Un conflit de travail imminent dans l'industrie de la construction

Le responsable des affaires publiques à l'Association de... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le responsable des affaires publiques à l'Association de la construction du Québec, Éric Côté, émet l'hypothèse que la coalition syndicale adopte une stratégie qui mène l'industrie vers un conflit de travail dans les secteurs institutionnel, commercial et industriel au printemps.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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L'Association de la construction du Québec (ACQ) juge que la stratégie mise de l'avant par la coalition syndicale dans le cadre du renouvellement de la convention collective annonce très sérieusement un conflit de travail à l'échéance du 1er mai. Selon elle, les parties n'ont toujours pas discuté des véritables enjeux qui permettront de moderniser l'industrie.

Le conseiller senior aux affaires publiques de l'ACQ, Éric Côté, tire cette conclusion à partir de la stratégie déployée par la coalition syndicale jusqu'à maintenant. Il juge que cette attitude n'annonce rien de bon pour une industrie qui « pique » littéralement du nez depuis 2012 au chapitre des heures travaillées.

« Nous n'avons pas encore commencé à aborder les discussions sur les 12 enjeux que nous considérons comme prioritaires pour moderniser notre industrie et la coalition a déjà demandé l'intervention d'un médiateur. La ministre a procédé à la nomination d'une médiatrice et 60 jours après cette nomination, les syndicats ont le droit de grève », explique le porte-parole patronal dans le cadre d'une tournée d'information de l'ACQ dans les régions du Québec.

Fait surprenant, la stratégie déployée pour les secteurs institutionnel, commercial et industriel (ICI) semble la même que celle mise de l'avant pour les secteurs des grands travaux d'ingénierie et résidentiels. Un cocktail qui risque de se traduire par un printemps chaud pour l'industrie de la construction au Québec.

En 2013, l'ACQ avait adopté une stratégie plus agressive en demandant à ses membres de lui accorder un mandat de lock-out. Cette fois, avance Éric Côté, l'ACQ souhaiterait avoir un véritable dialogue avec les représentants syndicaux de façon à mieux positionner l'industrie. Il n'est pas question, selon le représentant patronal, d'attaquer les conditions de travail des syndiqués, mais bien de modifier la convention pour donner plus de souplesse aux entreprises et les protéger contre des éléments incontrôlables comme la température.

En 2013, le gouvernement du Québec a donné une année supplémentaire aux parties pour s'entendre. Une négociation a été conclue et certains désaccords ont été soumis à un arbitre. Éric Côté indique que cette négociation forcée n'a permis de résoudre aucun problème identifié par les entreprises. Les syndiqués ont quant à eux conservé tous les avantages de la convention en plus des augmentations de salaire décrétées.

Le responsable des affaires publiques rappelle les chiffres sur les heures travaillées au Québec pour justifier l'urgence de mener des négociations qui permettront au moins aux parties d'expliquer leurs enjeux et d'en discuter pour trouver des solutions.

« En 2012, le secteur ICI avait généré 163 millions d'heures de travail dans l'ensemble du Québec. Selon les projections de la Commission de la construction du Québec, nous allons atteindre 135 millions d'heures de travail en 2017. Il s'agit de pertes de revenus importantes pour les travailleurs et elles sont attribuables à des facteurs externes que nous ne contrôlons pas. C'est pour cette raison que nous voulons avoir la possibilité de discuter au moins de nos enjeux pour nous aider à faire face à cette situation. »

Pour chaque tranche d'un million d'heures de travail sur la construction, 1000 emplois directs sont créés. Ce sont donc plusieurs milliers d'emplois qui ont disparu dans l'industrie depuis 2012.

L'ACQ juge que la relance de l'industrie sera difficile puisque les différents indicateurs économiques pour le secteur sont au ralenti. Éric Côté confirme qu'il y a de l'activité dans la région de Montréal pour le secteur ICI et qu'il s'agit d'un cas particulier. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne fait pas très bonne figure avec un seul chantier d'importance en cours en ce moment à la laiterie Nutrinor d'Alma.

« L'arrêt de plusieurs projets miniers a été difficile pour l'industrie », a noté le porte-parole de l'ACQ. Pour le moment, aucun projet majeur n'est en préparation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.




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