Le représentant du Parti québécois affrontait trois autres candidats dans la circonscription de Jonquière, Réjean Dumais, de Québec solidaire, Martine Girard, du Parti libéral du Québec (PLQ), et Pierre-Olivier Simard, de la Coalition avenir Québec, dans un débat de 25 minutes animé par Jean-Pierre Girard.
Le petit laps de temps alloué aux différents sujets à l'ordre du jour a souvent eu pour effet de couper court les échanges entre les candidats. L'exercice aura néanmoins permis d'en apprendre plus sur les positions des différents partis par rapport aux enjeux du comté de Jonquière.
D'emblée, les quatre rivaux se sont prononcés en faveur de la réalisation du Centre d'amélioration, de maintien et de prévention de la santé (CAMPS). Martine Girard a toutefois dû défendre le refus du gouvernement libéral de financer le projet, au cours de son dernier mandat.
«On a fait le choix de d'abord rétablir l'équilibre budgétaire. Lorsque ce sera fait, en 2013-2014, on s'attend à dégager des marges de manoeuvre et à ce moment-là réaliser le projet», a-t-elle évoqué. Elle a ajouté que le CAMPS était un projet majeur de 33 M$ et qu'il ne cadrait pas dans les programmes du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, qui ne disposait alors que d'un budget de 50 m$.
«C'était six millions$», a répliqué Sylvain Gaudreault, pour préciser la part du financement qui était réclamée de Québec. Le député sortant venait de faire allusion au rapport du Vérificateur général du Québec ayant blâmé la ministre Michelle Courchesne pour sa gestion d'un programme d'infrastructures sportives. «On s'est rendu compte que le PLQ a fait une gestion partisane de ce fonds-là», a-t-il déploré.
La candidate Girard allait plus tard s'attaquer au bilan de Sylvain Gaudreault depuis son élection dans Jonquière en 2007. «Il n'y a pas eu beaucoup de réalisations pour le comté dans les cinq dernières années», a-t-elle soulevé.
Novelis
La fermeture de l'usine Novelis doit servir de modèle au Québec pour rappeler l'importance de «redevenir maîtres chez nous» et d'avoir «une économie de propriétaires», a soulevé Pierre-Olivier Simard. Le caquiste n'a cependant pas proposé de mesures concrètes pour y arriver.
«C'est un drame terrible, mais en même temps, c'est une décision d'affaires prise par une compagnie privée. Au lieu de regarder en arrière, je préfère regarder en avant», a enchaîné Martine Girard, qui voit dans le succès de l'usine AP60 de Rio Tinto Alcan une façon de se consoler.
Sylvain Gaudreault a rétorqué en disant qu'il fallait distinguer la production et la transformation de l'aluminium. Il a répété l'engagement du PQ à créer un fonds de 10 milliards$ à même la Caisse de dépôt et placement afin de protéger les entreprises québécoises contre les prises de contrôle étrangères.
Jim-Gray
Réjean Dumais a pu tirer son épingle du jeu lorsque le sujet de la centrale Jim-Gray est venu sur la table. Il appuie la proposition de son porte-parole Amir Khadir de procéder à la nationalisation des six barrages hydroélectriques de Rio Tinto Alcan et de tout le réseau de la papetière Résolu. «Ce sont des ressources stratégiques qu'il ne faut pas perdre», a-t-il ajouté.
Sylvain Gaudreault a de nouveau saisi la balle au bond pour accuser le Parti libéral d'avoir fait preuve d'improvisation, dans ce dossier. «On a un gouvernement qui a pris une décision le 31 décembre sans savoir où il allait atterrir», a-t-il mentionné.