BAPE: des droits «démesurés» pour Rio Tinto

Les préfets Ghislaine Hudon (MRC Domaine-du-Roy), Jean-Pierre Boivin... (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay)

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Les préfets Ghislaine Hudon (MRC Domaine-du-Roy), Jean-Pierre Boivin (Maria-Chapdelaine), André Paradis (Lac-Saint-Jean) et la représentante de Mashteuiatsh, Hélène Boivin, ont présenté le premier mémoire devant le BAPE qui évalue le programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean initié par Rio Tinto pour les 10 prochaines années.

Photo Le Quotidien, Louis Tremblay

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Les droits dont dispose Rio Tinto sur la ressource qu'est le lac Saint-Jean « sont jugés démesurés par une large majorité de ceux et de celles pour qui c'est le milieu de vie ».

Le premier paragraphe de la conclusion du mémoire déposé par les trois MRC du Lac-Saint-Jean et la communauté de Mashteuiatsh devant le Bureau des audiences publiques sur l'environnement du Québec (BAPE) illustre bien le monde qui sépare la multinationale et la communauté jeannoise. Malgré la conclusion d'une entente sur un modèle de gestion participative, les quatre représentants des communautés du pourtour du lac maintiennent leur position quant aux droits historiques de l'entreprise sur la gestion du lac Saint-Jean.

Le mémoire conteste donc les prétentions de la multinationale qui considère que les droits accordés en 1922-1926 sont coulés à jamais dans le béton et que personne ne peut les modifier ou même y apporter une interprétation plus moderne.

« L'utilisation de ces droits de maintenir le lac à 17,5 pieds en tout temps, même réduits volontairement par l'initiateur (Rio Tinto), par rapport au maximum consenti, conduit progressivement à l'artificialisation du lac et à la réduction des autres potentiels qu'il recèle. Ces mêmes droits font en sorte que RT peut éroder indéfiniment les berges tant que le niveau convenu est respecté, et ce, sans être tenu de réparer les dommages », reprennent les élus dans la même conclusion.

Les préfets ont d'autre part manifesté des critiques à l'endroit de l'entreprise pour la gestion des trois programmes de stabilisation renouvelés tour à tour par le gouvernement du Québec. Selon le mémoire, ces décrets ont été renouvelés alors que les terres publiques du Parc national de la Pointe-Taillon ont été érodées anormalement. L'entreprise a d'autre part fait preuve d'un certain laxisme dans les études portant sur la ouananiche et les autres « petits poissons » qui composent la diversité biologique du plan d'eau.

Le préfet André Paradis a signifié aux membres du BAPE que l'entente de principe constituait une avancée importante pour le principe du bien collectif qu'est le lac Saint-Jean. Il y a tout de même une certaine méfiance à l'endroit du promoteur puisque le mémoire demande la « législation » du principe de la gouvernance collective par le gouvernement du Québec.

La période d'échange entre les commissaires et les quatre représentants politiques a permis de démontrer que la mise en place d'une gestion participative ne sera pas aussi simple que certains le croient. Les représentants de Mashteuiatsh ont clairement établi que le milieu n'aura pas un rôle de figurant dans cette aventure et sera en mesure rapidement de vérifier les intentions de son partenaire Rio Tinto lors de la mise en place des mécanismes opérationnels de gestion.

Les parties prenantes avaient convenu du scénario de gestion avec un maximum de 15,5 pieds en automne et au printemps, une montée du niveau à 17 pieds sur une très courte période. Il est toutefois devenu évident que cette montée du niveau à 17 pieds sur une courte période ne semble plus une option pour le comité.

Denis Trottier plaide pour l'île Boulianne

L'ex-député Denis Trottier a déplacé devant le BAPE son combat pour sauver ce qu'il reste de l'île Boulianne située à l'extrémité du Parc national de la Pointe-Taillon.

Sa présentation faisait état de 10 recommandations allant de la régionalisation de 50 % des redevances versées par Rio Tinto à des excuses publiques de l'entreprise à l'ancêtre Onésime Tremblay qui a mené son combat jusqu'à la Cour du banc de la Reine à Londres après la mise en eau du réservoir.

L'ex-maire de Péribonka réclame aussi des aménagements physiques pour faciliter l'accès au lac en plus de l'imposition de niveaux de gestion. Il réclame la fin du comportement « colonialiste » de l'entreprise et une véritable gestion perceptive du niveau du plan d'eau.

Les riverains de certaines zones sensibles n'ont pas ménagé l'initiateur du programme de stabilisation pour la gestion du lac Saint-Jean au cours des dernières années. Les travaux ont aussi fait l'objet de critiques sévères.

Le secteur de la plage Wilson est toujours l'objet d'une vive résistance des riverains aux travaux proposés par l'entreprise. Les riverains de ce secteur veulent préserver le caractère particulier de cette zone.

La Ligue des propriétaires de Vauvert a de son côté présenté des photographies illustrant de façon dramatique l'effet de l'érosion sur un secteur connu sous le nom de la pointe Langevin.

Même son de cloche pour le Domaine du marais de Chambord où les travaux de stabilisation des berges sont critiqués. Cette longue plage exposée aux vents est régulièrement ravagée par l'érosion. Une riveraine de cette zone a même évoqué la possibilité que Rio Tinto tente de modifier sa façon de concevoir les mesures qui permettent d'obtenir des rechargements.




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