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Cegertec se sépare de WorleyParsons

Cegertec rachète les parts du géant australien WorleyParsons.... (Archives Le Quotidien)

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Cegertec rachète les parts du géant australien WorleyParsons. Jeannot Harvey a approché la haute direction de WorleyParsons il y a une dizaine de mois.

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Cegertec redevient maître de sa destinée. La compagnie saguenéenne rachète les parts de Cegertec/WorleyParsons, ce qui a pour effet de rapatrier le pouvoir décisionnel en une seule entité qu'est Cegertec inc.

Cette décision survient cinq ans après que la firme de génie-conseil se soit associée au géant australien WorleyParsons. À l'époque, le marché laissait croire à une croissance grâce au développement du Plan Nord, du domaine des mines et métaux, du projet Énergie Est et autres projets liés au génie-conseil. Ce ne fut pas le cas et à l'instar de son ancien associé, le chiffre d'affaires de Cegertec a chuté au cours des dernières années. En 2012, la firme comptait 500 employés. Ce nombre a depuis été coupé de moitié.

Le président du conseil d'administration de Cegertec, Jeannot Harvey, a approché la haute direction de WorleyParsons il y a une dizaine de mois pour leur faire part de ses intentions d'acquérir la moitié des parts de WorleyParsons. « Le but était de nous permettre d'avoir beaucoup plus de flexibilité dans de nouvelles orientations et dans la diversification, exprime l'homme d'affaires au cours d'une longue entrevue téléphonique. C'est ce qu'on fait présentement et on réussit assez bien là-dedans. »

À titre d'exemple, Cegertec, en collaboration avec sa division Cegerco, a obtenu près de 20 millions de dollars en contrats dans le nucléaire, au Québec et en Ontario. La section ingénierie est assurée par Cegertec, tandis que Cegerco s'occupe du volet construction.

« On ne s'est pas chicané pour racheter nos actions, les dirigeants de WorleyParsons comprennent notre position qui est de s'ouvrir vers d'autres marchés, assure Jeannot Harvey, ajoutant que WorleyParsons et Cegertec vont continuer de travailler en partenariat sur différents projets. Présentement, la branche la plus forte pour nous est le nucléaire, alors qu'on n'était pas là il y a un an. On diversifie nos marchés hors Québec et comme j'ai déjà dit, si on ne sort pas de la région, on est aussi bien de fermer nos entreprises. »

En raison de différents facteurs, la firme régionale n'arrivait plus à suivre la cadence de WorleyParsons, convient M. Harvey. Il estime que la séparation n'est pas la faute d'une ou l'autre compagnie, mais surtout de celle du marché économique. La décision prise était donc la meilleure pour permettre à Cegertec de jouir d'une plus grande autonomie.

« Si tu ne vas pas à l'extérieur, tu vas crever, prévient le président. Donc pour nous, pour avoir cette flexibilité, on a demandé à notre partenaire de nous libérer parce que pour une petite compagnie comme la nôtre, WorleyParsons était trop dur à suivre comme multinationale. »

Maintenant que l'union entre Cegertec et WorleyParsons est chose du passé, Jeannot Harvey ne ferme par la porte à une nouvelle association avec des acteurs mondiaux. Les cinq dernières années aux côtés de WorleyParsons ont permis à Cegertec de bâtir une bonne réputation, en plus de consolider des contacts sur la scène internationale.

« On est en discussion avec des gens, confirme le président qui soutient que Cegertec est plus mature qu'il y a cinq ans. Certaines compagnies qui sont basées en Europe désirent venir s'implanter au Québec. L'avenir va nous dire comment tout ça va tourner, mais on a des discussions et on est à l'écoute. »

Prête pour des décisions plus risquées

Cegertec estime être en mesure de prendre des décisions plus risquées que lors de son association avec WorleyParsons. Des risques que la firme de génie-conseil basée en Australie ne voyait certes pas d'un mauvais oeil, mais le processus de consultation plus long coupait des opportunités d'affaires, que Cegertec aurait accueillies volontiers.

« On n'a plus besoin de demander la permission à personne pour embarquer dans des projets qui sont un peu plus risqués, met en contexte Jeannot Harvey. On est maintenant plus agile à accomplir des choses difficiles. On n'a plus besoin d'aller en Australie pour obtenir des permissions. On prend des décisions qui sont souvent un peu risquées, mais qui sont prises à l'interne dans le groupe Ceger, qui contrôle Cegertec. On est un plus petit groupe de personnes à discuter donc la prise de décision vient plus rapidement. Avant, il fallait convaincre plusieurs personnes et l'opportunité n'était même plus là lorsque la décision arrivait. »

Jeannot Harvey est entre autres épaulé par sa fille Éloise Harvey à la tête de l'entreprise, en plus de son gendre Stéphane Leduc, qui agit à titre de président et directeur général de Cegertec. Ce dernier a d'ailleurs été une pièce importante dans le développement du nucléaire pour Cegertec et Cegerco. André Salesse a aussi reçu de bons mots de la part de M. Harvey. Ce groupe contrôle les rênes de la firme, dont le siège social est situé sur la rue Racine à Chicoutimi.

Si Cegertec a affiché un recul au cours des cinq dernières années, le futur semble à nouveau plus rose. « Depuis six mois, la tendance a changé de côté et on s'est remis à réengager, souligne Jeannot Harvey. Notre diversification nous permet d'aller en croissance. Si on n'avait pas pris la décision d'opter pour une plus grande diversité, la situation aurait pu être dramatique. »

Mecfor est une autre entreprise appartenant au groupe Ceger.

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