Plaintes sur l'état de la chaussée

L'accotement asphalté de la route Saint-Léonard, face à... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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L'accotement asphalté de la route Saint-Léonard, face à la Carrière Shipshaw, est particulièrement dangereux pour les cyclistes, alors qu'il est entièrement recouvert par de la pierre.

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Pascal Girard
Le Quotidien

Des citoyens ont déposé plusieurs plaintes jusqu'à maintenant à propos de l'état de la chaussée et de l'accotement de la route Saint-Léonard, face à la Carrière Shipshaw. L'entreprise a dit avoir engagé un sous-traitant équipé d'un balai mécanique pour remédier à la situation, mais elle estime que ce qu'elle paie en redevances à Saguenay devrait servir à nettoyer la rue... dont la responsabilité revient au ministère des Transports.

Le Quotidien s'est rendu sur place et a constaté que l'accotement est très encombré par de la pierre. Un camion qui quittait a même laissé une grande traînée de boue en plein milieu de la chaussée. La situation peut être particulièrement dangereuse pour les motocyclistes et les cyclistes, ces derniers empruntant même l'accotement.

« Depuis cette année, la carrière ne nettoie pas la route. Il y a une couche très épaisse de sable, de gravier et de boue sur la route Saint-Léonard. La carrière est située dans une courbe très prononcée. Moi, je fais de la moto et c'est une situation très dangereuse. Plusieurs personnes ont remarqué qu'il y avait un très gros problème », a indiqué Geneviève Gallant, une citoyenne qui a contacté la conseillère du secteur, Julie Dufour.

« C'est la première fois que j'ai des plaintes comme ça. Je n'ai aucune idée pourquoi c'est différent cette année. Je n'ai jamais vu la chaussée comme ça », a relaté Mme Dufour, qui transmet les doléances des citoyens au ministère des Transports du Québec (MTQ), qui est responsable de ce tronçon.

Des redevances à Saguenay

Du côté de l'entreprise, on explique la situation en partie, par une hausse des travaux dans le secteur, alors que la carrière accueille des sols excavés lors de travaux de construction ou de réfection de rues, en plus de fournir aussi de la matière première. « Il y a plusieurs rues en train de se faire. On reconnaît qu'il y a eu quelques débris sur la rue. On a pris toutes les mesures pour que ça soit conforme. On a contracté un sous-traitant avec un balai mécanique », a expliqué Jean-Michel Tremblay, contrôleur chez Forage Saguenay et qui s'occupe de l'administration de la Carrière Shipshaw. Il a soutenu également que ce qui se retrouve sur la chaussée provient des résidus compris entre les rainures des pneus des camions, une explication contestée par certains.

Lors de l'entretien avec Le Quotidien, il a convenu que l'accotement était en effet encombré. « On a balayé la rue. En effet, il y a un peu de sable sur l'accotement. Ça doit être nos matériaux »,a-t-il admis.

Jean-Michel Tremblay croit cependant que son entreprise paie des sommes à Saguenay pour que la Ville s'occupe elle-même du nettoyage. « Selon la Loi sur les compétences municipales, tous les exploitants de carrière et de sablière doivent remettre 57 cennes la tonne. Sur chaque tonne de matière qu'on sort, on doit payer à la Ville de Saguenay qui doit nettoyer les rues. Nous, on a pris des mesures, la Ville a son devoir aussi. (...) On donne entre 60 et 100 000 $ en redevances à la Ville », a-t-il expliqué. En effet, l'article 78.1 de cette loi stipule que « toute municipalité locale dont le territoire comprend le site d'une carrière ou d'une sablière doit, sous réserve de l'article 110.1, constituer un fonds réservé à la réfection et à l'entretien de certaines voies publiques. »

Cependant, Saguenay a une interprétation différente quant à la signification du terme entretien. Selon la conseillère Dufour, qui a vérifié auprès de la greffière Caroline Dion, l'entretien comprend des travaux d'asphaltage, de réfection, de réparation, mais pas de nettoyage. « Ça ne sert pas à balayer des rues », a-t-elle prétendu. De toute façon, a-t-elle répété, la route Saint-Léonard est sous la juridiction du MTQ.

Le MTQ suit le dossier

Du côté du ministère des Transports du Québec, on dit être au courant du problème. «L'exploitant de la carrière a été interpellé par le ministère afin que des actions soient prises quotidiennement pour nettoyer la chaussée pour ne pas que des résidus s'y accumulent au passage des camions qui sortent du site. De plus, le ministère est fréquemment en contact avec l'exploitant et effectue des patrouilles quotidiennes dans le secteur pour s'assurer que l'état de la chaussée ne se dégrade pas. La sécurité des usagers de la route est une priorité pour le ministère et c'est pour cette raison qu'il continuera de suivre le dossier de près», a mentionné, par courriel, Andrée-Anne Duchesne, conseillère en communication au MTQ.




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