Le libre marché de Trump serait «catastrophique»

Les déclarations de Donald Trump sur la concurrence déloyale des producteurs de... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Les déclarations de Donald Trump sur la concurrence déloyale des producteurs de lait canadiens ont trouvé écho jusque dans les salles de traite du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les producteurs rejettent catégoriquement l'abandon par le Canada de la gestion de l'offre qui permet de maintenir l'équilibre entre la demande en produits laitiers et la capacité de production.

Le vice-président du syndicat régional des producteurs de lait, Daniel Gobeil, affirme que l'abandon de la gestion de l'offre pour faire place au libre marché à l'américaine, qui comprend des subventions du gouvernement, serait catastrophique dans les régions éloignées. Déjà, les producteurs en région ont des revenus inférieurs à ceux qui exploitent des fermes laitières à proximité des grands centres.

« Nous avons notre système de répartition des coûts de transport qui nous permet d'avoir un équilibre avec la répartition égale des coûts de transport. Mais il y a des éléments qui sortent du contrôle du système de gestion de l'offre comme le climat et, sur ce point, les producteurs de la région ont pratiquement un mois de retard pour les semences par rapport à ceux de la vallée du Saint-Laurent ou à proximité de la frontière américaine », explique le producteur laitier.

L'agriculteur cite en exemple les grandes fermes laitières de la Californie. Dans cet État, l'eau est devenue un problème de taille pour les agriculteurs en raison des longues périodes de sécheresse. Le lait est composé de 87 % d'eau et de 13 % de matières solides. Il serait impensable pour la Californie de produire du lait sans soutien de l'État pour le financement des puits pour approvisionner en eau les fermes. Il s'agit selon Daniel Gobeil d'un exemple qui illustre que les producteurs américains bénéficient de subventions alors que le Canada a choisi de gérer l'offre par les quotas de production et des barrières aux frontières pour certaines catégories de lait.

Daniel Gobeil n'achète pas plus la thèse de l'Institut économique de Montréal qui considère que la fin de la gestion de l'offre au Canada permettrait aux consommateurs de réaliser des économies importantes tout en ouvrant aux producteurs de nouveaux marchés. L'UPA et les producteurs de lait ont suivi de près l'expérience de la déréglementation dans plusieurs pays du monde au cours des dernières années.

« Dans tous les pays où les gouvernements ont choisi la déréglementation du lait, les consommateurs n'ont profité d'aucune baisse de prix. Ce sont les transformateurs et les distributeurs qui ont mis la main sur les marges additionnelles. Ce n'est pas vrai que les consommateurs en profitent », insiste l'agriculteur.

Le problème actuel, enchaîne Daniel Gobeil, en est un de surcapacité mondiale de production qui est amplifié par les pays qui ont choisi la déréglementation. Ces pays produisent beaucoup plus que la demande du marché intérieur et doivent aujourd'hui trouver des consommateurs pour écouler les surplus de production.




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