Bilan de l'aluminium et de la forêt

En 2016, l'industrie forestière et le secteur de l'aluminium ont connu des... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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En 2016, l'industrie forestière et le secteur de l'aluminium ont connu des hauts et des bas. Plusieurs dossiers ont marqué l'année : d'un côté, la crise du bois d'oeuvre, le recul de la norme FSC et le dossier du caribou forestier; de l'autre, le projet Vaudreuil au-delà de 2022, la gestion du lac Saint-Jean et de ses berges, ainsi que le regroupement des usines pour former une seule entité régionale. Bilan de l'année en cinq points pour ces deux sphères économiques.

Industrie forestière

1- La menace du caribou forestier

Les directives du ministère fédéral de l'Environnement relatives à la Loi sur les espèces en péril menacent quelque 3000 emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 9000 emplois au Québec. Le patron de Résolu, Richard Garneau, a demandé au gouvernement provincial de faire pression sur le fédéral pour éviter l'adoption du plan de protection du caribou forestier. De son côté, le ministère provincial de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) ne peut garantir que les mesures qui seront mises en place à long terme pour la protection de l'habitat du caribou forestier n'auront aucun impact sur la possibilité forestière du Québec. Les fonctionnaires du MFFP rencontreront le fédéral à ce sujet. Par ailleurs, Le Quotidien a révélé le 28 novembre que le gouvernement du Québec a omis certains relevés dans l'élaboration de son plan de rétablissement du caribou forestier.

2- Le spectre d'un conflit dans l'industrie du bois d'oeuvre

En l'absence d'un accord, l'industrie québécoise du bois d'oeuvre appréhende un conflit commercial avec les États-Unis et s'attend à vivre une crise importante. L'échec des négociations aura des répercussions dans la région, s'entendent les experts, bien qu'il soit trop tôt pour en déterminer l'ampleur. D'ailleurs, l'Association des manufacturiers de bois d'oeuvre des États-Unis a déposé une plainte pour concurrence déloyale contre les producteurs canadiens devant la Commission internationale du commerce des États-Unis.

3- La norme FSC recule

La norme du Forest Stewarship Council (FSC) a perdu du terrain en 2016. La certification a essuyé la fin des certifications Port-Cartier d'Arbec et Lac-Saint-Jean-Roberval de Produits forestiers Résolu. La superficie québécoise certifiée a ainsi glissé sous la barre des 20 millions d'hectares.

4- Produits forestiers Résolu disposée à investir

Produits forestiers Résolu (PFR) a annoncé différents investissements en 2016, notamment celui de 16 M$ dans cinq scieries du Lac-Saint-Jean, afin d'accroître la productivité des usines. Puis, PFR s'est dite disposée à évaluer un projet d'un milliard $ pour augmenter la production de l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien et à investir 25 millions $ dans l'une des trois papeteries de la région afin de la positionner pour le marché des filaments cellulosiques.

5- Un cri du coeur des syndicats

En mars, les syndicats ont lancé un cri du coeur, affirmant que «l'industrie forestière régionale est en phase terminale». Les représentants syndicaux ont interpellé les politiciens pour sauver l'industrie régionale du bois et des pâtes et papier. «C'est notre structure industrielle qui est menacée, de la récolte forestière à la production de papier en passant par les scieries. La menace est sérieuse et pèse sur tout le monde», ont-ils affirmé.

Aluminium

1- Rio Tinto consulte pour le projet Vaudreuil au-delà de 2022

La direction du Complexe Jonquière a entrepris le processus de consultations publiques Vaudreuil au-delà de 2022. Le projet vise l'optimisation du site actuel et l'ouverture d'un nouveau site de disposition des résidus de boues rouges à compter de 2030. Tout au long de l'année, le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD), qui juge inacceptable socialement le projet, a multiplié ses actions. Un mémoire a d'ailleurs été déposé lors des consultations publiques. Selon le CVD, le projet doit être soumis au processus d'évaluation environnementale du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). D'ailleurs, la tenue d'audiences publiques n'est pas écartée par le ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel.

2- Gestion du lac: les audiences du BAPE suspendues

Le ministère du Développement durable et de l'Environnement a suspendu, à la demande de Rio Tinto, les audiences publiques du BAPE sur le renouvellement du décret de gestion du lac Saint-Jean et des travaux de stabilisation des berges. La société souhaite clarifier le concept de gestion participative proposé par certains acteurs de la région. Dans ce contexte, Rio Tinto a demandé la prolongation d'un an du décret. L'entreprise souhaite conserver le mode de gestion actuel des berges du lac Saint-Jean et propose de réaliser des travaux de stabilisation sur 28 kilomètres de plages et de berges entre 2017 et 2026.

3- Une usine, une région

Rio Tinto a mis de l'avant son plan de rationalisation en regroupant toutes ses usines régionales en une seule entité administrative. Cette restructuration pourrait entraîner la disparition de plusieurs postes de cadres. Les usines d'Alma, de Grande-Baie, de Laterrière et du Complexe Jonquière relèvent donc de cette nouvelle entité de 1,3 million de tonnes. L'entité est divisée en trois unités de gestion : l'Aluminerie Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Complexe Jonquière et la division Énergie électrique.

4- Étienne Jacques change de rôle

Après un combat contre le cancer, Étienne Jacques a changé de rôle. L'ancien chef des opérations Métal primaire pour l'Amérique du Nord de Rio Tinto est devenu le vice-président environnement, santé et sécurité du groupe aluminium. Son frère, Gervais Jacques, a pris le relais à titre de grand patron des installations régionales dans la fonction de directeur exécutif des opérations du groupe aluminium pour l'Atlantique. Du même coup, le directeur de Vaudreuil, Jean-François Nadeau, a pris du gallon en devenant le directeur du Complexe Jonquière.

5- Des investissements à Grande-Baie et à Laterrière

Rio Tinto a investi 40 millions $ pour la réfection du four Riedhammer servant à la cuisson d'anodes à l'aluminerie de Grande-Baie, dans le cadre d'un projet de rajeunissement de certains équipements de quelque 64 M$ annoncé en juin 2015. À l'Usine Laterrière, la division aluminium de Rio Tinto a donné le feu vert à un investissement 36,6 M$ pour faire passer la capacité de production de l'aluminerie de 245 000 à 260 000 tonnes métriques par année.

Précision

À la suite de la publication d'une information selon laquelle la norme FSC avait reculé en 2016 dans la région, dans Le Quotidien du 29 décembre, le président et chef des opérations de FSC Canada, François Duchesne, a tenu à avancer des chiffres différents de ceux mentionnés.

Selon lui, la certification FSC a connu une baisse en 2015 dans la région, mais «la situation est demeurée stable en 2016».

Il a ajouté que la norme FSC a progressé de plus de 6% en 2016 au Canada. De plus, toujours selon M. Duchesne, on retrouve 22,7 millions d'hectares de forêts certifiées FSC au Québec, une donnée qui infirme l'information selon laquelle la superficie québécoise certifiée avait glissé sous la barre des 20 millions d'hectares.

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