Gilles Potvin déçu de ses rencontres à Washington

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Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin (à gauche), est présentement à Washington en compagnie d'une délégation de l'UMQ.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, sort déçu et pessimiste de sa première journée de rencontres à Washington avec des associations américaines du secteur forestier, d'autant plus qu'un quota d'exportation sur le bois d'oeuvre est envisagé.

« Ils sont convaincus qu'ils ont raison et défendent leur industrie très vigoureusement. L'Association des producteurs de bois affirme que le fait que les compagnies s'approvisionnent dans une forêt publique représente un avantage. Ça ne regarde pas bien notre affaire. De plus, comme ils prétendent qu'ils sont capables de produire plus de bois, ils songent à imposer un quota d'exportation d'au moins 10 %. C'est très préoccupant », a confié le magistrat après sa journée de rencontres en compagnie des membres du comité du bois d'oeuvre de l'Union des municipalités du Québec.

Autre élément négatif, selon lui, l'Association des producteurs de bois et aussi celle des constructeurs de maison ne veulent pas considérer le côté distinctif du régime forestier québécois. « Ils ont été très clairs. Ils ne veulent pas commencer à considérer chaque province. Pour eux, c'est avec le Canada qu'ils veulent négocier et s'entendre. Ils ont écouté nos arguments sur notre régime forestier, mais ils nous ont dit que ça ne les regardait pas. Qu'il fallait faire valoir nos points avec Ottawa. Il faudra donc avoir une stratégie et des discussions avec le gouvernement fédéral en ce sens », a-t-il affirmé.

Les Américains ne veulent pas d'une crise sur le bois d'oeuvre. Ils aimeraient en arriver à une entente. « C'est ce qu'ils nous ont répété à plusieurs reprises. Ils veulent un ''deal''. Ils affirment qu'un recours devant les tribunaux va prendre des années et va s'éterniser et coûter une fortune. Oui, ils veulent un règlement, mais leurs exigences sont très élevées. C'est certain que s'il y a une entente, nos communautés vont être touchées », craint-il.

Gilles Potvin a été surpris par la préparation des associations américaines. Elles ont des équipes de recherchistes qui scrutent les médias et analysent tous les textes écrits sur le dossier du bois d'oeuvre.

Malgré son désenchantement, Gilles Potvin souligne que le comité de l'UMQ a été bien accueilli. « Ils ont été ''fair-play''. Ils nous ont écoutés, mais n'ont pas joué à la cachette avec nous. Ils nous ont fait toute une démonstration de leur volonté et des arguments qu'ils ont pour les appuyer », a-t-il concédé.

Le maire de Saint-Félicien espère que le comité de l'UMQ aura une meilleure écoute des sénateurs qu'ils vont rencontrer mardi.

Une lettre a été envoyée au ministre

(Louis Tremblay) - Les maires de Dolbeau-Mistassini et Saguenay, Richard Hébert et Jean Tremblay, ont transmis une missive au ministre fédéral du Commerce international, François-Philippe Champagne. Ils lui font part de leurs inquiétudes quant à une fermeture éventuelle des deux usines situées dans ces deux villes ainsi que de deux autres usines de sciage dans les communautés forestières de la région.Les maires résument brièvement les faits ayant mené le Département américain du commerce à imposer une surtaxe de 17 % sur les exportations canadiennes de papier surcalandré. Il s'agissait d'une réponse à la décision du gouvernement de la Nouvelle-Écosse qui a accordé une subvention de 125 M$ pour relancer l'usine de papier surcalandré de Port Hawkesbury. Cette aide financière a mené le département à lancer une enquête chez les producteurs canadiens.

Depuis l'imposition de cette surtaxe, insistent les maires, Résolu a été dans l'obligation de verser 40 M$ au gouvernement américain. Il faudra au moins une autre année et peut-être un peu plus à la papetière pour démontrer devant les tribunaux du commerce que la production des deux papeteries situées au Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a fait l'objet d'aucune subvention de la part des gouvernements.

Le gouvernement américain a imposé cette surtaxe en prétextant que l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien avait bénéficié d'un programme de formation de main-d'oeuvre lorsqu'elle appartenait à l'entreprise Fibrec. En plus de cet élément, les Américains ont imposé une taxe additionnelle en soutenant que Résolu avait voulu dissimuler des informations dans le cadre de l'enquête.

Selon les maires, la papetière envisage très sérieusement la fermeture des deux usines de papier de la région afin de freiner l'érosion de ses liquidités. Il faut référer aux déclarations récentes du président de l'entreprise, Richard Garneau, voulant que les actionnaires de l'entreprise n'accepteront pas indéfiniment de déposer autant d'argent auprès du gouvernement américain alors que la rentabilité de l'entreprise est faible.

Depuis quelques jours, les rencontres se multiplient avec les maires des villes concernées, la papetière et certains élus. Les maires Tremblay et Hébert ont tenté de contacter Denis Lemieux pendant les derniers jours afin de le sensibiliser à la situation qui pourrait avoir des conséquences dans toute la chaîne de production de l'industrie forestière régionale. 

La fermeture de deux autres machines à papier ferait augmenter les surplus de copeaux de 250 000 tonnes métriques par année. Les scieries ont déjà de la difficulté à écouler leur production et les copeaux représentent 25 % du chiffre d'affaires d'une scierie.

Résolu a transféré à son usine de Catawba la production de papier glacé SCA. L'usine de Kénogami a récupéré des commandes de papiers SCB de l'usine de Dolbeau-Mistassini et finalement, cette usine a récupéré des commandes de papier journal. Les usines de la région ont donc cédé la production de papier plus payante aux États-Unis afin de se mettre à l'abri de la surtaxe. 

En plus de la surtaxe sur le papier surcalandré, Résolu doit faire place à l'imposition d'une taxe sur les exportations de bois d'oeuvre. L'entreprise a mis en place des mesures pour faire face à cette autre crise en diminuant les quarts de travail dans ses usines en plus du report pour quelques semaines du début des opérations forestières.




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