Le Bureau de mise en marché accuse Résolu de gourmandise

La Scierie de Saint-Thomas-Didyme de PFR... (Archives Le Quotidien, Louis Potvin)

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La Scierie de Saint-Thomas-Didyme de PFR

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Louis Potvin
Le Quotidien

La fermeture de la scierie de Saint-Thomas-Didyme de Produits forestiers Résolu ne serait pas causée par un retard concernant la vente de bois aux enchères par le Bureau de mise en marché des bois, mais plutôt par une récolte et une transformation accélérées des volumes attribués à la multinationale.

Le Bureau de mise en marché des bois explique qu'il a réalisé des ventes sur une période de cinq ans, comme le prévoyait le plan quinquennal 2013-2018. « Dans les faits, ç'a commencé en 2012-2013 afin que les entreprises puissent avoir la prévisibilité requise afin de planifier la récolte et construire les chemins forestiers comme le demandait le Conseil de l'industrie forestière. La vente se terminait donc en 2016 pour une récolte en 2017 », explique Sébastien Lefebvre, directeur des opérations territoriales de mise en marché, Bureau de mise en marché des bois.

Mais Résolu a vraisemblablement coupé et scié le bois gagné aux enchères en quatre ans plutôt que cinq, en ne se gardant pas un volume suffisant pour les opérations de 2017. C'est pour cette raison qu'elle affirme qu'elle manque de bois. La compagnie a gagné pour 1,3 million de mètres cubes aux enchères, au cours de ces années (voir tableau).

Cette lecture de la situation est contestée par la compagnie, qui met la faute sur le dos du Bureau de mise en marché des bois. « C'est le ministère qui n'a pas respecté le plan quinquennal et a attribué les volumes de bois en quatre ans au lieu de cinq. Il a mal évalué la situation. Nous, il nous manque de 500 000 à 800 000 mètres cubes de bois, ce qui est l'équivalent de fermer la scierie de Mistassini pendant un an. Nous avons planifié en fonction de pouvoir miser sur du bois tous les ans et cette année on ne peut pas. Avec le ministère, c'est toujours la faute de Résolu. S'ils ne sont pas capables de faire de la planification forestière, qu'ils donnent ça à d'autres », rétorque le porte-parole de Résolu, Karl Blackburn.

impossible

Ce dernier affirme qu'il est impossible que des lots de bois aient été mis aux enchères en 2012, car le nouveau régime forestier a été mis en place seulement en 2013.

« Résolu était au courant du programme de vente et a fait ses choix d'entreprise », a plaidé Sébastien Lefebvre, sans vouloir donner son avis sur la « manoeuvre » de Résolu. Il en veut pour preuve que les autres entreprises sur le territoire, comme Rémabec ou les coopératives forestières, n'ont pas vécu cette problématique et disposent de volumes pour faire tourner leurs installations en 2017.

Depuis qu'elle a annoncé la fermeture de la scierie de Saint-Thomas, Résolu multiplie les démarches pour obtenir du bois auprès du Bureau et du ministre des Forêts et de la Faune, Luc Blanchette.

En avril, le Bureau de mise en marché des bois va offrir des volumes pour la période quinquennale 2018-2023 afin que les compagnies puissent planifier la coupe et aménager les chemins.

De plus, Sébastien Lefebvre a indiqué que des propositions ont été faites à la compagnie. Elle pourrait acheter des billes auprès des entrepreneurs ayant acquis des volumes de bois sur le marché libre ou bien miser sur des lots dans des régions limitrophes, soit le parc des Laurentides et en Mauricie. Sur ce point, Résolu se montre ouvert, mais doit évaluer s'il est rentable de couper à cette distance de ses installations.

Les élus à la rescousse de la scierie

En appui à Saint-Thomas-Didyme, les élus de Dolbeau-Mistassini demandent au Bureau de mise en marché des bois de trouver une solution pour accorder un volume de bois à Produits forestiers Résolu afin que les opérations reprennent à la scierie de la petite localité.

« C'est à la demande de notre collègue Denis Tremblay, et par solidarité, que nous adoptons une résolution pour que le Bureau de mise en marché des bois ou le ministère des Forêts trouve du bois pour la scierie. On ne veut pas que cette situation fragilise cette localité et d'autres de notre secteur », a commenté le maire Richard Hébert.

Rappelons que Résolu attribue à un manque de bois l'arrêt des opérations à la scierie de Saint-Thomas. Par contre, selon le Bureau de mise en marché des bois, la quantité de bois mis aux enchères et gagné par la compagnie l'a été selon les modalités en vigueur (voir autre texte).

« Je ne suis pas en mesure de déterminer qui a raison. Seulement, ce manque de bois cause de l'incertitude pour une localité de notre secteur et nous espérons qu'une solution sera trouvée », a ajouté le magistrat.

Les élus demandent donc au Bureau de mise en marché des bois de mettre en vente suffisamment de lots de bois de manière à assurer à l'industrie forestière une stabilité économique.




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