Fromagerie Lehman: Après la tempête, enfin la récompense!

Au plus fort de la crise, c'est la... (Le Quotidien, Steeve Tremblay)

Agrandir

Au plus fort de la crise, c'est la force de la famille qui a permis aux Lehmann de poursuivre leurs activités.

Le Quotidien, Steeve Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Labrie
Le Quotidien

(Hébertville) Le Kénogami de la Fromagerie Lehmann d'Hébertville a récemment remporté le Grand prix des fromages canadiens, remis par les Producteurs laitiers du pays, damant ainsi le pion à 171 autres fromages soumis par une quarantaine de fabricants. Si les Lehmann voient évidemment d'un bon oeil cet honneur, il ne faut pas croire qu'il représente un baume sur les plaies laissées par la crise de la listériose et les multiples interventions des inspecteurs du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ). Pour leur ténacité, leur travail acharné et leur sens des valeurs, les Lehmann méritent le titre de Personnalité du mois Le Quotidien/Radio-Canada.

«Ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir traversé la tempête, avec ma famille. Les prix, c'est bien, mais ça n'a rien à voir avec la crise qu'on a vécue».

Le patriarche de la famille Lehmann, Jacob, s'exprime sans détour. Il n'a pas de phrases toutes faites pour commenter le prix remporté par le Kénogami. Oui, il se réjouit des retombées qui accompagneront à coup sûr cette bonne nouvelle.  Mais il ne peut occulter les conséquences de la crise de la listériose sur son entreprise et sa famille, notamment son épouse Marie, ses fils Isaban et Sem, sa fille Léa, qui sont tous actionnaires à parts égales. Une discussion à bâtons rompus permet d'ailleurs de constater rapidement les cicatrices causées par les interventions du MAPAQ, qui ont pointé du doigt le lait cru comme source de la crise.  Des interventions qui ont obligé Jacob Lehmann à aller contre ses convictions profondes et à laisser de côté le lait cru, pour un temps espère-t-il, pour fabriquer le Kénogami et le Pikauba avec du lait thermisé. Mais c'était ça ou fermer la fromagerie, une option qui a été longuement et sérieusement examinée par toute la famille, installée dans un décor bucolique du rang Saint-Isidore.

«Moi, à 60 ans, je n'y tenais plus. J'aurais pu tout vendre et m'en aller sur la Côte d'Azur. Ça fait 40 ans que je me bats pour la cause. Mais j'ai pensé aux jeunes. En venant au Québec, il y a 25 ans, je voulais donner une chance aux enfants de vivre de l'agriculture. En fermant, j'étais court-circuité par mes idées. Ça n'avait pas de bon sens», confie Jacob Lehmann.

S'il a modifié ses recettes pour le Kénogami et le Pikauba, il n'a pu se résoudre à faire de même pour le Valbert, un hommage au hameau du Jura suisse où trois générations de Lehmann ont vu le jour, faisant valoir que ce procédé aurait dénaturé ce fromage fermier au lait cru à pâte ferme affiné en surface et maturé de 90 à 180 jours.

«Pour moi, le vrai sens du fromage au lait cru, c'est le fromage fabriqué par le fermier, c'est quelque chose que l'industrie ne peut pas faire. Nous, nous le pouvons parce que nous possédons notre propre troupeau. Un fromage fermier au lait thermisé, ça va à l'encontre de nos convictions. Mais il faut vivre avec ça. Car la ferme et le troupeau ne permettent pas de faire vivre toute la famille», fait valoir Jacob Lehmann.

Au plus fort de la crise, c'est la force de la famille qui a permis aux Lehmann de poursuivre leurs activités. Sem, qui travaille à la ferme avec son frère Isaban, raconte que chacun a connu ses périodes plus creuses. Mais ils ont su se relever, comme en témoigne le prix remporté récemment par le Kénogami.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer