Plus d'eau, plus de profits

Centrale Pont-Arneau.... (Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Centrale Pont-Arneau.

Le Quotidien, Michel Tremblay

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

En 2016, les centrales hydroélectriques Pont-Arnaud et Chute-Garneau ont rapporté 3,8 millions $ de plus que prévu à Saguenay. La Ville croyait mettre la main sur des recettes de 7,7 millions $, mais dans les faits, elle a encaissé 11,5 millions $. Les précipitations enregistrées l'an dernier, lesquelles ont maintenu la rivière Chicoutimi à un niveau élevé, ont fait fonctionner les barrages à plein régime.

Le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Provencher,... (Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

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Le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Provencher, a précisé à la journaliste que les centrales hydroélectriques Pont-Arnaud et Chute-Garneau ont généré 3,8 millions $ de plus que ce que la Ville anticipait en 2016 et 2 M $ de plus que les recettes de 2015.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

Ces chiffres ont été fournis par le conseiller municipal et président du Conseil du trésor de Saguenay, Jean-Yves Provencher, à la faveur d'une entrevue exclusive accordée au Quotidien. Les recettes découlant des produits hydroélectriques étaient passées sous le radar lors du dépôt des états financiers 2016 de la Ville en séance du conseil municipal le 1er mai. 

L'excédent, qui correspond à près de 2 millions $ de plus que ce que les centrales ont généré en 2015, réjouit évidemment Jean-Yves Provencher et l'administration en place. Le comptable à la retraite a toujours martelé que l'emprunt contracté par la Ville pour la mise en service des anciens actifs d'Hydro-Québec rapporterait gros. Selon lui, la preuve est maintenant lisible dans les colonnes de chiffres qui figurent à la page 40 du rapport financier, lesquelles contiennent les revenus et les dépenses liés au fonctionnement du réseau hydroélectrique au 31 décembre. 

« On a touché une marge bénéficiaire de 54,8 pour cent. C'est la meilleure depuis la mise en service des centrales. On prévoyait une production de 74 millions de kWh, mais on a turbiné beaucoup plus. On a eu une production totale de 86,2 millions de kWh, ce qui représente 11 millions de plus qu'en 2015. Ç'a été une année exceptionnelle et la majorité des surplus de 4,4 millions $ annoncés, ça vient de là », fait valoir le président du Conseil du trésor. Jean-Yves Provencher continue de dire que « les centrales, c'est le meilleur investissement que la ville a jamais fait ». Pour mettre les choses en perspective, le conseiller signale que les taxes foncières, principale source de revenus pour l'administration municipale, bonifient les coffres municipaux à hauteur d'environ 1 million $ par semaine. 

L'emprunt contracté pour la rénovation et la mise en service de Pont-Arnaud et de Chute-Garneau représente 36 millions $ de la dette nette de Saguenay.

Moins cher en avocats

En 10 ans, Saguenay a coupé ses frais d'avocats de moitié. 

Alors qu'en 2006, la Ville payait un peu plus d'un million de dollars en honoraires professionnels pour des dossiers à caractère légal, elle a déboursé 454 000 $ en 2016. Ces données ont été fournies au Quotidien par le conseiller Jean-Yves Provencher. 

Après analyse du tableau, on constate que 2008 et 2009 sont les années où les frais d'avocats ont été les plus élevés, avec des coûts atteignant 1 262 000 $ et 1 243 000 $ respectivement. Des procès importants, notamment la cause qui a opposé la firme d'évaluation BTF à la Ville, peuvent expliquer la hausse. 

« On utilise de plus en plus nos ressources à l'interne. Même si des mandats sont encore donnés à des firmes externes, nos employés en règlent énormément », note le président du Conseil du trésor.

Un contentieux plus petit

Saguenay compte trois professionnels du droit de moins qu'il y a 10 ans. En 2006, six avocats formaient le service des affaires juridiques et le greffe (deux départements distincts à l'époque). Un autre oeuvrait à la direction générale. Un notaire était aussi à l'emploi de la ville.

Aujourd'hui, il n'y a plus de notaire sur la liste des employés. Quatre avocats sont rattachés au contentieux, en plus de Me Louis Coulombe, engagé en 2011 alors qu'il était à l'emploi de l'étude Cain Lamarre Casgrain Wells. Au moment de son embauche, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, avait précisé que le mandat du nouveau directeur exécutif à l'éthique serait notamment d'étudier les dossiers de demandes de subventions ou de soumissions reçus par la Ville afin d'éviter des actes ambigus ou illégaux. Me Coulombe est rattaché au contentieux, mais relève de la direction générale, a précisé la porte-parole de Saguenay, Sonia Simard.

L'endettement double, la valeur des immeubles aussi

Jean-Yves Provencher se dit « très à l'aise » avec le taux d'endettement net à long terme de la capitale régionale, qui atteint aujourd'hui 396 millions $.

La dette a plus que doublé en 15 ans, depuis la fusion, mais la richesse foncière uniformisée (RFU) a considérablement augmenté. La RFU représente la valeur totale des immeubles présents sur le territoire d'une ville. En 2002, la dette oscillait autour de 171 millions $, pour une RFU de 6,5 milliards $ (la dette équivalait à 2,63 pour cent de la RFU). Aujourd'hui, le taux d'endettement a presque doublé, mais la RFU totalise 14,2 milliards $. Le ratio endettement versus valeur des immeubles se situe autour de 2,78 pour cent. Ces pourcentages incluent l'emprunt contracté pour moderniser les barrages. 

« On s'est mis en position de réinvestissement et on était prêt à profiter de tous les programmes d'octrois pour faire des travaux. On a fait tout ce qu'on avait à faire et aujourd'hui, la Ville est en ordre », estime Jean-Yves Provencher, qui revient à la charge avec ce qu'il considère désormais comme ses priorités : le remboursement de la dette et l'amélioration du réseau routier. 

Par tête de pipe

L'endettement net par habitant, selon les plus récentes données (2015), est de 2394 $, excluant la dette du réseau électrique. À Sherbrooke, une ville comparable à Saguenay qui possède aussi des barrages, le niveau d'endettement par citoyen est de 2084 $. La moyenne québécoise, pour les villes de 100 000 habitants et plus, est de 2763 $. 

Jean-Yves Provencher, qui arrive à la fin de son parcours de 16 ans en politique municipale, partira avec le coeur léger au terme du présent mandat.

« Gérer l'abondance, ce serait beaucoup plus facile et plaisant. Mais malgré le contexte difficile, la ville va très bien. Je suis heureux de partir et je suis fier de mon bilan », dit l'ex-banquier, qui rêve de voir un jour une grande entreprise s'établir à Saguenay et qui estime qu'il est impératif de miser sur le tourisme pour générer de nouvelles sources de revenus.

Une question d'équité, dit Jean-Yves Provencher

À ses détracteurs, qui croient que la Ville aurait dû hausser le compte de taxes plutôt que d'emprunter pour financer le régime de retraite des employés municipaux, Jean-Yves Provencher rétorque que les contribuables qui ne détiennent pas de fonds de pension n'ont pas à payer pour ceux des fonctionnaires.

«C'est une question d'équité. À peu près 60 pour cent de la population n'a pas de fonds de pension. Plusieurs villes l'ont taxé, mais nous, on a refusé de le faire. Oui, on va payer à long terme, mais le gouvernement nous a permis de le faire. Une partie de l'emprunt sera échue en 2022. En 2029, tout sera réglé», dit-il.

Actuellement, l'emprunt lié au régime de retraite représente 45,7 millions $ de la dette nette de Saguenay (396 millions $). Le remboursement annuel est de 3,6 millions $, payé à même les opérations courantes de la Ville. 

«Le contexte économique est difficile, la population stagne alors qu'ailleurs, ça monte. Hausser les taxes à cause du fonds de pension, c'est non», réitère-t-il.

12,4 M $ par année en déneigement

Le déneigement a coûté, en moyenne, 12,4 millions $ par année à Saguenay au cours des trois dernières années. Les coûts pour 2017 ne sont pas encore comptabilisés, mais selon la Ville, ils ne devraient pas dépasser les prévisions budgétaires de 12,1 millions $. Pour parer aux imprévus, des montants sont placés en réserve pour le déneigement. Pour 2016 et 2017, celles-ci totalisaient 500 000 $ annuellement. La trésorerie de la Ville ne croit pas qu'elle devra y avoir recours à la fin de l'année. Mélyssa Gagnon

Beaucoup de cautions

Le solde des cautions accordées par Saguenay à divers organismes, selon les chiffres fournis par Jean-Yves Provencher, totalise désormais 30,5 millions $. Les quatre principaux organismes qui en bénéficient, Promotion Saguenay, Diffusion Saguenay, la Société de gestion de la Zone portuaire et l'École Florence Fourcaudot cumulent un solde de 28,3 millions $. À eux quatre, ces organismes représentent 92,6 pour cent du montant global dont Saguenay est garante. Selon le président du Conseil du trésor, il est très rare que la Ville doive payer des cautions et que cette façon de faire permet aux corporations d'obtenir du financement. Jean-Yves Provencher croit que Saguenay figure toutefois parmi les rares grandes villes à cautionner autant d'organismes (26 au total). Mélyssa Gagnon




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