Bouchard dénonce les idées de Legault

Josée Bouchard... (Archives La Presse)

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Josée Bouchard

Archives La Presse

Marc St-Hilaire
Le Quotidien

(ALMA) François Legault bafoue les valeurs intrinsèques et fondamentales du système d'éducation québécois, analyse la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

Il y a quelques mois, Josée Bouchard a rencontré personnellement le chef de la Coalition avenir Québec afin de mieux connaître ses projets. La réunion a duré deux heures, au terme de laquelle la présidente de la FCSQ a sévèrement prévenu François Legault.

«Je lui ai dit qu'il me trouverait sur son chemin. Il veut faire de nos établissements publics des écoles privées», exprime-t-elle en entrevue.

Comme pour la volonté de la CAQ d'abolir les commissions scolaires, Josée Bouchard n'adhère d'aucune façon à la mesure présentée jeudi par François Legault. Celle-ci prévoit qu'un jeune d'âge secondaire soit à l'école de 9 h à 17 h (voir texte en p. 11).

«Quand j'ai entendu ça ce matin, je n'en revenais pas. Qui a demandé ça? La Fédération des comités de parents? Nous? Personne n'a demandé une telle mesure. Ça témoigne encore une fois de son incompréhension des besoins du monde scolaire.»

L'aide aux devoirs existe depuis longtemps, soutient Josée Bouchard. Il en est de même pour les activités parascolaires.

«L'aide aux devoirs existe, mais les besoins sont différents d'une école à l'autre, d'un secteur à l'autre. C'est très inégal. On ne peut pas établir une politique mur à mur», met-elle en relief.

Josée Bouchard poursuit en rappelant que le transport scolaire engendre des dépenses d'un demi-milliard de dollars chaque année au Québec. Pour réduire les coûts, les commissions scolaires doivent maximiser chaque trajet. On ajuste les heures de classe, par exemple, pour réduire le nombre d'autobus sur la route simultanément. «Demain matin, avec un système de 9 h à 17 h, on doit ajouter des autobus c'est évident. Ça va coûter plus cher.»

La présidente de la FCSQ croit par ailleurs qu'en imposant des activités parascolaires et de l'aide aux devoirs, un éventuel gouvernement caquiste anéantirait le bénévolat dont profitent grandement les établissements.

«Il se trompe de priorités, insiste-t-elle. L'important en ce moment est de remettre des sous dans le système. On vient de nous amputer de 300 millions de dollars en deux ans et vous connaissez tous les remous que cela a provoqués. François Legault dit qu'il injectera 290 millions rien que pour l'aide aux devoirs. C'est une grosse dépense.»

Abolition des commissions scolaires

Bien que la stratégie de la CAQ n'ait pas encore été dévoilée en ce qui a trait à l'abolition des commissions scolaires, Josée Bouchard avance qu'une telle décision est vouée à un échec inévitable.

Elle avance notamment que les taxes scolaires seraient dorénavant perçues par les municipalités, pour être retournées au ministère, puis dans les établissements. Elle doute que les services municipaux, surtout ceux des villages, accueillent favorablement cette nouvelle charge administrative. «Il y a un bogue majeur ici, illustre-t-elle. Un bogue pour les municipalités, mais aussi pour les directions d'écoles qui réclament moins de tâches administratives afin de remplir leur mandat premier auprès des élèves.»

D'un même souffle, Josée Bouchard enchaîne en rappelant que les commissions scolaires ont déjà été dissoutes au Nouveau-Brunswick. À la demande de la population, le gouvernement avait dû faire marche arrière quelques années plus tard. François Legault propose quelque chose qui va coûter plus cher et qui affaiblira dramatiquement notre réseau, qui est le 5e plus performant au monde selon le PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).»o

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