Groupe de travail sur l'aluminium: le crédit d'impôt refait surface

Le président de la Société de la Vallée... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le président de la Société de la Vallée de l'aluminium, Arthur Gobeil, a présenté le rapport du Groupe de travail aluminium dans le cadre du suivi du Sommet économique régional. Il était accompagné du député de Dubuc et responsable du suivi de l'événement, Serge Simard.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le Groupe de travail aluminium formé au lendemain du dernier Sommet économique régional recommande la création de synergies entre les organismes liés à la transformation de l'aluminium dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La nouvelle est de taille et le président de la Société de la Vallée de l'aluminium n'a pas caché que la seule rédaction de cette recommandation avait pris un après-midi. 

« Sa réalisation pourrait prendre quelques années. C'est très fragile », a ajouté Arthur Gobeil dans le cadre de la conférence de presse sur le dévoilement du rapport réalisé par les 10 membres du Groupe de travail aluminium.

« D'habitude, on donne des recommandations aux autres, mais cette fois, nous nous faisons une recommandation. Ce sont les entrepreneurs qui le demandent. Il faut être plus performants », ajoute le président. Il n'a toutefois pas utilisé la formule du « guichet unique » pour tout ce qui concerne l'aluminium dans la région et les énergies seront consacrées à réaliser des progrès avec la technique des petits pas.

Les différents acteurs de l'industrie vont devoir reprendre le bâton du pèlerin pour convaincre le gouvernement du Québec de créer un nouveau crédit d'impôt sur la masse salariale des entreprises oeuvrant dans les secteurs connexes à l'aluminium ou dans la transformation du métal gris. 

Le député de Dubuc, Serge Simard, a dû répondre des décisions du gouvernement libéral qui avait mis fin à un programme destiné à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean par le gouvernement de Bernard Landry. Cette fois, affirme Serge Simard, il s'agit d'une demande pour un crédit d'impôt spécifique au secteur de l'aluminium et non à l'ensemble du secteur manufacturier.

Un programme névralgique

Pour Arthur Gobeil, ce programme est névralgique pour les entrepreneurs. Le crédit d'impôt à la masse salariale permet de libérer des liquidités grandement utiles en phase de démarrage d'entreprise alors que les institutions financières sont frileuses à investir dans les projets en raison du risque lié à cette étape.

La seconde recommandation du comité a pour objectif de combler les lacunes au chapitre du financement des entreprises pour le prédémarrage et le démarrage. Il a donc endossé une recommandation présentée par le groupe de travail sur la forêt, lequel pourrait satisfaire plusieurs secteurs d'activités.

« Créer un fonds de développement et diversification économique pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. De plus, sa réflexion pourrait être bonifiée à la suite de la diffusion du rapport du groupe entrepreneuriat qui a réalisé des travaux sur l'accès au financement », stipule le document présenté mardi, en réclamant une gestion régionalisée d'un tel outil.

Dans une logique pour attirer dans la région des entreprises de deuxième et troisième transformation, la société, selon la recommandation 4, doit proposer des solutions afin de rendre disponibles des volumes d'aluminium liquide ou solide pour ces projets. Il est ici question d'aluminium primaire ainsi que des alliages spécialisés. Une étude sur la faisabilité technique d'un tel projet devra toutefois être réalisée.

Norme mondiale

Il est de plus recommandé que les acteurs de l'industrie régionale soutiennent la création de « l'Aluminium stewardship initiative (ASI) ». Il s'agit de la définition d'une première norme mondiale sur les différents critères (environnementaux, sociaux et gouvernance), pour cette industrie. L'idée étant de propulser notre industrie vers les meilleurs standards possible afin d'être en mesure d'écouler le métal gris auprès de clients désireux d'offrir des produits dont la provenance respecte les critères les plus élevés.

La conclusion du document, d'une certaine façon, était réservée à la grande entreprise. Il s'agit des « Autres enjeux à considérer ». Les auteurs insistent sur l'importance du maintien et du développement des activités existantes dans le secteur de l'aluminium primaire qui demeure l'un des principaux moteurs économiques de la région et représente, selon les chiffres de Rio Tinto, 10 % du produit intérieur brut régional. 

Les auteurs mettent ainsi l'accent sur la réalisation de projets Alma phase 2 et AP-60 phase 2 et 3 à Jonquière.

La région possède toujours des avantages indiscutables

L'industrie régionale de la transformation devra nécessairement se tourner vers des marchés de niche où il sera opportun de mettre en valeur les caractéristiques particulières de l'aluminium vert produit dans les usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de survivre dans un secteur industriel hautement concurrentiel.

Le député de Dubuc et responsable du suivi du Sommet économique, Serge Simard, a attiré l'attention sur les changements majeurs qui ont bouleversé la production mondiale de l'aluminium depuis une quinzaine d'années. Un changement qui a vu disparaître les usines d'électrolyse du paysage américain pendant qu'elles poussaient comme des champignons en Chine et dans le Golfe persique, profitant d'énergie à bas prix avec le charbon et les résidus de gaz des champs pétrolifères.

Ces constats ne signifient pas pour autant qu'il est impossible de réussir dans cet environnement. Arthur Gobeil réitère que la région possède toujours des avantages indiscutables avec deux centres de recherche, une main-d'oeuvre qualifiée et de l'énergie propre. 

Recherche d'alternatives

Lors du point de presse de mardi, le président de la Société de la Vallée de l'aluminium (SVA) est demeuré optimiste malgré les nombreux obstacles qui se dressent devant l'industrie.

« On ne doit pas abandonner les grands projets, mais il faut voir si nous pouvons arriver avec des alternatives moins volumineuses. On parlait d'un laminoir de 200 000 tonnes métriques par année de capacité. Il est possible qu'un laminoir d'une capacité de 50 000 tonnes puisse combler nos besoins. Même chose pour un projet de fonderie. Il faut aussi vérifier si nous avons vraiment ces besoins. »

Soutien de projets

Lors du sommet, le gouvernement du Québec a injecté 750 000 $ pour supporter des projets. La SVA a ainsi été en mesure de supporter de façon plus intensive pas moins de 35 projets. Il s'agit de nouvelles entreprises ou d'aide à la croissance d'entreprises déjà existantes. Le fonds Rio Tinto pour la Vallée de l'aluminium et l'accélérateur Desjardins Innovatech ont été mis à contribution pour cette démarche.

Étude

Une étude a de plus été réalisée par la firme Ducker Worldwide pour repérer les entreprises européennes qui souhaitent prendre de l'expansion en Amérique du Nord. Il s'agit d'entreprises oeuvrant dans les domaines des véhicules légers, camions lourds, véhicules ferroviaires légers, revêtements de bâtiments, ponts et accessoires routiers, éclairage urbain et conducteur électrique.

Selon Arthur Gobeil, la firme a identifié pas moins de 1000 entreprises qui répondaient au critère de l'expansion en Amérique du Nord. Une analyse supplémentaire a été faite pour finalement ramener ce nombre à 15. Aujourd'hui, la SVA poursuit les discussions avec deux entreprises de ce groupe. Ces chiffres, poursuit Arthur Gobeil, illustrent assez bien le travail nécessaire pour que la région tire son épingle du jeu.




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