La limite nordique, «un retour à la case départ»

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Daniel Leblond, responsable du dossier pour Unifor et président du syndicat de la scierie Mistassini de Résolu, et son collègue Pascal Cloutier, président du syndicat Unifor de la papeterie de Dolbeau.

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Les dirigeants des syndicats Unifor du Lac-Saint-Jean en ont assez de «se faire jouer dans le dos» par le gouvernement du Québec. Ils considèrent que les hauts fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont profité de l'arrivée du nouveau ministre, Luc Blanchette, pour faire adopter en douce le rapport de la limite nordique qui rétablit légalement le principe de la perturbation maximale de 35% du territoire forestier dans le cadre de la politique du rétablissement du caribou forestier.

Daniel Leblond, responsable du dossier pour Unifor et président du syndicat de la scierie Mistassini de Résolu, et son collègue Pascal Cloutier, président du syndicat Unifor de la papeterie de Dolbeau, n'en croyaient pas leurs yeux quand ils ont lu le décret ministériel. Les syndicats croyaient avoir réussi à convaincre le gouvernement d'abandonner le modèle de perturbation maximal de l'Ouest canadien pour en définir un qui correspond à la réalité québécoise. Ils s'agit donc pour eux d'un retour à la case départ.

«On a l'impression que les fonctionnaires nous prennent pour des tartes. C'est inadmissible dans le comté dont le député est le premier ministre du Québec. On met les bouchées doubles pour sauver des entreprises et on nous annonce encore une réduction de la possibilité forestière», plaide Pascal Cloutier.

Daniel Leblond estime que l'adoption de cette nouvelle limite nordique rend impossible, pour Philippe Couillard, de respecter sa célèbre promesse électorale de ne sacrifier aucun emploi pour un caribou forestier. Daniel Leblond réitère qu'il s'agit maintenant d'un document qui a force de loi puisqu'il a été adopté par le conseil des ministres.

«J'étais présent quand M. Couillard a pris cet engagement à Démoforêt 2000. Il est impossible de penser qu'il n'y aura pas d'impact sur l'emploi si on ramène les ratios de perturbation de l'Ouest canadien. Le ministre Laurent Lessard avait mis de côté cette option en raison de ses impacts identifiés dans le rapport du professeur Gilles Bergeron, lequel prévoyait la perte de centaines d'emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Québec doit absolument revoir cette décision rapidement», renchérit le leader syndical.

Daniel Leblond est évidemment inquiet quant à l'avenir de l'industrie forestière. La surtaxe sur le papier surcalandré, la surtaxe ou les quotas d'exportation sur le bois d'oeuvre que les Américains imposeront à l'industrie canadienne et la décision de Québec de revenir sur sa parole dans tout le dossier du caribou forestier ne font qu'augmenter l'incertitude et retarder plusieurs projets d'investissements. Il souhaite que les gouvernements fédéral et provincial démontrent plus d'intérêt face aux problèmes de l'industrie.

«Quand c'est pour l'automobile en Ontario ou Bombardier à Montréal, ce n'est pas très long que les gouvernements sortent les chèques. Quand il s'agit d'une industrie dans une région éloignée, le gouvernement ne s'en préoccupe pas. Ça ne les intéresse pas même si le secteur forestier représente encore 60 000 emplois au Québec. C'est quand même aussi important que l'aviation», insiste Pascal Cloutier.

Ottawa a publié au cours des dernières heures un document officiel qui donne des consignes aux provinces sur les mesures à prendre d'ici 2017 pour la protection des hardes de caribous. Daniel Leblond espère que le député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, sera plus efficace pour faire retirer ces directives que ce qu'il a fait jusqu'à maintenant pour obtenir des garanties de prêts aux entreprises pour les soutenir dans les dossiers de la surtaxe sur le papier surcalandré ainsi que la crise qui s'annonce dans le bois d'oeuvre.

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