Surtaxe maintenue: coup dur pour Kénogami et Dolbeau

L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré... (Archives Le Quotidien)

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L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré

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Le ciel s'assombrit de plus en plus pour les papeteries de Kénogami et Dolbeau. Elles devront continuer à verser une surtaxe de 17,1 % pour les exportations aux États-Unis pendant que les usines de J.D. Irving, au Nouveau-Brunswick, et Catalyst Paper, en Colombie-Britannique, ont vu leur surtaxe pratiquement éliminée.

Un nouveau chapitre sur le litige du papier surcalandré Canada/États-Unis s'est ouvert avec une décision de 100 pages d'un comité de l'ALÉNA formé de trois Américains et d'un Canadien, dont le mandat était de déterminer si le département du commerce américain avait le droit d'imposer des droits compensatoires sur le papier surcalandré canadien.

Dans le document Supercalender paper from Canada : Finale Affrimative Countervailing Duty, transmis la semaine dernière, les membres de ce comité constitué en vertu de l'article 1904 de l'ALÉNA, ne remettent pas en question la décision américaine d'imposer une surtaxe. Au contraire, ils maintiennent la taxe pour Résolu et réduisent les taxes pour deux des trois autres compétiteurs canadiens des usines régionales.

Pour les usines du Québec, cette surtaxe représente 25 M $ par année. Le président de Résolu, Richard Garneau, a toujours prétendu qu'il serait difficile d'opérer des usines dans un tel contexte. La décision ordonne au Département du commerce de vérifier les taux et d'en arriver à des nouveaux taux dans 75 jours. 

Produits forestiers Résolu n'a pas caché sa déception après avoir pris connaissance de cette décision. La papetière a toujours maintenu que ses usines québécoises ne bénéficiaient d'aucune subvention comparable à celles octroyées à la papeterie de Port Hawkesbury en Nouvelle-Écosse.

En vertu de la nouvelle décision, les États-Unis devront réviser certains aspects du raisonnement qui a mené à leur conclusion initiale et réagir à la décision de l'ALÉNA d'ici le milieu de l'été.

Ces droits ont été imposés en novembre 2015, à la suite d'une enquête des États-Unis sur les importations de papier surcalandré, qui est surtout utilisé pour les magazines, les catalogues, les brochures d'entreprises et les encarts publicitaires.

Selon Résolu (TSX : RFP), le comité aurait dû aller beaucoup plus loin dans sa décision.

« Nous sommes troublés de voir le comité défendre les droits compensatoires plutôt que de se pencher sur l'illégalité de cette mesure », a souligné mardi un porte-parole de la compagnie forestière, Seth Kursman, par courriel.

Selon lui, le comité de l'ALÉNA « vient appuyer un déséquilibre commercial exagéré créé de toutes pièces par le département américain du Commerce et qui n'a rien à voir avec la production de papier surcalandré de Résolu ».

Depuis 2015, les usines de Kénogami et Dolbeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où Résolu compte quelque 330 employés, font face à une taxe de 17,87 pour cent pour leurs exportations de papier surcalandré au sud de la frontière. La société néo-écossaise Port Hawkesbury Paper a été frappée d'un droit de 20,18 pour cent, tandis qu'un droit de 18,85 pour cent touche aussi J.D. Irving, au Nouveau-Brunswick, et Catalyst Paper, en Colombie-Britannique.

« Nous continuons d'analyser cette décision décevante et évaluons nos options », a précisé M. Kursman.

La décision américaine d'imposer des droits compensatoires émanait d'une pétition déposée par deux producteurs américains de papier surcalandré, qui maintenaient que leurs concurrents canadiens profitaient de subventions gouvernementales.

« Le département du Commerce devra soit porter la décision (de l'ALÉNA) en appel ou la prendre en considération dans les droits compensatoires », a indiqué le gestionnaire de l'usine de Port Hawkesbury Paper, Marc Dubé.

L'entreprise espère que les conclusions du comité se traduiront par une diminution des tarifs imposés à la frontière, a-t-il ajouté, tout en rappelant que cette décision reviendra aux autorités américaines.

À la Bourse de Toronto, l'action de Résolu a clôturé à 7,16 $, en hausse de 12 cents, ou 1,70 pour cent. Avec La Presse canadienne




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