Serres Toundra: première récolte dans 20 jours

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Les Serres Toundra

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Louis Potvin
Le Quotidien

C'est dans 20 jours que les premiers concombres des Serres Toundra seront cueillis et livrés à l'ensemble des IGA du Québec.

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Richard Roelofs et Catherine Barthe sont les chefs de culture des Serres Toundra. Ils ont la responsabilité que les 65 000 plants déjà en place fournissent des concombres d'ici 20 jours.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

Une visite des installations a permis de constater à quoi va ressembler la production à terme. En deux jours, 65 000 plants ont été installés dans les nombreuses allées de ce complexe immense de 900 000 pieds carrés, ce qui représente l'équivalent de 15 terrains de football. La même quantité le sera la semaine prochaine dans une autre section, pour terminer deux semaines plus tard avec la section dédiée aux concombres libanais.

Jeudi, une vingtaine de travailleurs vérifiaient que chaque plant était en santé et ajustaient les cordes qui vont permettre de les soutenir durant leur croissance. Dans des conditions optimales comme celles des Serres Toundra, les plants gagnent quelques pouces par jour.

Le chef d'orchestre de cette immense culture, le Hollandais Richard Roelofs, s'assure que chaque employé fait bien son travail. Il vérifie que les conditions d'humidité et de chaleur sont parfaites pour que les légumes poussent bien. «Il y a de nombreux paramètres à vérifier. Jusqu'à maintenant, les plants répondent bien. Comme c'est nuageux, nous utilisons une lumière artificielle environ 20 heures par jour. Nous nous ajustons selon la température. Nous avons dû travailler fort pour que tout soit prêt quand les plants sont arrivés. Là, on peut souffler un peu», indique-t-il.

Ce spécialiste, qui parle six langues, a terminé un projet en Russie avant son arrivée à Saint-Félicien au mois d'août. Il vivra deux ans à Saint-Félicien, le temps de bien démarrer le projet. Jusqu'à maintenant, il est convaincu que le Québec possède des avantages pour la production en serres. «Le principal, c'est l'électricité qui est une énergie propre et peu dispendieuse. De plus, le concept permet de récupérer le CO2 produit par nos bouilloires et plus tard celle de l'usine (de pâte de Résolu). C'est une culture très verte, plus qu'en Hollande et les autres pays où j'ai travaillé», indique le spécialiste. La récupération de CO2 représenterait l'équivalent de 7000 autos.

Celle qui l'épaule, Catherine Barthe, aura la responsabilité de la serre dans deux ans. La biologiste a terminé une maîtrise et est revenue vivre dans la région. Elle est impressionnée par l'ampleur du projet. «C'est vraiment gros. On n'apprend pas ça à l'école. Tout est pensé et automatisé. Nous contrôlons les différents paramètres de la serre par ordinateur. Les Hollandais ont développé une expertise impressionnante. Ils sont beaucoup plus avancés que nous au Québec.»

Le système de captation d'eau de pluie et de récupération de celle utilisée permet des économies de 50 millions de litres.

La température de la serre est maintenue entre 21 et 22 degrés. Seulement pour cette phase, les besoins en électricité sont de 14 mégawatts/heure, soit 25% des besoins de la ville de Saint-Félicien.

Production

La production hebdomadaire sera de 325 000 concombres anglais. De ce nombre, 200 000 seront expédiés à Sobeys. Les autres légumes seront vendus à une autre entreprise dont l'identité sera dévoilée plus tard.

Pour les concombres libanais, la production sera de 520 000 par semaine dont 360 000 pour les supermarchés IGA.

Calme et lumière

Ce qui frappe dès l'entrée dans l'immense complexe, c'est la grande luminosité et le silence qui y règne. «Jusqu'à maintenant, j'adore mon travail. J'ai hâte de cueillir les premiers concombres. On est vraiment bien, on travaille debout et en plus il fait chaud et il y a beaucoup de lumière. Ça donne de l'énergie», a indiqué Gina Boily.

Ils seront 120 à travailler sur des quarts de travail qui débutent à 6h pour se terminer à 16h30. Les employés ne feront pas que cueillir. Ils auront d'autres tâches pour assurer la croissance optimale des plants. Les gens gagnent un peu plus que le salaire minimum et ils pourront bénéficier d'une prime au rendement.

Le président des Serres Toundra, Éric Dubé, a indiqué qu'il n'avait pas été difficile à combler les besoins de main-d'oeuvre. Ils ont reçu plus de 1000 curriculum vitae.

Un certain nombre sont déjà à l'emploi. Cinquante autres feront leur entrée vendredi pour préparer l'installation de 65 000 plants et certains travailleront à la salle d'expédition dont les travaux vont se terminer bientôt.

Des embûches à n'en plus finir

Les Serres Toundra ont rencontré de multiples embûches pour concrétiser leur projet. Les promoteurs menacent de ne pas réaliser les prochaines phases s'ils n'ont pas une meilleure collaboration des ministères provinciaux et sociétés d'État.

«On ne veut pas revivre ça! Ç'a été épuisant. Nous avons perdu beaucoup d'énergie à faire avancer les choses. Il y a eu beaucoup d'objections non fondées. Ç'a été très pénible et ç'a été très cher en temps. Ç'a été l'enfer, ce que nous avons subi», a déploré le président Éric Dubé, exténué par toutes ces heures passées au cours des dernières semaines pour réussir à entrer dans les délais.

Il a donné l'exemple de l'entente de valorisation de la vapeur produite par l'usine Résolu. «Si nous avions seulement réglé ça entre la compagnie et nous, ça aurait pris une journée. Comme le ministère considérait que c'était de la vente d'énergie, ç'a été compliqué et ç'a pris des mois à régler alors que nous proposions une solution qui permettait d'avoir moins d'impact sur l'environnement», a-t-il relaté.

Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, confirme que les promoteurs ont eu la vie dure. «Plusieurs ministères demandaient des conditions intenables, c'est devenu harassant avec plusieurs personnes. Je les comprends de vouloir avoir des garanties d'une meilleure collaboration pour les prochaines phases. C'est très compliqué au Québec pour des entrepreneurs qui sont dans un créneau innovant. Pas surprenant que tant d'entrepreneurs abandonnent.»

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