Le candidat-vedette de la CAQ dans la circonscription de Terrebonne, le Dr Gaétan Barrette, a présenté vendredi matin l'essentiel de la politique qu'il entend mettre de l'avant afin de procurer un médecin de famille à chaque Québécois. Notamment, il a mentionné que chaque médecin de famille sera en mesure de rencontrer 5000 patients par année une fois les grandes lignes de son programme mises en place.
Cela signifie qu'un omnipraticien en service cinq jours par semaine serait contraint de soigner entre 20 et 25 personnes sur une base quotidienne. En prenant pour acquis une moyenne de 22 minutes par rendez-vous, il serait ainsi occupé plus de 7 heures par jour pour ce seul volet de pratique.
Selon les règles qui régissent le système de santé, tout médecin doit consentir une douzaine d'heures de pratique périphérique par semaine - par exemple, servir à l'unité d'urgence ou à celle des soins intensifs - pendant ses quinze premières années. Pour les cinq années subséquentes, cette charge supplémentaire est de six heures. Passé 20 ans, il n'est soumis à aucune contrainte. Toutefois, en régions éloignées, les omnipraticiens choisissent généralement de demeurer disponibles une fois qu'ils ont atteint ce seuil.
«C'est exactement ce qu'on voit dans la réalité, confie le président de la FMOQ. On ne peut s'embarquer dans un projet comme celui-là avec des normes purement mathématiques. La solution va passer par du support à la pratique. Ça ne pourra pas passer par des obligations mur à mur du genre 1000 patients ou 1600 patients attitrés. Si on choisit une approche de contraintes et d'obligations, soyez convaincu que ça ne passera pas.»
Entre autres propositions, le Dr Godin évoque une structure qui permettrait à chaque médecin de famille de compter sur une infirmière dédiée, avec qui il pourra développer une complicité.
«L'important pour nos médecins de famille, c'est de travailler quotidiennement avec une infirmière expérimentée, de façon régulière. Je ne parle pas nécessairement d'une super infirmière. Je parle d'une infirmière qui possède une formation adéquate et qui pourra prendre en charge des problèmes chroniques. Si un jour nous avons une infirmière par médecin de famille, c'est évident qu'on pourra changer la donne», avance-t-il.
Le Dr Louis Godin croit également qu'en imposant un nombre de visites minimal aux médecins de famille, le gouvernement fragiliserait d'autres pans du système.
«C'est sûr que si on dit : «C'est 1000 patients ou rien», le médecin qui travaille à l'hôpital une semaine sur quatre sera tenté de travailler à l'hôpital une semaine sur huit. Il les aura ses 1000 patients...»
Au-delà des chiffres, le président de la FMOQ rappelle que les besoins sont variables d'un patient à l'autre, selon les catégories d'âges.
«Les règles purement mathématiques, purement arithmétiques, les seuils absolus, il faut se sortir de là. Si le support est là, ne vous inquiétez pas, les médecins seront heureux de prendre en charge plus de patients.»
Le Dr Louis Godin conclut en ce sens : «Le défi du prochain ministre de la Santé, peu importe qui il sera, sera de convaincre son gouvernement d'investir suffisamment d'argent dans la première ligne. J'espère que c'est avec ça qu'on va se réveiller le matin du 5 septembre.»
À l'heure actuelle, le gouvernement du Québec accorde annuellement quelque 800 millions $ aux soins de première ligne.