La tordeuse vient mêler les cartes

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L'arrêt de production temporaire annoncée jeudi pour une période de deux semaines à l'usine Kénogami, à partir du 8 mars prochain, pour manque de commandes, ne constitue que l'un des effets domino des subventions accordées en 2012 par la Nouvelle-Écosse pour la réouverture de l'usine de pâtes et papier NewPage Port Hawkesbury.

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Malgré la demande à l'étude pour la création d'une aire protégée, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a autorisé une récolte préventive de sapins et d'épinettes dans les forêts entourant le lac Sébastien pour récupérer du bois affecté par l'épidémie de tordeuse du bourgeon de l'épinette, laquelle gagne du terrain d'année en année.

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La porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Catherine Thibeault, affirme que l'harmonisation avec les représentants des citoyens du secteur a permis de bonifier les modalités de la récolte pour en diminuer les impacts.

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Le Ministère a procédé à des consultations auprès de la direction de l'Association des propriétaires du lac Sébastien et de la municipalité afin de trouver des moyens de diminuer l'impact de ces opérations de récolte forestière dans un milieu où les citoyens avaient déjà manifesté leur opposition à toute forme d'exploitation forestière. Nonobstant l'entente intervenue avec la municipalité et l'Association, des citoyens font tout de même circuler une pétition pour empêcher la récolte préventive, débutée il y a deux semaines.

Dans ce secteur, les citoyens avaient déposé en 2011 une demande de création d'aires protégées pour contrer les opérations forestières. La demande a été rejetée en 2014 et une nouvelle demande a été faite auprès du ministère de l'Environnement.

Ce qui en fait, dans le jargon administratif du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la lutte aux Changements climatiques (MDDECC), un territoire d'intérêt. Il n'a pas atteint le statut de « projet d'aire protégée ».

 Selon Catherine Thibeault, les travaux de récolte préventive en cours vont toucher la zone couverte par cette nouvelle demande puisqu'elle n'a pas encore reçu de statut de protection administrative. Il était impossible pour le Ministère de procéder à cette récolte sans toucher cette zone et des mesures additionnelles ont été prises pour en atténuer les impacts.

Mesures d'atténuation

« Le fait qu'il y ait de la récolte forestière dans une zone ne constitue pas un facteur qui va faire en sorte que la demande de création d'une aire protégée est automatiquement rejetée. Des aires protégées ont été créées sur des territoires où il y a eu de la récolte forestière », explique la porte-parole régionale du Ministère.

Celui-ci veut mettre en lumière les avantages pour les citoyens et villégiateurs de participer à des consultations et aux discussions sur les mesures d'harmonisation de façon à encadrer la récolte. Dans le cas du lac Sébastien, cette opération a permis de déployer huit mesures importantes qui auront un impact à court, moyen et long terme sur la forêt.

À titre d'exemple, dans les opérations de récolte, les entreprises comme la Scierie Girard, qui est à pied d'oeuvre sur le terrain, doivent récolter toutes les essences commerciales. Selon les explications de Catherine Thibault, le feuillu situé à l'extérieur des sentiers de débardage ne sera pas récolté pour minimiser l'impact sur le paysage visuel, en plus de l'éloignement des marais, ruisseaux et autres secteurs sensibles plus importants que dans les prescriptions de coupes régulières.

Depuis le début des opérations, indique la porte-parole, deux inspections ont été faites sur le terrain en compagnie de représentants de l'Association. Ces derniers ont été satisfaits de la façon de faire. « Au début, il y a eu un petit problème dans un sentier de récolte. L'entreprise a été saisie du problème et a apporté des correctifs pour l'ensemble du secteur. »

La récolte pendant l'hiver est un autre élément qui permet une diminution considérable des impacts. Les abatteuses et transporteurs circulent sur un sol plus dur et la couche de neige protège le sol.

Enjeu important

Au total, la Scierie Girard va récolter 7500 mètres cubes de bois dans ce chantier. Dans la région, le Ministère procède à une prérécolte annuelle de 400 000 mètres cubes de tiges affectées par la tordeuse. Le gouvernement dispose de 4 à 5 ans pour récolter un sapin ou de 6 à 8 ans pour une épinette noire. Lorsque le bois est trop endommagé, reprend Catherine Thibeault, le gouvernement doit compenser les entreprises qui procèdent à la récolte. Il y a donc un enjeu économique important pour le gouvernement.

L'exemple du lac Sébastien risque de se reproduire à d'autres endroits dans la région. Le Ministère a pris des engagements avec les garanties d'approvisionnement envers les industriels. Il doit donc respecter ces ententes et il se trouve qu'en ce moment, la marge de manoeuvre est mince entre les volumes attribués et la possibilité forestière. Dans un tel contexte, il n'est pas impossible que le Ministère approuve des opérations sur des territoires où il y a des demandes de création d'aires protégées des citoyens. La porte-parole affirme que tout sera mis en oeuvre pour éviter ces situations, mais ne peut dire que ça ne se reproduira plus.




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