Le PDG de Rio Tinto veut rassurer la région

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Flanqué du chef de la division aluminium, Alfredo Barrios, et du directeur exécutif des opérations Atlantique aluminium, Gervais Jacques, le pdg de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques, a rencontré la presse régionale, mercredi matin.

Le Quotidien, Yohann Gasse

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Normand Boivin
Le Quotidien

Même s'il répète qu'il n'y aura aucun investissement majeur à court terme en raison du contexte mondial de surplus de production d'aluminium, le PDG de Rio Tinto (RT), Jean-Sébastien Jacques, veut se faire très rassurant pour l'avenir de la région.

De passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour y présider une rencontre du conseil d'administration de RT, M. Jacques a brièvement rencontré la presse régionale, mercredi matin, pour rappeler la place que la région occupe au sein du groupe. Lui-même issu du monde de l'aluminium, puisqu'il a passé 20 ans chez la française Pechiney, M. Jacques a souligné que cette division représente 30 % des activités mondiales de Rio Tinto, et c'est d'ailleurs pour ça qu'il a invité les membres du c.a. à venir visiter le complexe du Saguenay-Lac-Saint-Jean, « des actifs de classe mondiale », a-t-il indiqué.

S'il exclut des investissements à court terme, Jean-Sébastien Jacques promet néanmoins qu'à moyen terme, il y aura des ajouts importants, le temps de laisser le marché s'ajuster, puisqu'il est convaincu que la demande mondiale de métal gris va continuer d'augmenter. « Nous avons clairement l'intention de les (actifs) développer dans les années, les dizaines d'années, dans les décades qui viennent », a promis M. Jacques. « On aime ces actifs qui sont au coeur de nos opérations, mais il faut trouver le bon moment. »

En revanche, il ne pouvait dire si ce sera avant 2020, date où les cuves de technologie précuite devront fermer. « Nous sommes ici depuis plus 100 ans et nous l'avons constaté : les marchés de l'aluminium sont cycliques. Il y a des hauts et des bas et actuellement, nous sommes dans un creux en raison de la surcapacité de la Russie et de la Chine », a-t-il rappelé.

D'ici la reprise, le signal que veut donner le PDG est de continuer de miser sur la qualité du produit tout en contrôlant les coûts, en comptant sur une production « verte ».

Commerce équitable et libre marché

Sans aller jusqu'à se montrer inquiet, le grand patron de Rio Tinto a quand même pris la peine de souligner qu'au cours de leurs discussions, les membres du c.a. auront l'occasion d'aborder les relations avec le marché américain. « Vous savez qu'actuellement, il y a des problèmes de commerce avec les États-Unis, et il sera très important que l'administration Trump comprenne très bien ce qu'on fait dans ce domaine-là, car ce marché représente 80 % de notre chiffre d'affaires. »

D'ailleurs, a-t-il renchéri, Alf Barrios était récemment aux États-Unis pour discuter directement avec le gouvernement américain pour être certain de pouvoir continuer de vendre nos produits d'aluminium, particulièrement pour l'industrie automobile qui utilise l'aluminium pour les camionnettes F-150.

Par ailleurs, les membres du c.a. vont profiter de leur séjour au Royaume pour rencontrer le premier ministre Philippe Couillard et sa ministre de l'Économie Dominique Anglade pour leur expliquer la situation de l'aluminium et les projets pour le futur, de même que les représentants syndicaux et leurs employés.

Ce qu'il a dit sur...

Les berges du lac Saint-Jean

« J'ai une rencontre tous les mois avec Alf (Barrios) et son équipe et c'est un domaine qu'on suit régulièrement, parce que c'est absolument important et essentiel de trouver une bonne harmonie avec la population locale et en (près de) 100 ans, oui, il y a eu des hauts et des bas. » Là-dessus, il s'est réjoui du dénouement des inondations printanières qui ont valu à Rio Tinto des félicitations du premier ministre pour la gestion de ces crues exceptionnelles.

Le remplacement des précuites

Gervais Jacques a pris le relais pour répéter que le contexte ne se prête pas aux investissements importants, mais qu'on continue de regarder toutes les options. « Nous sommes très fiers de ce que nous réalisons avec l'ensemble de nos employés pour continuer de les améliorer et on va continuer d'aller dans ce sens-là », a dit le directeur exécutif des activités Atlantique.

L'aluminium vert

Dans le contexte mondial des changements climatiques, l'aluminium de Rio Tinto présente le double avantage de permettre des économies d'énergie en allégeant les structures, et en plus, il est produit au Canada avec de l'énergie propre. « Il n'y aucun doute dans notre esprit que l'aluminium vert est au coeur de notre stratégie, car on veut faire partie de la solution. » Sur la valeur qu'y accorde la clientèle, Jean-Sébastien Jacques convient que ça varie d'un pays à l'autre ; que certains, comme Tesla et Apple, y accordent plus d'importance. Le centre de recherches d'Arvida développe d'ailleurs des produits innovants pour les transports et certains clients américains dans ce domaine devraient être dans la région jeudi.

Les deuxième et troisième transformations

« Pas question de revenir aux laminoirs. On va mettre l'accent là où on peut être compétitifs : la bauxite, l'alumine et l'aluminium du Saguenay.

Entente bafouée ?

La députée Mireille Jean comprend que le contexte pour investir dans l'aluminium n'est pas favorable. Mais en tant que femme d'affaires, elle soutient que le contexte économique n'est pas une raison pour ne pas respecter sa signature au bas d'un contrat. « Dans un contrat, on n'écrit pas qu'on va le respecter seulement si ça va bien. »

C'est pourquoi elle réitère la demande qu'elle a faite en janvier dernier, lorsque RT a annoncé des coupes d'emplois à l'Usine La Baie, pour la tenue d'une Commission parlementaire sur l'entente de continuité que la multinationale a signée en 2006 avec le gouvernement du Québec.

« J'interpelle le ministre responsable de la région, le premier ministre Philippe Couillard. Il y a une foule de questions que les gens se posent, car on entend toutes sortes de choses sur cette entente. Est-ce que RT la respecte ou non ? La population a le droit de savoir et il faut que la lumière soit faite en commission parlementaire », a plaidé la députée péquiste, lors d'une conversation téléphonique.

Selon Mme Jean, il est important que l'on sache à quoi s'en tenir, car on s'attend à plus de Rio Tinto pour l'exploitation de nos richesses naturelles.

« M. Couillard vient d'être désigné à nouveau candidat dans Roberval pour les élections de 2018. L'occasion est belle pour lui de nous démontrer ce qu'il est prêt à faire pour la région », a conclu Mme Jean.




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