Rio Tinto: des coupes de 12,6M$ à l'usine Grande-Baie

Des coupes de 12,6 M $ ont été annoncées mardi aux employés de l'usine... (Archives La Presse)

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Des coupes de 12,6 M $ ont été annoncées mardi aux employés de l'usine Grande-Baie de Rio Tinto, ce qui pourrait se traduire par 103 postes coupés.

Le directeur de l'usine, Richard Guay, a présenté aux 200 employés présents un plan de coupes de 20 M $. Dans ce plan, M. Guay estime que des coupes de près de 8M $ seraient réalisables en sabrant dans les avantages sociaux et que d'autres coupes de 12,6M $ pourraient être faites en coupant 103 postes. Les employés seront appelés à discuter de la possibilité de couper moins de postes, mais de diminuer leurs avantages sociaux, ou de couper 103 postes et de conserver leurs avantages sociaux. Le total des coupes demandé est par contre clair : 12,6M $ échelonnés sur trois ans.

Selon nos sources, la direction de l'usine Grande-Baie a aussi mentionné que des coupes de 750 M $ sont à prévoir dans la division Atlantique de Rio Tinto. La porte-parole de RT, Xuan-Lan Vu, n'a pas voulu commenter cette information. La division Atlantique regroupe les usines d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Afrique pour les secteurs aluminium, bauxite et alumine. Toutes les usines de Rio Tinto dans la région font partie de la division Atlantique et pourraient donc être touchées. 

Durant les six premiers mois de l'année 2016, RT a dégagé un profit net de 1,7 milliard de dollars américains. La division aluminium a quant à elle fait 377 millions de profit, une baisse de 416 millions par rapport à la même période en 2015.

Attrition

Environ 25 % des emplois coupés à Grande-Baie seraient donnés en sous-traitance, à salaire moindre. Il s'agit des emplois de transporteurs d'anodes et de creuset ainsi que la rénovation des cuves, en outre.

RT verrait aussi une « fenêtre intéressante » pour procéder par attrition à Grande-Baie. L'usine ayant ouvert ses portes il y a un peu plus de 35 ans, plusieurs employés sont à l'aube de la retraite.

« Ces changements s'inscrivent dans un contexte où le marché de l'aluminium nous amène à prendre des décisions pour assurer le futur, assure la porte-parole de Rio Tinto, Xuan-Lan Vu. L'usine Grande-Baie est un actif important pour le groupe aluminium et on travaille pour bâtir le futur de cette usine. »

Lors du démarrage de l'usine Grande-Baie, quelque 720 employés y travaillaient. Ils sont présentement 400 et pourraient passer sous la barre des 300 après ces coupes. Aucune promesse n'a par ailleurs été faite aux employés quant au fait que ces coupes pourraient permettre une accalmie éventuelle et empêcher d'autres demandes patronales dans le futur.

Commission parlementaire demandée

Une commission parlementaire sur l'entente de continuité «permettrait d'avoir enfin l'heure juste», estime le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, Alexandre Fréchette.

«Est-ce l'heure pour le gouvernement de mettre de la pression sur Rio Tinto et d'arrêter la complaisance?, questionne M. Fréchette. On (les Québécois) en a de moins en moins pour notre argent. On serait dû pour avoir une commission parlementaire pour savoir où en est rendue l'entente de continuité.»

La semaine dernière, Rio Tinto a annoncé avoir réalisé une production record d'électricité en 2016, ce qui lui a permis d'en vendre pour 25,7M$ au gouvernement québécois.

L'entente de continuité a été signée en 2006 par Alcan, avant que l'entreprise soit acquise par Rio Tinto. La compagnie s'engageait à protéger des emplois et à faire des investissements en contrepartie d'un prêt de 400M$ de l'État, du prolongement du bail de la Péribonka jusqu'en 2058 et d'un nouveau bloc d'énergie de 225MW supplémentaires.

Le Parti québécois avait demandé la tenue d'une commission parlementaire en 2016, lors de l'annonce de la suppression de plusieurs dizaines de postes au siège social, à Montréal. Le gouvernement libéral n'avait pas donné suite à cette demande.

Les employés de l'Usine Grande-Baie ne sont pas syndiqués. Alexandre Fréchette n'a pas l'intention de se rendre chez les travailleurs pour les inciter à «signer une carte». Il croit cependant que le moment semble tout désigné pour la syndicalisation.

«C'est le temps pour eux de se prendre en main. Ça devient une négociation, ce qu'ils ont à faire. Qu'ils nous appellent, ça nous fera plaisir de les recevoir. Quand tu n'es pas syndiqué, personne ne peut ''challenger'' les chiffres du boss.»

M. Fréchette n'a pas encore eu vent du chiffre de 750M$ de coupes à travers la division Atlantique. «Ça ne me surprend pas. Quand la firme McKingsey est venue, c'était pour poser un diagnostic. Par contre, rien ne nous indique pour l'instant qu'il y aura des coupes à Alma.»

Le président du syndicat affilié aux Métallos en a par ailleurs contre les sorties médiatiques du président de l'Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard.

«Ils (RT) ont sorti Jean Simard pour faire une tournée des médias aujourd'hui (mardi), le jour de l'annonce des coupes à Grande-Baie (voir texte p.2). La dernière fois qu'ils l'ont sorti, c'était durant notre négociation de fonds de pension. Il parlait de la ''Vallée de la mort'' pour décrire le secteur de l'aluminium. Pourtant, cette année-là, la division aluminium a fait environ 800M$ de bénéfices nets! C'était une super année. L'entreprise ressort Jean Simard pour que les gens se disent ''on est ben chanceux d'avoir encore des emplois même si ça va si mal''. Puis après, on se rend compte de l'ampleur des profits.»

SNEEA silencieux

Du côté du Syndicat national des employés de l'aluminium, le président Alain Gagnon, joint mardi soir, s'est refusé à tout commentaire.

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