L'avenir passe par l'exportation

Éric Tétrault, président de l'Association des manufacturiers et... (Photo Le Quotidien, René Bouchard)

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Éric Tétrault, président de l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec, affirme que la croissance de l'économie québécoise passe par la capacité des entreprises à devenir des exportateurs de classe mondiale.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le Québec a besoin de s'enrichir afin d'éviter la débâcle financière. Il devra bientôt consacrer 60 % de son budget à la santé de sa population en raison du vieillissement démographique. Cet enrichissement ne proviendra pas du Plan Nord ni d'une quelconque stratégie maritime, mais plutôt de la capacité des entreprises à devenir des exportateurs de classe mondiale.

Il s'agit là du message principal transmis par Éric Tétrault, président de l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) aux gens d'affaires présents, mercredi, au dîner d'affaires organisé à Alma par Desjardins Capital régional et coopératif et la Caisse de dépôt et placement du Québec. La conférence a également permis d'entendre le directeur général de Groupe Proco, Jean-Denis Toupin, discuter du développement de l'entreprise basée à Saint-Nazaire.

Dans son exposé, M. Tétrault explique que la croissance économique future ne saurait provenir de la croissance démographique ni même des investissements privés étrangers au Québec en raison de la petitesse du marché national avec ses huit millions d'habitants. Il rappelle l'échec ou la mise en veilleuse des projets Ferro Atlantica à Baie-Comeau et de l'usine d'engrais, des projets de 3,5 milliards $ qui ont glissé entre les doigts de la province.

Disparition de PME

Dans sa présentation, M. Tétrault ajoute que le Québec a assisté à la disparition de nombreuses PME de tailles moyennes, ce qui fait en sorte que la province souffre au plan économique. La faible productivité des entreprises fait en sorte que la province se situe au 57e rang sur 60 États en Amérique du Nord, la Chine, les États-Unis, l'Ontario et le Mexique étant meilleurs que le Québec. « Sur la productivité, l'ex-premier ministre Lucien Bouchard avait très mal engagé le débat en parlant des heures travaillées. La productivité, ça ne va pas juste sur le nombre d'heures travaillées, mais c'est aussi la machinerie, les équipements, les temps de production, le pourcentage de robotisation dans les entreprises. Sur ce plan, le Québec est très en retard. Seulement 12 % des entreprises sont robotisées, comparativement à 35 % aux États-Unis », explique M. Tétrault.

Abordant la question de la formation professionnelle, M. Tétrault reproche au système d'éducation de ne pas fournir les PME en main-d'oeuvre, une situation qui perdure sur une base historique puisque la formation professionnelle et technique n'a jamais suffisamment été valorisée depuis les années 60 alors que la priorité a été de former des avocats, médecins et autre professionnels. « Notre système d'éducation n'est pas assez flexible. Par exemple, aucun cégep n'est ouvert la fin de semaine. On comprend qu'avec les conventions collectives, ce n'est pas demain que ça pourra se faire, mais ailleurs dans le monde, des institutions sont ouvertes. »

Optimiste

Malgré ce tableau noir, M. Tétrault soutient que le Québec et le Canada disposent d'une fenêtre d'une dizaine d'années pour effectuer un rattrapage. Selon lui, le Canada s'est trop longtemps appuyé sur l'exploitation pétrolière et un dollar fort, une stratégie qui s'est effondrée avec la baisse des prix du pétrole.

Cette fenêtre repose sur le fait que le Canada a signé dans le passé 51 accords de libre-échange avec 28 pays totalisant 500 millions de consommateurs qui permettront que 98 % des produits échangés soient exempts de tarifs douaniers.

Meilleur soutien

Malgré tout, rien n'est gagné d'avance puisque les gouvernements supérieurs devront apporter un virage en faveur d'un meilleur soutien aux manufacturiers avec une réduction du fardeau fiscal. Il voit poindre la lumière au bout du tunnel avec l'annonce faite par la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, de consacrer 500 millions $ pour la relance du secteur manufacturier via Investissement Québec. « Dans trois ans, Investissement Québec devra attribuer 700 millions $ aux PME. On est très heureux de cette annonce », conclut-il.

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