Savoir garder son coeur d'enfant

Les coprorpiétaires de la Galerie du jouet Audrey... (Photo Le Progrès, Dominique Gobeil)

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Les coprorpiétaires de la Galerie du jouet Audrey Tremblay et Jean-François Dallaire semblent aussi avoir gardé leur coeur d'enfant. Ils n'ont pas hésité à sortir des jouets pour poser devant la construction de l'annexe à Alma.

Photo Le Progrès, Dominique Gobeil

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« Je retombe en enfance », disent souvent les clients lorsqu'ils entrent à la Galerie du jouet à Alma. Depuis 1985, le commerce a aussi su garder son coeur d'enfant pour plaire aux consommateurs, tout en évoluant pour devenir la plus grande chaîne de magasins de jouets indépendants dans la province et faire face à la compétition des grandes surfaces.

Il y a sept ans, les copropriétaires Jean-François Dallaire et Audrey Tremblay ont pris la barre des magasins de Jonquière, de Roberval et d'Alma. Chicoutimi s'est ajouté l'an dernier. Ils étaient auparavant la propriété du père de la femme d'affaires, qui a mis sur pied l'entreprise avec son épouse. Les enseignes de Dolbeau-Mistassini et de Saint-Félicien ont quant à elles été fondées par un associé, et c'est aussi son enfant qui a pris la relève.

Près d'un million $

Née au sein du centre commercial Les Galeries Lac-Saint-Jean, la Galerie du jouet a pignon sur l'avenue du Pont Sud depuis 18 ans et s'apprête à doubler sa superficie d'environ 4500 pieds carrés avec la construction d'un bâtiment adjacent. 

Représentant un investissement de près d'un million de dollars, il devrait être prêt d'ici l'automne. Les affaires semblent florissantes, quand on pense que la bannière Toys'R'Us a plutôt dû abandonner sa succursale de Chicoutimi.

« Nous sommes réalistes, on ajuste nos prix pour être compétitifs », accorde Audrey Tremblay. S'il fallait dresser une liste d'ingrédients pour leur recette gagnante, les copropriétaires y ajoutent l'importance des conseils de la quarantaine d'employés passionnés, la qualité des produits et la grande variété de choix, soit 10 000 items.

« Surtout, c'est une affaire de coeur, souligne Audrey Tremblay. Pour un enfant, il n'y a rien qui bat la sensation d'entrer dans un magasin de jouets. Tous les jours, on en voit arriver avec de grands yeux ronds. Ils ont de belles histoires à raconter sur ce qui les amène chez nous, comme un bon bulletin scolaire ou une fête, et ça nous fait plaisir de les écouter. Magasiner à la Galerie du jouet, c'est une expérience. On ne retrouve pas ça dans un Wal-Mart. »

Jean-François Dallaire renchérit sur la croissance constante de l'entreprise depuis ses débuts. « Nous avons repris le flambeau juste au bon moment, quand les parents d'Audrey étaient rendus ailleurs dans leur vie. En 2010, le Web n'était pas très fort, et là nous avons notre boutique en ligne. Évidemment, les clients en voudraient toujours plus, mais ce n'est pas possible de mettre tous les produits sur Internet d'un coup en tant que moyenne entreprise. Il faut y aller prudemment. »

Un défi

Gérer quatre magasins dans une région grande comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean constitue un autre défi. Les tendances ne sont pas nécessairement les mêmes dans les écoles de Roberval ou Chicoutimi, et les enfants préfèrent des jouets différents.

« Alma est notre point de distribution pour les autres, ce qui explique aussi pourquoi on avait besoin de plus d'espace, mentionne Jean-François Dallaire. On ne peut pas être partout à la fois. On compte sur de bons gérants, mais il faut accepter que, parfois, les choses ne se fassent pas exactement comme on l'aurait voulu, et c'est correct aussi. »

Audrey Tremblay insiste sur la base transmise par ses parents, même si le commerce de détail se doit d'évoluer. « Les clients, les clients, les clients. Il n'y a rien de plus important. »

Les copropriétaires de la Galerie du jouet, Audrey Tremblay et Jean-François Dallaire, forment un couple dans la vie comme en affaires, et leurs forces se complètent.

« Audrey a vraiment beaucoup d'instinct », lance son conjoint. C'est vrai qu'à force de voir ses parents discuter de l'entreprise toute sa jeunesse, la femme d'affaires a pu développer des réflexes.

« Je me rappelle quand mes parents étaient installés à la table de la cuisine pour dessiner le logo. Pourtant, je me sens un peu comme un imposteur. J'ai été formée et j'ai commencé ma carrière en journalisme », déclare-t-elle. C'est pourquoi elle suivra une maîtrise en administration des affaires à l'automne, pour comprendre ce qu'elle fait déjà naturellement. Les deux amoureux originaires de la région ont aussi suivi des formations et été accompagnés par des mentors à leurs débuts.

« C'est vraiment Jean-François qui a l'esprit entrepreneur, poursuit Audrey Tremblay. C'est lui qui a les idées. Sur une quarantaine, je peux en trouver une ou deux bonnes. Moi, j'ai plus le profil marketing et communications, et lui le profil gestion et développement de l'entreprise. »

Jean-François Dallaire était auparavant enseignant en sciences et en informatique. « Je voulais être directeur d'école pour avoir plus de pouvoir décisionnel, mais là encore il aurait fallu que je sois au ministère de l'Éducation pour changer les choses. Quand les parents d'Audrey nous ont proposé de racheter l'entreprise, on a réfléchi pendant un mois. Six mois plus tard, nous sommes déménagés de Québec. »

Sa conjointe avoue en riant qu'elle préfère un homme d'affaires à un ministre pour la vie familiale. « Ça reste notre priorité », assurent les parents de deux enfants, les êtres parfaits pour valider les nouveautés à la boutique et être à l'affût des modes.

« Pour les hand spinners par exemple, pendant une semaine, nous étions les seuls à en vendre dans la région », affirme Audrey Tremblay




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