Des défis pour les producteurs de bleuets

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec veut trouver des solutions... (Archives, Le Quotidien)

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec veut trouver des solutions pour que ses membres puissent abaisser leurs coûts de production dans la perspective où le prix payé pour chaque livre de bleuet risque de demeurer bas au cours des prochaines années.

« Nous avons eu beaucoup de questions sur le sujet et moi aussi je m'en pose. Il est rendu très difficile de rentabiliser une production quand le prix est à 30 cents la livre. C'est du jamais vu, 30 cents comme prix de départ, et les membres ne sont même pas certains d'avoir des ajustements au cours de l'année. Nous avons des producteurs qui ont acheté ou aménagé des bleuetières au cours des dernières années et ils n'arrivent tout simplement pas. Nous travaillons à trouver des solutions », a indiqué le président du syndicat, Ghislain Saint-Pierre.

Ce denier a indiqué que pour sa bleuetière, les coûts administratifs ont été de 26 cents la livre. « Ça ne donne pas une grosse marge de manoeuvre. Pour moi qui possède une bleuetière qui est payée, ce n'est pas si pire, mais imaginer pour celui qui a des dettes. Ce n'est vraiment pas facile. »

C'est pour cette raison que le syndicat va travailler auprès des autorités pour permettre à certains producteurs de suspendre leur paiement sur leur emprunt, le temps que la rentabilité revienne. Aussi, le syndicat va réaliser une étude pour estimer le coût moyen de production du bleuet à la livre afin d'avoir une unité de mesure. « Ça va aussi nous permettre de pouvoir négocier avec la Financière agricole le prix du dédommagement en cas de pertes », souligne le président. 

Récolte record

Les producteurs payent donc les contre coups d'une récolte historique qui a été de 107,8 millions de livres.

Des chiffres officiels qui ont été dévoilés lors de l'Assemblée générale annuelle du Syndicat des producteurs de bleuets. En effets, 103 458 920 millions de livres ont été récoltés en bleuetières et 3 249 789 en forêt. De plus, 1 129 201 ont été vendus pour le marché du frais.

« Il faut faire comprendre aux gens qu'il y a beaucoup de production dans le monde et ça n'arrête pas. Il faut s'ajuster et améliorer notre sort. Oui, il faut améliorer la pratique, mais le défi c'est que le monde mange plus de bleuets pour faire face à l'augmentation de la production », propose Saint-Pierre. D'ailleurs, les membres du syndicat ont accepté de doubler les sommes alloués pour la promotion. Le fonds de recherche et de promotion atteint maintenant 500 000 $. 

Le directeur général du syndicat, Gervais Laprise, estime que la région dispose des outils pour passer à travers ce défi. « Oui, il y a beaucoup de bleuets qui sont produits dans le monde, bientôt deux milliards de livres. Il se produit aussi 12 milliards de livres de fraises et l'industrie de la fraise se porte bien au Québec », mentionne le directeur général Gervais Laprise. Il faut seulement que l'industrie mise sur ses forces qui sont les bienfaits et la qualité du bleuet sauvage comparé à celui cultivé (en corymbe), la capacité de production de la région, le peu d'utilisation de produits chimiques et le savoir-faire des transformateurs.

Le président se questionne pour sa part si la capacité de production a atteint son apogée dans la région. « Le dilemme dans la région est aussi de savoir s'il faut continuer à développer des bleuetières pour accroître la production qui commence à être saturée. Il y a effectivement du questionnement, mais il faut garder notre place, car les Maritimes développent des hectares de bleuetière. Il s'agit de concurrence directe pour nous. »




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