Appel à la vigilance et l'innovation

De passage à Saguenay pour rencontrer la communauté... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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De passage à Saguenay pour rencontrer la communauté d'affaires, Stéphane Forget, nouveau PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, a tracé le portrait des principaux enjeux auxquels seront confrontées les entreprises.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Les prochaines années réserveront de nombreux changements pour les entreprises existantes qui n'auront pas d'autres choix que de demeurer vigilantes face aux défis auxquels elles seront confrontées.

De passage à Saguenay dans le cadre d'une tournée provinciale auprès de la communauté d'affaires, Stéphane Forget, nouveau président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), un regroupement de 140 chambres, a tracé le portrait des principaux enjeux auxquels seront confrontées les entreprises.

Selon lui, avec une population de 8 millions de personnes qui se fait vieillissante, le Québec n'a d'autres choix que de se tourner massivement vers l'exportation de produits à forte valeur ajoutée. Dans le contexte où l'impact sur l'économie canadienne des mesures protectionnistes de l'administration Trump demeure inconnu, M. Forget croit que les entreprises québécoises doivent regarder les opportunités qui se présenteront du côté de l'Europe à la suite de la signature d'une nouvelle entente de libre-échange avec le Vieux continent. 

« Il y a déjà des entreprises qui exportent vers ce marché de 500 millions de consommateurs et qui sont prêtes. Le défi provient des entreprises qui ne le sont pas. Il faut se préparer et voir si elles ont la capacité d'y être ».

M. Forget ajoute que l'Europe n'est pas une entité homogène au plan économique et que certains pays sont plus développés que d'autres. Le PDG affirme que le secteur des services, en particulier ceux des technologies de l'information et du génie, est susceptible de profiter du libre-échange avec l'Europe.

« On voit déjà que des entreprises bougent. On constate que la proportion des exportations vers les États-Unis tend à diminuer alors que celui de l'Europe augmente ».

commerce électronique

Un autre défi que devront relever les entreprises en collaboration avec les gouvernements concerne le développement du commerce électronique. Les statistiques démontrent qu'en 2016, 60 % des consommateurs ont effectué au moins un achat en ligne. Comparativement, seulement 12 à 20 % des entreprises sont organisées pour faire du commerce sur le Web, faisant ainsi partie du réseau d'approvisionnement mondial.

Malheureusement, le Québec compte encore trop de territoires non desservis par les réseaux de fibres optiques et l'Internet haute vitesse. Il y lieu, selon lui, à ce que les gouvernements fédéral et provincial agissent pour aider les communautés à se doter de ce réseau.

Toujours dans le même secteur, M. Forget croit que les entrepreneurs doivent faire face à la concurrence déloyale provenant d'entreprises hors frontière faisant du commerce électronique sans avoir à payer de taxes aux gouvernements supérieurs. Il a cité en exemple Netflix, un site qui vient directement en concurrence avec des entreprises de diffusion canadiennes. Le Québec se doit de trouver des solutions pour prélever des taxes auprès de ces entreprises.

Démographie

Un autre aspect que ne doivent pas négliger les entreprises, selon M. Forget, a trait au vieillissement de la population. 

« Ça crée des problèmes de main-d'oeuvre. Dans quelques années, le tiers de la population de la région aura plus de 65 ans. Nous allons atteindre le plein-emploi au Québec dans quelques années, mais pour de mauvaises raisons, puisque plus de gens sortent du marché du travail qu'il n'en entre. La population active sera en baisse. »

Parallèlement se développeront des systèmes de robotisation de la production dans le secteur manufacturier qui nécessiteront des ajustements importants. 

« Il faudra aider la main-d'oeuvre qui travaille de façon plus traditionnelle à prendre le virage de l'utilisation des équipements robotisés. Nous avons un défi pédagogique à relever. Les travailleurs cols-bleus deviendront des travailleurs en sarraus blancs. »

La FCCQ croit que ces changements du marché du travail nécessiteront que le ministère de l'Éducation et les institutions d'enseignement fassent preuve de prospective et de plus de flexibilité tout en s'adaptant aux nouveaux besoins de la main-d'oeuvre et des employeurs.

Enfin, même si la population est de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux, elle ne doit pas oublier que le développement économique est important dans une région où les ressources sont abondantes. « Au nom de l'acceptabilité sociale, il ne faut pas se fermer ». 

Bois d'oeuvre

À quelques jours de l'imposition possible de droits compensatoires par les Américains sur le bois d'oeuvre, la FCCQ interpelle de nouveau le gouvernement fédéral afin qu'il procède à l'implantation d'un programme de garanties de prêts destinés aux entreprises.




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