Audiences sur le projet Vaudreuil 2022: une alliance pour l'économie

La séance de présentation des mémoires aux audiences... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La séance de présentation des mémoires aux audiences du projet Vaudreuil au-delà de 2022 a réuni une centaine de personnes dans la grande salle de l'hôtel La Saguenéenne.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA) et la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord ont parlé d'une seule voix, mardi soir, pour faire valoir la nécessité économique de réaliser le projet Vaudreuil au-delà de 2022. La séance de présentation des mémoires a réuni une centaine de personnes dans la grande salle de l'hôtel La Saguenéenne.

Alain Gagnon, président du SNEAA... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.0

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Alain Gagnon, président du SNEAA

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Le président des audiences, André Delisle, a entendu les résumés de treize mémoires déposés par de simples citoyens ou groupes divers intéressés par le projet d'optimisation et d'expansion du site d'entreposage des boues rouges qu'entend mettre de l'avant Rio Tinto afin d'assurer le prolongement des activités de l'Usine Vaudreuil jusqu'en 2047. Les personnes disposaient de dix minutes pour effectuer leur présentation.

Comme il fallait s'y attendre, le président du SNEAA, Alain Gagnon, a utilisé des arguments à caractère économique en faisant état que son syndicat s'inquiète de la précarité de certaines usines dont celle du Complexe Jonquière. Il a rappelé que les salles précuites qui devaient fermer à la fin de 2014 ont obtenu un sursis jusqu'en décembre 2020 à la suite des efforts déployés par le syndicat. Toutefois, l'épée de Damoclès demeure puisque l'annonce de la phase 2 de l'usine-pilote AP60, qui permettrait de préserver des emplois, tarde toujours. M. Gagnon a indiqué que les travaux de préparation et de construction du projet AP60 prendront 40 mois.

Enjeu technique

M. Gagnon a rappelé que Vaudreuil se bute à un enjeu technique important avec le remplissage à pleine capacité du site actuel d'entreposage des boues en 2022. Le représentant syndical a rappelé l'importance économique de l'usine en affirmant qu'elle a permis à la population de Saguenay de bénéficier d'un niveau de vie élevé ainsi qu'une activité économique de premier plan.

Le SNEAA a rappelé que la technologie d'assèchement des résidus permettra d'obtenir une matière plus solide et d'optimiser le site actuel. Il a tracé un parallèle avec le développement du procédé de traitement des brasques qui a permis la construction d'une usine de 300 M$ au milieu des années 2000. M. Gagnon a invité la population à appuyer le SNEAA afin de maintenir une pression sur RT afin que celle-ci respecte ses engagements de maintien de vieille technique en recherche qui permettrait de valoriser les résidus de bauxite. Il a été proposé également de donner l'opportunité aux représentants en santé et sécurité de siéger sur le comité de bon voisinage afin de partager en toute transparence les activités à l'intérieur du site.

Chambre de commerce

Du côté de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord, la directrice générale, Marie-Josée Morency, a utilisé à peu près la même argumentation économique en rappelant que le projet répond aux critères d'acceptabilité sociale avec la signature d'une pétition renfermant 8000 noms de citoyens favorables. Mme Morency a lancé un appel à la solidarité régionale en mentionnant que la chambre unit sa voix à celle du SNEAA afin de concrétiser des projets structurants.

Parmi les autres présentations favorables, on comptait celle de Pierre Charbonneau, l'auteur de la pétition déposée.

L'intervention du BAPE réclamée

Le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) juge inacceptable socialement le projet d'optimisation et d'expansion du site d'entreposage des boues rouges par Rio Tinto. C'est pourquoi il estime que le projet devrait être soumis au processus d'évaluation environnementale du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

De passage à La Saguenéenne pour présenter le mémoire du CVD lors des audiences publiques tenues par la compagnie, Lana Pedneault a affirmé que la démarche de consultation de la population n'a pas été réalisée en réel partenariat avec la communauté, attribuant «une note de zéro sur trois à RT quant aux critères d'un véritable partenariat». Le CVD affirme que les paramètres du projet ont été déterminés à l'avance par le promoteur tandis que les propositions des citoyens n'ont été que partiellement prises en compte. On y affirme même que Rio Tinto n'a pas été de bonne foi tout en faisant preuve d'incohérence en présentant le projet avec la menace d'une fermeture de l'usine Vaudreuil, par un contrôle de l'information et des discussions à sens unique, des propositions de huit sites d'entreposage inappropriés ou impossibles à utiliser. L'organisme affirme que les deux premiers sites alternatifs ont été une insulte à l'intelligence des gens puisqu'à l'évidence, ces sites étaient trop petits. Des sites situés à des kilomètres de l'usine, trop près des rivières Saguenay et Chicoutimi, des résidences ou des terres classées agricoles n'ont été prétextes que pour imposer le site dans le boisé panoramique en amont de la démarche de consultation.

Le CVD accuse également Saguenay d'avoir éliminé la zone tampon à la demande de RT tout en annonçant le développement d'un plan d'aménagement d'une zone tampon.

Le refus d'analyser l'option ferroviaire, la négation de tout impact du projet sur la valeur des propriétés à proximité du futur site ainsi que l'approche passive pour la recherche d'alternatives par RT constituent d'autres doléances.

Mme Pedneault a proposé que RT fasse le choix d'un autre site éloigné du milieu urbain, accessible par son réseau ferroviaire. Dans le cas de cette solution, il a été proposé de travailler en partenariat avec Saguenay afin de conclure un échange de terrain avec la ville près de la voie ferrée du Roberval-Saguenay.

Le CVD conclut en souhaitant que RT investisse dans la recherche et le développement visant à valoriser les résidus de bauxite. Selon l'estimation produite, en 2047, les prochaines générations auront en héritage 87 millions de tonnes de résidus de bauxite répartis sur trois sites différents. Le comité souhaite que RT se montre plus active en étant l'initiateur et le promoteur d'alternatives à l'entreposage des résidus. On y propose de créer un laboratoire de recherche appliquée dédiée à la valorisation des résidus solides à l'exemple du CURAL.

Le CREDD incapable de déterminer si le site est le meilleur

Le Conseil régional de l'environnement et du développement durable du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CREDD) est incapable de déterminer si le site du projet «Vaudreuil au-delà de 2022» choisi par Rio Tinto est le meilleur d'un point de vue du développement durable en raison de la faible documentation produite.

De passage aux audiences, le porte-parole du CREDD, Tommy Tremblay, a manifesté la déception de cet organisme face à l'absence d'une réelle procédure d'évaluation et d'examen environnemental des impacts sur l'environnement ainsi qu'un mandat du BAPE. «Une telle démarche aurait apporté un éclairage différent sur le projet et donné aux citoyens et groupes une meilleure opportunité de se faire entendre et d'acquérir de l'information», lit-on dans le mémoire. On y mentionne que le choix du site a été basé sur des critères principalement économiques et techniques en laissant de côté les éléments environnementaux et sociaux.

Parmi les recommandations, le CREDD porte une attention particulière à la présence de la zone tampon en proposant d'y créer des habitats propices à la faune et à la flore tout en se disant prêt à accompagner l'entreprise pour lui donner un statut de conservation volontaire.

Jean-Robert Wells, président du Club de vélo Chicoutimi, estime que les amateurs de vélo de montagne perdront l'usage d'entre quinze à vingt kilomètres de pistes sur les quarante existants, ce qui nécessiterait des mesures de compensation d'environ 300 000$.

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