PFR: Dolbeau et Kénogami menacées

L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louis Potvin
Le Quotidien

Les usines de papier de Produits forestiers Résolu de Dolbeau et Kénogami pourraient fermer si le problème de la surtaxe sur le papier surcalandré ne se règle pas rapidement.

La compagnie affirme qu'elle ne pourra pas continuer à produire dans ces conditions. Jusqu'à maintenant, Résolu a déboursé 41millions $ dans un compte en fiducie, en ne sachant pas si elle pourra revoir la couleur de cet argent. Pour chaque tonne de papier expédiée chez les Américains, elle doit payer une surtaxe de 17,1 %, soit environ 100 $. 

« On n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre. C'est très préoccupant. On ne pourra pas tenir la route encore bien longtemps. Il faudra prendre des décisions importantes », laisse planer le porte-parole, Karl Blackburn.

Et ces décisions seront des fermetures. Il n'y a pas de dates de fixées, mais les deux usines ne pourront tourner à perte encore bien longtemps. 

« Est-ce que vous connaissez des administrateurs qui accepteraient de perdre de l'argent sans connaître l'avenir ? », a-t-il questionné.

Ce dossier a pris une tournure encore plus inquiétante en avril quand un comité de l'ALÉNA a maintenu la surtaxe pour les deux usines de la région et celle de Port Hawkesbury, en Nouvelle-Écosse, et presque complètement éliminé celle attribuée à J.D. Irwing au Nouveau-Brunswick et à Catalyst Paper en Colombie-Britannique.

Longue contestation

Le président du syndicat de la papetière de Dolbeau, Pascal Cloutier, s'est fait confirmer par un fonctionnaire fédéral que les démarches seraient longues pour contester cette décision de l'ALÉNA. 

« La personne à qui j'ai parlé a indiqué que le délai de traitement pourrait être d'un an sans avoir la certitude que la taxe sera abolie ou à combien elle pourrait être réduite. Ça n'a pas de bon sens ! Notre usine ne pourra pas fonctionner à perte comme ça. C'est une décision totalement injuste », critique-t-il.

Pour Pascal Cloutier, la clé est entre les mains du gouvernement fédéral. 

« Là, il va vraiment falloir que le fédéral agisse. J'ai demandé des rencontres avec la ministre [Chrystia] Freeland (Affaires étrangères) et le ministre [François-Philippe] Champagne (commerce international). Kénogami doit savoir où est le député de Saguenay Denis Lemieux ! Elle est en danger aussi. C'est un dossier urgent qu'il doit défendre », avance-t-il.

Cette décision d'une surtaxe sur le papier surcalandré découle d'un examen de l'industrie à la suite de l'aide gouvernementale de plus de 125 M $ accordé pour le redémarrage l'usine de Port Hawkesbury. « Résolu paye pour cette subvention qui a été acceptée par le fédéral. On n'a pas à payer pour les erreurs des autres », soutient-il.

Le porte-parole de Résolu indique que des discussions ont lieu avec Ottawa pour essayer de trouver des mesures qui pourraient atténuer les effets de cette surtaxe. Si rien n'est fait, la compagnie n'aura d'autre choix que de cesser la production de papier surcalandré à Dolbeau et à Kénogami.

« Imaginez les répercussions sur les scieries et les opérations forestières. En faisans moins de papier, on utilise moins de copeaux, ce qui va avoir des impacts sur le sciage et les opérations forestières. C'est vraiment inquiétant », laisse-t-il tomber.

Le maire Hébert inquiet

« Il faut qu'il se passe de quoi ! On ne veut pas mourir de faim au milieu des arbres. »

Le maire de Dolbeau-Mistassini s'inquiète malgré sa nature optimiste. « M. Garneau nous en a parlé pendant la grande marche de dimanche. Il est inquiet. Je calcule que l'heure est grave », mentionne Richard Hébert.

Le politicien pense que le fédéral va faire connaître prochainement la manière dont il va soutenir l'industrie forestière qui est aussi coincée par une surtaxe sur le bois d'oeuvre. « J'ai bon espoir. Ils ne peuvent pas attendre que Résolu annonce des fermetures et que les bureaux de chômage soient envahis par les travailleurs avant de réagir », estime-t-il.

Richard Hébert considère que la visibilité médiatique provinciale obtenue par la marche de la solidarité de dimanche va porter ses fruits. « Les politiciens sont très sensibles à l'opinion publique. Et elle est en faveur de la sauvegarde de l'industrie forestière, le gouvernement fédéral ne peut pas l'ignorer. » 




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer