Plus qu'un problème de communication

Alexandre Fréchette... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Alexandre Fréchette

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

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Le président du Local 1490 du syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma, Alexandre Fréchette, souhaiterait que Philippe Couillard prenne la défense de la région « au lieu de se faire le porte-parole d'une multinationale qui tarde à donner suite aux ententes d'investissements paraphées en 2006 et renouvelées en 2013 ».

Le leader syndical, dont l'aluminerie a été identifiée comme site potentiel pour une expansion de 170 000 à 190 000 tonnes métriques dans les documents officiels, juge durement la position du premier ministre du Québec réitérée mercredi sur les ondes de Radio-Canada. Il y avait, selon Fréchette, un consensus régional qui prenait racine depuis les annonces de suppressions de postes à La Baie.

« On avait senti la semaine dernière une forme de consensus dans la région. Tous les groupes ont dénoncé la décision de l'entreprise d'imposer des compressions importantes à La Baie avec la disparition de 103 employés réguliers dans les différents secteurs. Même Serge Simard a critiqué cette décision et a souligné les problèmes de communication. M. Couillard revient de nouveau avec cette affaire de communication déficiente de la part de l'entreprise qui a reconnu son erreur par une lettre publiée dans les journaux. »

M. Fréchette rappelle que nonobstant la qualité de « la communication » de l'entreprise, l'annonce constitue un recul pour la région. Il ne voit pas comment on aurait pu bien enrober une autre réduction importante de la main-d'oeuvre.

« Que tu communiques bien ou pas bien, quand ce que tu annonces est mauvais pour la région, ça ne fait aucune différence. Le premier ministre s'est chargé hier de corriger cette erreur de communication, mais ça ne change rien à la réalité. »

Le syndicaliste tire deux conclusions en lien avec les coupes annoncées à La Baie, que le premier ministre n'a pas semblé retenir dans son analyse. En premier lieu, il rejette ses interprétations selon lesquelles il y a une diminution du nombre d'emplois en raison de la technologie et la robotisation. Ces deux phénomènes n'expliquent pas tout selon lui.

« Ce qu'il faut comprendre de la décision pour La Baie, c'est que le tiers des emplois qui font l'objet d'abolition seront remplacés par des travailleurs embauchés par un sous-traitant. On ne parle pas ici de sous-traitant comme des équipementiers, mais des entreprises qui fournissent à Rio Tinto des travailleurs à des conditions inférieures à celles des travailleurs de l'entreprise. C'est un appauvrissement de la région et il faut le reconnaître ainsi. »

Alexandre Fréchette est heureux de constater aujourd'hui que les différents intervenants économiques de la région comprennent la stratégie de l'entreprise. C'est contre elle que les travailleurs d'Alma ont lutté lors du lock-out de 2012. Il s'agit d'une stratégie visant à réduire au maximum les obligations de l'entreprise face aux travailleurs de la région.

Le gouvernement lui permet de diminuer les emplois bien rémunérés dans la région alors qu'il y avait dans les ententes paraphées en 2006 et reconduites en 2013 une obligation de créer des emplois. M. Fréchette croit qu'il est temps de mettre un terme à la négociation d'ententes confidentielles qui empêchent la région de connaître les véritables enjeux de l'entreprise.

Dans le document sur la prolongation de l'entente de 2012, le gouvernement du Québec donne à RTA toute la latitude qu'elle souhaite pour ses projets d'expansion. Il n'y a aucune garantie concernant la seconde phase de l'usine d'Alma qui pourrait être remplacée pour un projet plus important sur le site de la technologie AP60 à Jonquière.

Le leader syndical, qui n'a pas pris connaissance de ce document que le gouvernement n'a jamais rendu public, affirme qu'il y a toujours eu des doutes quant à l'obligation de réaliser la seconde phase de l'usine d'Alma.

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