De mauvais augure, croit Alain Gagnon

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Alain Gagnon suit de près les négociations de l'ALÉNA.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Au lendemain des conférences d'ouverture de la première séance de renégociations de l'ALÉNA signée entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, croit qu'il faut demeurer aux aguets et être attentifs aux échanges qu'auront les négociateurs des trois pays.

Selon lui, le ton ferme affiché par le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, augure bien mal sur la prochaine négociation. Il rappelle que l'an dernier, des syndicats américains affiliés aux Steelworkers avaient signifié leur intention de faire diminuer les importations d'aluminium en provenance de pays émergents comme la Chine, de pays du Moyen-Orient, mais aussi du Canada. L'offensive avait pu être contrée à la suite de pourparlers entre les syndicats des deux côtés de la frontière. « À l'époque, ce n'était pas la bonne cible. Les États-Unis doivent tirer sur la bonne cible, c'est-à-dire la Chine qui importe de l'aluminium sous forme de produits semi-finis qui sont refondus. »

M. Gagnon ajoute que la négociation débute sous l'égide d'un président américain imprévisible et qui souhaite en découdre avec ses partenaires commerciaux. Le président du SNEAA souhaite que le Canada adopte lui aussi un ton ferme et soit prêt à adopter des mesures de rétorsion au cas où les pourparlers tourneraient mal. Il cite en exemple les produits importés comme le contreplaqué, les matériaux de revêtement de toiture ou les vins produits chez les voisins du sud. « J'espère qu'on aura un ton ferme selon la loi du talion, oeil pour oeil, dent pour dent. Il faudra qu'il y ait réplique. »

Les négociateurs canadiens doivent mettre en valeur les avantages de la production canadienne d'aluminium, un métal issu de l'hydroélectricité provenant d'entreprises privées. Les Chinois et les pays du Moyen-Orient pratiquent le dumping sur la scène mondiale en laissant de côté les normes environnementales sous des régimes politiques qui subventionnent largement la production du métal gris.

Le leader syndical conclut en affirmant que les syndicats et les producteurs d'aluminium canadiens ont fait leurs représentations, ce qui ne doit pas empêcher de faire preuve de vigilance. Il cite en exemple l'industrie du bois d'oeuvre canadien qui, en 1980, était un secteur supposément intouchable. En 2017, l'industrie a dû affronter cinq attaques sous forme d'imposition de droits tarifaires. M. Gagnon espère que le même stratagème ne touchera pas l'industrie canadienne de l'aluminium.




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