Le double rôle de Marc Saint-Pierre

Deux conseillers municipaux ont été doublement éprouvés par... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

Agrandir

Deux conseillers municipaux ont été doublement éprouvés par le Déluge. Marc Saint-Pierre (ci-haut) a perdu son bureau tandis que Jean-Eudes Simard a vu la maison familiale emportée par les eaux déchaînées. Conseiller du secteur Grande-Baie, Marc Saint-Pierre s'est retrouvé à veiller sur quelque 800 sinistrés regroupés à la Polyvalente de La Baie en attendant que l'armée les évacue.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'ancien conseiller municipal de La Baie, Marc Saint-Pierre, a été doublement éprouvé durant le Déluge de 1996. Courtier d'assurances en dommages et sinistre, son bureau, qui avait pignon à Grande-Baie, a été emporté durant la soirée du samedi 20 juillet par les eaux en furie de la rivière Ha! Ha!. Il n'a toutefois pas eu le temps de s'apitoyer sur son sort, car il s'est retrouvé responsable des sinistrés coincés dans ce qui était devenu une section enclavée de La Baie.

«J'aurais pu sauver mon entreprise en matinée, mais avec les mesures d'urgence, la priorité était de s'occuper d'abord des gens», se souvient celui qui s'est en quelque sorte retrouvé à veiller sur les quelque 800 sinistrés regroupés à la Polyvalente de La Baie.

«Ç'a été un événement extrêmement difficile à vivre, car ce fut effectivement l'endroit qui a été le plus endommagé dans la région. C'était en grande partie le quartier que je représentais qui a été touché. En plus, les gens (sinistrés) étaient aussi mes clients. Ç'a été beaucoup de travail, mais je pense que ce qui nous tenait à l'époque, c'était la solidarité et la bonté des gens, estime-t-il.

«C'était vraiment stimulant pour nous malgré les difficultés, car il y avait beaucoup de sinistrés et on était séparé du reste de la ville parce que des ponts avaient été emportés. On était regroupés à la polyvalente en attendant de voir ce qui se passait. C'est l'entraide qui a pu nous sauver et une certaine résilience des gens. Le déluge a été un événement marquant. Le maire (Claude Richard) a fait un travail remarquable! Dès le premier soir, il a dit qu'on allait reconstruire dès le lendemain, en plus beau, et qu'il fallait se relever le plus rapidement possible.» L'ancien conseiller a aussi salué le travail des militaires de la Base de Bagotville qui ont évacué les sinistrés. «Ils ont été nos anges gardiens!»

Mais le moment le plus sombre de cette fin de semaine apocalyptique reste la mort des deux jeunes enfants, engloutis sous une coulée de boue durant leur sommeil. «J'y pense encore régulièrement. Je ne peux pas oublier le samedi matin quand je suis allé voir (leur maison). J'avais moi aussi de jeunes enfants à peu près du même âge et quand on voit ça, il ne peut rien y avoir de pire. Il faut véritablement croire en quelque chose parce que ce fut un événement très très difficile», confie-t-il, encore ému en évoquant la scène.

Plus de 1000 dossiers perdus

Une fois les sinistrés en sécurité, un autre défi d'envergure attendait Marc Saint-Pierre puisqu'il n'avait plus de bureau ni les quelque 1300 dossiers d'assurances qu'il détenait. «J'ai été trois semaines sans bureau. On avait un paquet de réclamations. Mon partenaire d'affaire Pierre Lévesque, qui avait un bureau à Jonquière, m'a énormément aidé à me relever. (...) Ça nous a pris près de deux ans et demi à refaire l'ensemble des dossiers, à revoir chacun de nos clients. Ces derniers ont été eux aussi exceptionnels; ils comprenaient ce qui se passait. Plusieurs d'entre eux sont encore avec moi. Leur fidélité est incroyable et je les en remercie.»

Comment s'est-il remis d'une période aussi intense? «Grâce au soutien exceptionnel de ma famille. Mes frères et soeurs ont été véritablement des bougies pour moi ainsi que mes confrères et consoeurs de travail qui ont travaillé très fort (pour m'aider). Il y a eu beaucoup d'entraide et de compréhension. Malgré l'ampleur des dommages, ça s'est reconstruit assez rapidement. Tout le monde a mis l'épaule à la roue», explique celui qui croit que la région doit être fière du tour de force réalisé pour reconstruire les secteurs dévastés.

Avant que le Déluge ne frappe la municipalité, le conseiller, qui en était à son troisième mandat, avait l'ambition de briguer la mairie. Il a laissé tomber le projet. «Après 13 ans de vie municipale, j'avais des intentions de poursuivre dans un autre rôle, mais j'ai été dans l'obligation de me concentrer sur la reconstruction de mon entreprise, car je n'avais même plus un trombone.»

Marc Saint-Pierre s'est activement impliqué dans le projet de construction de la Pyramide des Ha! Ha! «La pyramide est importante parce que c'est le symbole du changement de millénaire, mais c'est aussi en mémoire de la solidarité déployée, des bras tendus pour s'occuper de tous nos gens», conclu celui qui oeuvre toujours dans le domaine des assurances, maintenant pour le cabinet Cantin Gagnon.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer