Le protectionnisme de Trump dénoncé

Une manifestation s'est tenue, lundi, devant les installations... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Une manifestation s'est tenue, lundi, devant les installations de Produits forestiers Résolu de Kénogami dans le but de dénoncer le protectionnisme américain et de soutenir les travailleurs québécois et canadiens touchés par ce conflit commercial.

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Un peu plus d'une centaine de membres de syndicats affiliés à Unifor des secteurs de la forêt, de l'aluminium et du papier ont tenu une manifestation devant la papeterie Kénogami, lundi. Leur but était de dénoncer la politique protectionniste du gouvernement américain, laquelle risque d'avoir des impacts sur plusieurs secteurs industriels de l'économie québécoise.

L'événement a attiré plusieurs politiciens municipaux (des candidats), ainsi que le député péquiste Sylvain Gaudreault et les députés fédéraux Denis Lemieux (PLC) et Karine Trudel (NPD). Une mobilisation semblable avait lieu devant deux autres usines de Résolu au Québec et en Ontario.

La manifestation se voulait un geste d'appui aux travailleurs de l'industrie du bois d'oeuvre qui vivent en ce moment les conséquences de cette cinquième guerre commerciale avec les États-Unis depuis le début des années 1980. 

Le directeur national du syndicat Unifor, Renaud Gagné, a souligné le vent de protectionnisme qui souffle sur les États-Unis et le risque que l'industrie canadienne du bois d'oeuvre se fasse imposer une taxe antidumping additionnelle au cours des prochains jours. « Le syndicat Unifor estime qu'il y a eu jusqu'à maintenant 1200 mises à pied temporaires dans les usines de sciage en lien avec la surtaxe américaine. »

Devant les militants, le leader syndical a salué la grande mobilisation de la région pour soutenir les travailleurs de la forêt et du bois d'oeuvre qui sont sur la ligne de front de cette guerre que le Canada a toujours gagné devant les tribunaux internationaux du commerce et que les Américains relancent dès que les ententes négociées prennent fin.

Renaud Gagné est également inquiet pour les deux usines de papier de la région. Unifor n'a toujours pas obtenu de réponse claire du gouvernement du Québec quant à la possibilité pour Résolu d'obtenir des garanties de prêts pour la surtaxe sur le papier surcalandré qui a coûté jusqu'à maintenant 47 M $ à Résolu.

« Si une usine de papier ferme, c'est une usine de moins pour la transformation des copeaux. Quand il y a trop de copeaux, ce sont des scieries qui risquent de fermer entraînant des pertes d'emplois. C'est un problème qui en génère d'autres », a insisté le syndicaliste.

Le vice-président de Résolu, Yves Laflamme, a participé à la manifestation tout comme le président Richard Garneau qui participait à une activité semblable en Ontario. 

« Unifor a salué l'ouverture d'un dialogue entre le Canada et les États-Unis afin de trouver une solution à long terme et durable sur des coûts du bois déterminés par le marché. Produits forestiers Résolu est aussi encouragé par ce dialogue et supporte les efforts de la ministre Freeland pour obtenir la reconnaissance que les régimes forestiers de l'Ontario et du Québec sont déjà déterminés par le marché, et justifient pleinement un accès libre au marché des États-Unis », a déclaré Yves Laflamme.

Les députés présents ont pris la parole à tour de rôle pour souligner l'importance de sauver l'industrie du bois et surtout maintenir des emplois de qualité dans la région.

Le député Sylvain Gaudreault a profité de cette tribune pour réclamer une fois de plus des investissements dans un projet innovateur qui va assurer le maintien des emplois dans l'avenir alors que les marchés traditionnels du papier sont en perte de croissance.

Au cours du dernier mois seulement, Résolu a été dans l'obligation de procéder à la fermeture de trois machines à papier (Corée, Canada, États-Unis). Résolu, selon son vice-président, a pu éviter que le Québec ne soit touché par ces annonces, mais l'avenir reste incertain dans les conditions actuelles avec une surtaxe qui gruge les liquidités de la société.

Les personnes rencontrées lundi en marge de la manifestation n'étaient pas en mesure d'expliquer les mécanismes d'accès aux sommes annoncées par le gouvernement canadien qui s'ajoutent à celles déjà confirmées par Québec.




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