Possibilités forestières: la nouvelle limite nordique adoptée

Après les quotas d'exportation et une éventuelle surtaxe imposée par les... (Archives Le Quotidien)

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Après les quotas d'exportation et une éventuelle surtaxe imposée par les Américains, l'industrie régionale du bois d'oeuvre devra composer avec une autre contrainte majeure. De nouvelles baisses de possibilités forestières se profilent pour 2018 avec l'adoption, par le gouvernement du Québec, du rapport sur la limite nordique des forêts attribuables.

Il s'agit des conséquences qui découleront de l'adoption du décret AM-20 160 008 du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, publié dans la Gazette officielle du Québec du 19 octobre. Ce décret officialise la nouvelle limite nordique dont le forestier en chef devra tenir compte dans l'établissement de la possibilité forestière pour 2018. Il se trouve que le rapport en question, produit par un comité d'experts, est basé sur des prémisses que le ministre Laurent Lessard avait pourtant écartées en matière de protection du caribou forestier.

Nouvelle feuille de route

Avant de quitter ses fonctions, le ministre Lessard avait publié une nouvelle feuille de route pour remplacer le plan de rétablissement du caribou forestier. Ce plan, produit par l'équipe de rétablissement de ce cervidé, impliquait une perturbation maximale de 35% du territoire dans la forêt sous aménagement. À elle seule, cette mesure aurait provoqué la disparition de 9000 emplois au Québec, dont 3000 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans l'esprit du ministre Laurent Lessard, il était essentiel de faire table rase et de reprendre tout le processus pour le rétablissement du caribou forestier. Il avait même confirmé que le gouvernement allait effectuer un survol complet du territoire afin de baser ses actions en matière de protection du caribou forestier sur des inventaires complets des différentes hardes qui évoluent dans la forêt boréale québécoise.

Il se trouve que le rapport de la limite nordique a été produit avec comme prémisse de base en matière de protection du caribou forestier une perturbation maximale de 35% du territoire sous aménagement avec 65% de protection. Québec réintroduit donc, par ce geste officiel, le modèle développé pour l'Ouest du Canada.

Sommet

L'adoption du décret sur la limite nordique va également à l'encontre de l'une des recommandations du comité sur la production forestière dans le cadre du Sommet économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce comité recommandait au gouvernement du Québec de développer son propre modèle en matière de protection du caribou forestier. Cette recommandation impliquait que le gouvernement abandonne le principe de perturbation des forêts sous aménagement de 35-65%.

Les modifications au tracé de la limite nordique semblent mineures à première vue. Elles auront toutefois des implications très importantes pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean si l'on se fie aux cartes adoptées par le gouvernement. De vastes territoires ont été soustraits dans le nord des unités d'aménagement 24-71, 25-71 et 27-51 que l'on identifie comme étant le «grenier forestier de la région». Le gouvernement a ajouté d'autres zones et la plus importante est celle qui fait l'objet d'une réserve administrative. Il s'agit d'un territoire montagneux qui était situé au nord de la limite nordique avant l'adoption du décret.

«Dans les territoires de sensibilité très élevée, le comité recommande qu'aucune garantie de récolte ne soit accordée. Toutefois, des travaux d'aménagement forestier seraient possibles à condition que leur mise en oeuvre et leurs résultats atténuent la sensibilité actuelle», recommande le rapport, confirmant qu'il y aura des ponctions dans la possibilité forestière au sud de la limite nordique.

Le Quotidien a effectué plusieurs vérifications auprès d'industriels forestiers afin d'obtenir des précisions quant aux impacts en terme de possibilité forestière de ce nouveau décret. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs aurait toutefois fait adopter le décret gouvernemental sans faire d'étude d'impact pour les activités industrielles.

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