Toujours pas d'annonce pour Résolu

Le grand patron de Résolu, Richard Garneau... (Archives La Presse, Alain Roberge)

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Le grand patron de Résolu, Richard Garneau

Archives La Presse, Alain Roberge

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Produits forestiers Résolu a publié, jeudi, les résultats financiers du troisième trimestre de 2016. Les chiffres confirment la vigueur du marché du bois d'oeuvre malgré les nuages qui pointent à l'horizon et l'incertitude qui persiste quant à la disponibilité de la matière première au Québec à moyen et long terme, une situation qui oblige la papetière à mettre en attente certains projets d'investissements.

Au cours d'un entretien avec Le Quotidien, le grand patron de Résolu, Richard Garneau, a indiqué que l'entreprise n'était pas encore prête à annoncer son investissement de 25 M$ pour la production de fibres cellulosiques dans l'une des trois usines de papier de la région. Ce projet est grandement attendu par les travailleurs puisqu'il permettra d'accroître l'utilisation des plans de pâte avec un produit dont l'avenir est donné comme prometteur.

Toujours en attente

«Nous sommes toujours en attente de savoir ce qui va se passer dans toute la zone des montagnes Blanches. On ne sait pas plus ce qui va se passer avec le principe du 35% de perturbation maximum autorisé dans la forêt sous aménagement alors que normalement, c'est beaucoup plus. Il y a encore trop d'inconnus pour nous. On est toujours au même point pour les investissements et nous avons besoin de transparence et de prévisibilité à long terme pour justifier des investissements», explique le patron de Résolu qui, pour la première fois, admet qu'il ne sera pas en mesure de toujours être sur la barricade pour défendre les approvisionnements forestiers des entreprises au Québec.

Tout le dossier du caribou forestier a mobilisé l'industrie avec en trame de fond la crise FSC au Québec. La décision d'Environnement Canada et Changements climatiques Canada de mettre de l'avant les directives en matière de protection du caribou forestier constitue la plus importante menace pour l'industrie québécoise en ce moment.

Richard Garneau estime que l'affaire est très sérieuse et que le cadre fédéral qui consiste à imposer un seuil maximum de perturbation de 35% pour les hardes de caribous sur de vastes territoires sera très difficile à appliquer sans conséquence sur l'emploi. Québec avait évalué les impacts à trois millions de mètres cubes en moins à récolter et 9000 pertes d'emplois.

Appel aux communautés

«Les communautés doivent se lever. Pour nous, si on nous impose ces contraintes, la solution sera simple», insiste le président de Résolu qui craint que Québec ne soit pressé d'aller de l'avant avec des mesures similaires pour éviter de se faire imposer un décret fédéral comme ce fut le cas avec la grenouille rainette.

La papetière Résolu est dans l'obligation de verser sur une base annuelle 17% de surtaxe sur ses exportations de papier surcalendré contenant de la pâte Kraft aux États-Unis. Richard Garneau ne se fait pas d'illusion sur l'issue de la négociation sur le bois d'oeuvre même avec l'embauche par le gouvernement du Québec de Raymond Chrétien.

Liquidités

«La taxe sur le papier nous oblige à mettre de côté 25 M$ à partir de nos liquidités. On s'attend à une autre surtaxe sur le bois avec ce qui se passe aux États-Unis. Ça devient lourd à supporter pour les liquidités d'une entreprise. Aux États-Unis, lorsque les entreprises font une pétition comme c'est le cas pour le bois d'oeuvre, le Département du commerce assume les dépenses. Au Canada, les entreprises doivent assumer leur défense et ça demande aussi des ressources importantes», ajoute Richard Garneau pour illustrer dans quel environnement l'entreprise doit évoluer.

Pourtant, a conclu Richard Garneau, l'industrie québécoise doit aujourd'hui composer avec un coût de la fibre parmi les plus élevés dans les principales juridictions occidentales. Or, le nouveau régime forestier, qui a provoqué une augmentation des coûts, devait mettre le Québec à l'abri des stratégies commerciales protectionnistes américaines.

Résolu s'attend à ce que le lobby américain soit plus actif

(Presse Canadienne) - Produits forestiers Résolu s'attend à ce que le lobby américain du bois d'oeuvre soit plus actif dans les semaines suivant l'élection présidentielle de la semaine prochaine pour tenter d'obtenir l'imposition de droits punitifs à l'égard des exportations canadiennes.

Son président et chef de la direction, Richard Garneau, s'attendait à ce qu'une requête soit déposée au sud de la frontière dès la mi-octobre, après l'expiration de l'entente sur le bois d'oeuvre. Toutefois, cela n'est qu'une question de temps, croit-il.

«Cela devrait se faire d'ici la fin de l'année, a estimé M. Garneau, jeudi, au cours d'un entretien téléphonique en marge de la divulgation des résultats du troisième trimestre. Les pressions de l'industrie américaine auprès des politiciens ont été très fortes au cours des dernières semaines.»

Malgré les discussions des derniers mois, Ottawa et Washington n'ont pas été en mesure de conclure un nouvel accord sur le bois d'oeuvre et les deux parties semblent se diriger tout droit vers un litige commercial.

À l'instar des autres joueurs de l'industrie, Résolu, qui compte 5000 employés et environ 10 000 retraités au Québec, craint l'imposition de droits compensatoires, ce qui menace d'entraîner des fermetures de scieries et des mises à pied.

«Le dernier conflit (après l'expiration de l'accord de 2006) nous a coûté 150 M$, a dit M. Garneau. Une bonne partie de cette somme est revenue, mais nous n'avons pas les moyens de mettre de l'argent de côté pour payer cette taxe.»

Au troisième trimestre, malgré une hausse de ses profits nets attribuable à un ajustement favorable d'impôt, Résolu (TSX: RFP) a livré des résultats sous les attentes, ce qui a fait plonger son action à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 5,35$, en baisse de 62 cents, soit 10,39 pour cent.

L'entreprise a enregistré un bénéfice net de 19 M$ US, ou 21 cents US par action, comparativement à 14 M$ US, ou 15 cents US par action, à la même période l'an dernier.

Abstraction faite des éléments non récurrents, son profit ajusté s'est établi à 14 millions$ US, ou 15 cents US par action, par rapport à une perte de 6 M$ US, ou sept cents US par action, il y a un an.

De leur côté, les recettes ont fléchi de deux pour cent, à 888 M$ US. Des reculs ont été observés dans presque toutes les divisions, sauf pour les produits du bois.

M. Garneau a expliqué que l'entreprise a été confrontée à une série de bris imprévus, ce qui a eu une incidence négative sur la production. Dans le secteur de la pâte commerciale, Résolu a produit 40 000 tonnes de moins en raison de problèmes rencontrés à ses usines de Saint-Félicien et Thunder Bay.

«Je n'ai jamais vu un trimestre comme cela, a dit le dirigeant de l'entreprise. Je regardais tout ça en me disant: cela n'a pas de bon sens, tout arrive en même temps.»

Sur une note plus positive, le chiffre d'affaires du secteur des produits du bois a grimpé de 28 pour cent pour s'établir à 168 M$ US.

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