Québec doit intervenir selon Richard Garneau

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Richard Garneau confirme que l'adoption du plan de protection du fédéral serait une catastrophe pour la région. Il presse le gouvernement du Québec d'agir auprès d'Ottawa.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le grand patron de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, estime que le gouvernement du Québec a un rôle important à jouer pour sauver l'industrie forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il doit faire pression sur Ottawa pour éviter l'adoption du plan de protection du caribou forestier.

«L'enjeu est très grand et la menace pour les emplois est réelle. Le gouvernement du Québec n'aura pas le choix d'intervenir pour tenter de faire changer les choses. Si le plan est adopté, ça va être une catastrophe», prévient-il.

Richard Garneau indique que les estimées présentées dans Le Quotidien sont justes.

Ce dernier a fait parvenir l'analyse qu'a faite une équipe de la compagnie sur le document intitulé Lignes directrices relatives à la Loi sur les espèces en péril - Document d'orientation sur les plans des aires de répartition du caribou des bois, population boréale.

Si le principe de maintien de 65% de forêt non perturbé est érigé pour protéger le caribou forestier, les pertes d'emplois estimées seraient de 9000 au Québec et 3000 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«En bref, ce document d'orientation n'apporte rien de nouveau, mais constitue un sérieux raffermissement de la notion du maintien de 65% de territoire non perturbé, en utilisant toujours la même méthodologie pour l'évaluation des perturbations. Ce document semble destiné à baliser très étroitement le travail des provinces, voire à contraindre celles-ci dans la formulation de leurs plans d'action. Ce n'est pas rassurant quant aux impacts sur les approvisionnements à court, moyen et long terme pour l'industrie des produits du bois au Québec. Il ne faut pas oublier que dans certaines régions, le 35% de perturbations est déjà très largement dépassé. Une application aveugle de cette contrainte pourrait amener une réduction très importante des opérations de récolte, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean», lit-on de l'analyse faite par Résolu.

Étude d'impacts

Richard Garneau pense que le gouvernement fédéral devrait réaliser une étude des impacts socio-économiques d'une telle décision. «Ça n'a pas été fait. Nous considérons que les provinces devraient exiger cela d'Ottawa. Il serait peut-être sage d'avoir aussi des contre-expertises afin d'avoir d'autres opinions sur les habitudes de vie des hardes de caribous», souligne-t-il.

«À la lumière de ce document et de rencontres avec une variété de représentants du gouvernement fédéral, on constate aisément que les différents comités et processus liés aux espèces menacées fonctionnent en vase clos, sans imputabilité, et surtout sans assurance de la qualité des évaluations qui conduisent aux étapes subséquentes et éventuellement aux décisions. On comprend ainsi mieux comment le dossier du caribou forestier a pu évoluer jusqu'à la situation actuelle sans prise en compte des impacts socio-économiques qui en découlent. En somme, les processus sont surtout dirigés par des chercheurs et universitaires (souvent associées à des groupes de conservation) alors que les fonctionnaires apposent simplement et la plupart du temps leur sceau sur les recommandations des chercheurs», déplore-t-on dans l'analyse de la multinationale.

Chouette tachetée

Richard Ganeau rappelle que dans le passé, une erreur est déjà survenue avec une espèce menacée, la chouette tachetée. Au début des années 1990, des scientifiques ont convaincu l'Environnemental Protection Agency de soustraire de larges forêts à l'aménagement forestier sur la côte ouest des États-Unis. «Il y a eu de très nombreuses pertes d'emplois, des fermetures d'usines et des villages fantômes en ont résulté. Plus de 20 ans plus tard, les scientifiques découvraient que la cause principale du déclin de la chouette tachetée était l'expansion du territoire de la chouette rayée, plus grosse que la chouette tachetée. La chouette rayée a donc déplacé la chouette tachetée», donne-t-il comme exemple.

«Mais où est Philippe Couillard?»

La députée péquiste de Chicoutimi, Mireille Jean, considère que le député de Roberval, Philippe Couillard, porte peu d'intérêt aux enjeux régionaux.

«Mais où est Philippe Couillard lorsqu'il est question de défendre les intérêts de notre région? Nous attendons de notre premier ministre, notre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le député de Roberval, qu'il prenne ses responsabilités, qu'il rencontre rapidement les intervenants régionaux et qu'avec eux, il trouve des solutions et qu'il prenne les moyens pour les mettre en oeuvre», a lancé la députée de Chicoutimi en réaction aux déclarations des maires Gilles Potvin et Richard Hébert.

«Des questions se posent pour expliquer l'inaction de Philippe Couillard face à ce dossier stratégique pour la région. Est-ce parce que M. Couillard sous-estime l'importance de cette industrie? Est-ce par manque d'intérêt envers nos enjeux régionaux? Est-ce par manque de volonté?», questionne-t-elle.

Mireille Jean se demande pourquoi Philippe Couillard ne met pas le même empressement à trouver des solutions pour la forêt alors qu'il a mis une journée pour faire la lumière sur l'espionnage de journalistes par des policiers.

«Depuis plusieurs mois, pour ne pas dire des années, les représentants des travailleurs forestiers lancent un cri du coeur afin que des solutions soient apportées à la situation difficile, voire dramatique pour l'industrie forestière. Cette inaction ne repose certainement pas sur un manque de pouvoir de Philippe Couillard puisqu'il cumule les titres de député de Roberval, le comté le plus forestier du Québec, de responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de premier ministre du Québec. Fort de ces trois titres, M. Couillard dispose de toute la légitimité et le pouvoir nécessaire pour trouver et mettre en oeuvre des solutions à la situation intenable de l'industrie forestière», a soutenu la députée.

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