Claude Richard rend hommage à son équipe

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Maintenant à la retraite, Claude Richard profite pleinement de la beauté et du calme de son petit coin de paradis en compagnie de son épouse.

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«Le Maire du Déluge». C'est ainsi que les gens interpellent encore Claude Richard lorsqu'ils le rencontrent. L'ancien maire de La Baie, aujourd'hui âgé de 78 ans, s'apprêtait à quitter ses fonctions en novembre 1996 quand sa ville a été coupée en deux par les eaux déchaînées de la rivière Ha! Ha!

Vingt ans plus tard, Claude Richard garde surtout en mémoire la solidarité humaine et financière qui a permis d'atténuer cette difficile épreuve pour les sinistrés. «Ça me rappelle tous les bénévoles qui ont travaillé, particulièrement tous les employés municipaux et l'équipe qui m'entourait à l'époque. Je trouve qu'on n'en parle pas assez souvent. C'est ben beau dire que le maire était là et qu'il a fait des choses, mais il n'était pas tout seul! Il avait une très bonne équipe!», insiste l'ancien magistrat. 

«On avait une centaine d'employés de la ville qui étaient à pied d'oeuvre et qui ont tenu le fort. À la direction générale, on avait un plan de mesures d'urgence, chacun avait sa responsabilité et chacun l'a rempli avec diligence conformément au mandat qu'il avait.

«Il y a eu aussi tous ces gens bénévoles qui sont venus donner un coup de main sans qu'on leur demande. Oui, c'était de la gestion de plus à faire, mais ça rendait les choses plus faciles parce qu'il y avait des bras pour accomplir des jobs, pour rencontrer du monde et les aider à faire le ménage de leur terrain», fait-il valoir.

La présence de la Base militaire de Bagotville s'est aussi avérée un atout précieux. «Juste pour l'évacuation, s'il n'y avait pas eu la Base, je ne sais pas comment ça se serait passé», souligne M. Richard qui devait normalement tirer sa révérence en novembre 1996. Sans surprise, son mandat avait été prolongé d'un an.

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L'ancien maire de La Baie, Claude Richard a fait relier tous les articles de presse consacrés au Déluge entre 1996 et 2006 qui ont été publiés dans les médias régionaux et nationaux. Une belle collection de 11 tomes! 

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Le milieu a été écouté

Lors du week-end du 19 au 21 juillet 1996, le maire Claude Richard est rentré au bureau tôt le samedi matin... pour ne remettre les pieds chez lui que deux jours plus tard! «On avait évacué plus de 1500 personnes et il en était resté plusieurs centaines sur place. Il y avait 300 logements touchés, de 170 à 175 maisons qui avaient été emportées, ainsi que des commerces: un garage, la caisse populaire, un bureau d'assurance, une boulangerie, etc.» Il aura fallu de huit à dix jours pour que Grande-Baie redevienne accessible par accès routiers. Entre-temps, les autorités municipales et gouvernementales se déplaçaient dans la zone sinistrée par hélicoptère.

Pour lui, dans la prise de décision, c'était la sécurité des citoyens qui primait. «La priorité, pour moi, c'était de parler avec les gens qui ont subi des dommages et le stress de tout cela. Plusieurs ont dû refaire leur vie. Leur maison était partie et il n'y avait même plus de terrain. La plupart se sont reconstruits dans le secteur. Physiquement, ils ont l'air d'être bien autant qu'on peut l'être dans les circonstances», estime l'ancien magistrat, tout en soulignant le courage des sinistrés qui ont su se relever et se bâtir une nouvelle vie.

«Évidemment, je suis très fier qu'on ait réussi à reconstruire un milieu de vie en fonction de ce que les gens du secteur touché ont souhaité à l'issue des consultations. D'ailleurs, si un visiteur se rend dans le secteur, il n'y a rien qui paraît. Tout est rénové et refait et on est bien contents de ça.»

«Les citoyens semblent satisfaits de la reconstruction qui a été faite en concertation avec les gens du secteur après les consultations. À Grande-Baie, ce sont les gens du milieu qui l'ont décidé. C'était important pour moi qu'il en soit ainsi. Quand je suis parti, la reconstruction était avancée, mais elle n'était pas terminée. De façon générale, les gens gardent malgré tout un bon souvenir de ce qui s'est passé. Il y a le souvenir des premiers jours où on a travaillé à sortir les gens des situations critiques, puis la reconstruction. Ceux que je rencontre et qui m'en parlent, c'est positif.»

Comme bien des gens qui ont vécu cette catastrophe, Claude Richard est partagé entre le désir de tourner définitivement la page sur cette triste période et celui du devoir de mémoire pour les générations à venir. «Je n'aurais pas souhaité vivre cela, mais je l'ai vécu et là, je suis content. Mais j'aimerais que ça passe.»

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