Bois d'oeuvre: l'industrie canadienne s'attend au pire

L'accord de 2006 entre le Canada et les... (archives La Presse)

Agrandir

L'accord de 2006 entre le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre s'était conclu après cinq ans de batailles devant les tribunaux.

archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'industrie du bois d'oeuvre risque de manquer le rendez-vous avec la reprise du marché de la construction aux États-Unis. Un vent de protectionnisme déferle au sud de la frontière alors que les scieurs américains veulent limiter les volumes de bois importés à partir du Canada de pas moins de cinq milliards de pieds-mesure de planche.

Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, a laissé tomber d'un trait que la menace représente «tout un tas de bois». «Les prix sont bons et la demande est en progression. Ça serait dommageable de ne pas profiter de cette amélioration du marché après les années difficiles pour notre industrie», indique le président.

L'industrie canadienne va avoir une meilleure idée du positionnement du gouvernement américain à 10 jours de la fin de la période d'amnistie d'une année qui avait été décrétée après la fin de la dernière entente négociée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Une rencontre a lieu mercredi à Toronto entre le représentant américain du commerce, Michael Froman, et dix dirigeants des principales entreprises canadiennes de bois d'oeuvre ainsi que la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland. Personne ne s'attend à ce que le représentant du gouvernement américain cause une surprise lors de cette réunion à l'aube d'un changement de garde à la présidence des États-Unis alors que les deux candidats ont fait preuve d'une approche protectionniste de l'économie.

«On sait que la position des Américains est très loin de ce que nous voulons obtenir. Il y a eu une référence lors de la dernière rencontre Obama-Trudeau à la possibilité d'analyser le régime forestier du Québec et ses effets pour l'industrie, mais personne ne peut prévoir le résultat d'une telle vérification pour le moment, les positions sont vraiment différentes.»

Il y a tout de même des informations particulièrement «inquiétantes» qui circulent en ce moment et qui proviennent des discussions. Le gouvernement américain pourrait limiter de 34 à 20% les exportations de bois d'oeuvre canadien sur le marché américain. Il s'agit d'une baisse plus que significative pour l'industrie canadienne qui se verrait fermer la frontière américaine rapidement.

Pour les entreprises de l'Ouest, reprend André Tremblay, il s'agit d'un piège important puisque les Chinois vont tout simplement attendre que la frontière américaine soit fermée au bois canadien pour faire baisser les prix sur les surplus de production normalement destinés au marché américain.

«Du côté américain, le gouvernement exige d'obtenir la signature de 51% des propriétaires d'entreprises de sciage pour une entente sur le bois d'oeuvre voulant qu'ils ne se feront pas poursuivre pour dommages causés à leur entreprise par les importations canadiennes. Les scieurs américains n'ont qu'à rester assis confortablement et le gouvernement ne pourra pas conclure d'entente.»

Le président du CIFQ admet que cette affaire arrive à un très mauvais moment. Les scieurs québécois auraient pu profiter pour une première amélioration du marché pour procéder à des investissements dans les nouvelles technologies pour améliorer leur performance dans la première transformation du bois.

Les scieurs américains savent de leur côté qu'ils pourront compter à court terme sur de vastes plantations de pins qui arrivent à maturité. Ils ont donc l'espoir de construire des usines pour transformer ces nouveaux volumes de bois en comptant sur des prix intéressants provoqués par les quotas d'importation sur le bois canadien.

Le CIFQ n'écarte pas pour le moment l'imposition d'une surtaxe en absence d'entente avec le gouvernement américain pour le 12 octobre. Selon André Tremblay, il sera primordial que le gouvernement canadien accepte de défendre son industrie devant les différents tribunaux chargés de réguler le commerce international. L'industrie a également déjà demandé au gouvernement de verser la taxe spéciale en attendant la fin des recours devant les tribunaux.

Depuis 1980, le gouvernement canadien a toujours eu gain de cause sur les prétentions de l'industrie américaine. Malgré ces gains, la dernière entente sur le bois d'oeuvre a coûté 1 G$ à l'industrie canadienne.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer