La colère était vive dans la population

«Le Saguenay, c'était un coup de poing. Le... (Archives La Presse)

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«Le Saguenay, c'était un coup de poing. Le verglas, c'était la longue usure de la fibre humaine de résister et de s'adapter», image Roger Nicolet.

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Vive colère et insatisfaction de toute une population face au laxiste des autorités publiques et privées concernant la gestion des barrages et ouvrages de retenue. Voilà ce que ravive le souvenir du Déluge de 1996 à l'ingénieur Roger Nicolet qui a présidé la Commission scientifique et technique sur la gestion des barrages décrétée le 7 août 1996.

«Ce que j'en retiens, c'était la charge émotive qu'il y avait», raconte celui dont c'était le premier mandat du genre. «Il y avait beaucoup, beaucoup de colère. La réaction de la population a été extrêmement vive. Il y avait beaucoup de monde et beaucoup de gens voulaient s'exprimer aux audiences qu'on a tenues quant à leur insatisfaction face à la gestion (du gouvernement et des propriétaires/exploitants), le fait que les autorités avaient laissé pourrir la situation au point où il y avait eu énormément de dommages le long des rivières de la région», se remémore-t-il en entrevue téléphonique.

«Je pense que les gens avaient été ébranlés dans leurs certitudes et leur confiance en la gestion par les autorités. Il y avait une volonté de reprendre tout ça. Toutes les strates sociales, politiques ou autres étaient mobilisées autour de cet événement. C'était une région qui était interpellée par des événements.» La commission aura consacré environ trois mois pour la tenue des audiences publiques dans la région, mais aussi dans les autres régions, dont la Côte-Nord et Charlevoix. La rédaction du volumineux rapport, qui a été remis le 14 janvier 1997, a suivi.

Différent de la Crise du verglas

En janvier 1998, une autre catastrophe frappe le Québec, alors qu'une tempête de verglas paralyse plusieurs régions, plus particulièrement Montréal, la Montérégie, l'Outaouais, Lanaudière et les Laurentides. Encore une fois, le gouvernement fait appel aux services de M. Nicolet et lui confie la direction de la commission scientifique et technique de la crise du verglas.

Même si toute comparaison est boiteuse, n'empêche que la réaction de la population affectée par ces événements a été très différente. «C'était moins un débordement émotif qu'au Saguenay. (Dans le cas du verglas), près de la moitié de la population du Québec a été touchée et ç'a été beaucoup plus une réaction de solidarité. Dans certains cas, (la situation) s'est échelonnée sur plus d'un mois sans électricité, en plein hiver. Les gens ont dû se débrouiller et ils ont pu développer une certaine solidarité. C'était vraiment la résilience de certaines personnes qui avait été mise à l'épreuve (...), estime le président de la firme de génie-conseil NCK inc.

«Tandis que dans le cas du Saguenay, c'était un événement dramatique qui a laissé tout le monde face à la catastrophe. Deux jours après, il restait à faire un bilan et voir comment on aurait pu éviter tout ça. Le Saguenay, c'était un coup de poing. Le verglas, c'était la longue usure de la fibre humaine de résister et de s'adapter.»

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