être un policier de proximité. J'avais besoin d'aider les autres, confie l'agent. On se parle encore. Je suis allé à son party de retraite à Pont-Rouge l'an dernier. J'ai toujours pensé que c'était un tirage truqué, car deux jours avant, j'avais fait une production écrite sur le métier que je voulais faire plus tard: policier.»

Luc Tardif a toujours la tête qui déborde d'idées, et s'impliquer fait partie de sa nature. «C'est un homme très humain, très empathique. Il a toujours énormément de senti, et il n'attend jamais rien en retour», affirme sa conjointe, Élisabeth Villeneuve, présente lors de l'entrevue.

«Je faisais déjà énormément de bénévolat à sept ou huit ans. À 12 ans, je suis rentré dans les cadets de l'air. L'implication a toujours été importante pour moi. J'ai besoin que ça bouge. Si quelqu'un lève la main, je ne réfléchis pas une minute», partage celui qui a notamment donné de son temps pour le Relais pour la vie, le hockey mineur et la Nuit des sans-abri.

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