Maxim Belly, marchand de bonheur

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À l'époque où il dirigeait un terrain de camping, le patron du centre MégaFun espérait du soleil tous les jours. Aujourd'hui, il esquisse un sourire les jours de pluie.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Dans la foulée de la vente du terrain de camping qu'il a dirigé pendant des années à Saint-Henri-de-Taillon, le Jeannois Maxim Belley cherchait sa voie. Non seulement l'a-t-il trouvée en ouvrant, en décembre dernier à Alma, l'un des plus grands centres d'amusement intérieurs au Québec, on peut dire qu'il s'est aussi donné une voix. Un mégaphone, au sens figuré, pour crier haut et fort son désir d'entreprendre les mille et un projets qu'il aimerait mettre en branle.

Lors d'une longue entrevue accordée au Progrès mardi, Maxim Belley ne s'est pas caché pour dire qu'il a été, et sera toujours, un marchand de bonheur. Au camping Belley, il travaillait très fort pour procurer du plaisir à la tonne, des souvenirs impérissables fabriqués de vagues, de sable et de soleil. Lorsqu'il a ouvert le Centre MégaFun au terme de deux années de démarches ardues, Maxim Belley était toujours animé du même désir de fournir des moments mémorables aux grands et aux petits. La seule différence est qu'en cette période estivale, lorsqu'il consulte la météo, il esquisse un sourire les jours de pluie. 

« Quand j'étais au camping, j'avais 325 familles qui venaient me voir quand il pleuvait pour me demander ce qu'elles pouvaient faire et où elles pouvaient aller pour faire une activité intérieure. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait rien au Lac, à part quelques musées. Je disais à ma blonde, qui est directrice des opérations à l'Odyssée des bâtisseurs, que ça prendrait un parc intérieur quelque part », raconte Maxim Belley, en guise d'introduction.

Puis est arrivé ce tournant dans la vie professionnelle du papa de trois fillettes, diplômé en marketing et gourmand de défis. Maxim Belley confie avoir vécu la crise de la quarantaine. Il avait besoin d'un nouveau départ, d'une seconde carrière qui lui permettrait de se valoriser comme entrepreneur, mais aussi de doter son milieu d'infrastructures jusqu'ici inexistantes.

En ouvrant le centre MégaFun, Maxim Belley a... (Le Progrès, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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En ouvrant le centre MégaFun, Maxim Belley a pris le pari d'offrir un concept intergénérationnel qui permet aux enfants, aux adolescents, aux parents et aux grands-parents de s'amuser ou de relaxer.

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Pas seulement les enfants

Avant tout, Maxim Belley avait envie de faire les choses autrement. Car s'il est ici question d'un centre d'amusement destiné aux enfants de 2 à 12 ans, il faut comprendre que le parc, qui occupe une partie des locaux de l'ancien Zellers d'Alma, cible aussi les ados, les parents et les grands-parents. 

Chez MégaFun, il y a bien sûr des modules de jeux, un mur d'escalade, des parcours ludiques, une piscine à boules et des fusils lanceurs de balles. Mais ce qui permet à l'entreprise de se démarquer, et là où Maxime Belley croit avoir visé dans le mille, c'est la vocation intergénérationnelle des lieux. Un parcours de mini-golf, des ateliers de peinture sur céramique, un jeu de palet américain, un échiquier grandeur nature. Autant d'éléments qui permettent aux adultes de s'amuser, de se distraire ou de se reposer, pendant que les bambins se dégourdissent. Autres éléments favorisant l'attrait et la rétention de la clientèle : un bar à bonbons bien garni, des distributeurs de barbotine et, un fait rare, la possibilité d'apporter de la nourriture pour la consommer sur place.  

« En fait, ce que j'ai voulu faire, c'est réinventer le parc intérieur. J'ai voulu créer un lieu rassembleur en intégrant quelque chose pour tous les groupes d'âge. C'est pour ça qu'on a créé 15 zones distinctes. La bouffe est acceptée et elle est la bienvenue parce qu'on ne veut pas prendre nos clients à la gorge. Les tarifs sont abordables et on fait en sorte que les visiteurs sont contents de venir et qu'il n'y a pas de déception par rapport au prix », dit Maxim Belley. Il précise qu'un billet d'entrée adulte coûte 6 $, tandis que le tarif enfant a été fixé à 12 $. Des passeports annuels sont aussi disponibles, au coût de 60 $.

Mais revenons au début de l'histoire, à cette étincelle qui a pris naissance dans les yeux de Maxim Belley tout juste après ses 40 ans et qui a allumé la bougie. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont soufflé une brise de scepticisme dans sa direction, menaçant de tuer la flamme. Maxim Belley l'admet : son projet était ambitieux et il s'est lancé dans l'aventure « sans filet ». Non sans, toutefois, avoir pris la peine de faire ses devoirs. 

Après avoir visité plusieurs parcs, acheté des modules de jeux à l'extérieur du Québec pratiquement sur un coup de tête, mené des négociations ardues avec la direction du Centre Alma pour la location d'espaces, MégaFun a vu le jour. Depuis le 16 décembre, Maxim Belley détient une colossale vitrine de 21 000 pieds carrés pour cultiver et vendre son bonheur. En cinq mois, 36 000 personnes ont franchi les tourniquets du centre d'amusement. Le directeur s'était fixé pour objectif d'en accueillir 44 000 au cours de la première année d'activité. La crise de la quarantaine est maintenant chose du passé et Maxime Belley sait dorénavant ce qu'il fera quand il sera grand.

MégaFun pourrait faire des petits

Maxim Belley aimerait que MégaFun fasse des petits. Il n'exclut donc pas la possibilité d'ouvrir d'autres parcs du genre ailleurs au Québec, voire en région. 

« On n'a pas de frontières », dit simplement l'homme d'affaires, qui se réjouit de ne pas avoir baissé les bras lorsqu'il a rencontré des moments difficiles pendant la gestation du projet. 

En ce moment, Maxim Belley planche même sur un projet à caractère philanthropique avec la création d'une Fondation MégaFun, dont les activités de financement permettraient à des enfants handicapés ou moins bien nantis de profiter des équipements du centre. Tout cela est en ébullition et l'automne pourrait être source de bonnes nouvelles à ce chapitre. 

Parlant de bonnes nouvelles, la finale du Défi Osentreprendre, qui aura lieu mercredi prochain, pourrait fort bien en receler une. Après avoir remporté le volet régional du concours, MégaFun est en lice pour le prix québécois. De plus, l'entreprise compte parmi les sept retenues sur 150 pour l'obtention du prix du public.




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