Un projet de scierie freiné à La Doré

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Dino Mili affirme que le projet de scierie de 16 M$ à La Doré serait en activité si le gouvernement avait accordé un volume de bois.

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Louis Potvin
Le Quotidien

La scierie de composantes de bois de palettes, à La Doré, serait en activité si le gouvernement lui avait accordé une garantie d'approvisionnement en bois au lieu de l'accorder au projet Biomoss Carbone, à Chambord, lequel semble tarder à se concrétiser.

«Ça fait plus d'un an que les volumes ont été accordés et le projet de Biomoss n'est toujours pas démarré. Nous, nous avions déposé notre projet avant cette date et nous étions prêts depuis le début. J'ai l'impression que l'usine tournerait aujourd'hui», prétend le président de New Forest Industries, Dino Mili. Cette compagnie a un projet de 16 millions$ à La Doré qui aurait créé 25 emplois plus une centaine en forêt.

Bureau de projets

L'homme d'affaires se questionne beaucoup sur la manière dont le bureau de projets créé par le premier ministre Philippe Couillard a analysé les différents projets.

«Moi, je pense que nous avions un projet solide. Nous répondions aux principaux points de la grille d'analyse. Nous avions un client sérieux, une lettre d'intention de Résolu pour acheter les copeaux, les sciures étaient achetées par Granules LG et les résidus se retrouvaient à l'usine de cogénération. Nous avions un projet très intégré. Il ne nous manquait qu'une garantie de prêt d'Investissement Québec pour clore le financement. Nous avons fait une demande en vertu de la Loi d'accès à l'information pour obtenir de l'information sur l'analyse du projet de Biomoss et ça nous a été refusé», a-t-il indiqué.

Décision discutable

Le promoteur se demande donc pourquoi le projet de Biomoss, dont le financement ne semble pas attaché, dont certains partenaires d'affaires ont été écartés et dont le produit fabriqué a changé ces dernières semaines, a pu gagner cet appel d'offres analysé par des fonctionnaires du ministère des Forêts.

«Comment ça se fait que le projet peut changer en cours de route? Et que maintenant ils vont fabriquer de la briquette au lieu du produit annoncé, du biocarbone actif pour la filtration de l'eau, qui était beaucoup plus innovateur que de la briquette? De plus, le financement ne semble pas attaché alors qu'on nous dit qu'il l'était. Je trouve ça aberrant. J'aimerais bien qu'on mette les choses au clair pour savoir à quoi s'en tenir. Il me semble que le projet qui a été présenté au gouvernement doit être respecté, car c'est lui qui a été analysé», soutient l'homme d'affaires.

Projet intégré

Dino Mili a fait des démarches pour tenter de mettre en place un projet intégré avec les promoteurs de Biomoss, sans grand succès.

«J'ai parlé avec un monsieur Tremblay, mais il ne fait plus partie de l'équipe. J'ai donc sollicité un rendez-vous avec le président, M. Gosselin. J'attends une réponse, a informé Mili. Je pense encore que notre projet pourrait fournir des sous-produits à l'usine de Biomoss et nous pourrions couper le bois de qualité sciage pour avoir une véritable chaîne de valeur, ce qui ne semble pas le cas pour le projet de Biomoss actuellement.»

Dino Mili est patient. Il espère que le gouvernement va tenir sa promesse et reprendre l'attribution des garanties d'approvisionnement de bois le premier janvier 2017 si les projets qui ont obtenu du bois ne sont pas concrétisés.

Jacques Asselin pense que le succès du projet... (Archives Le Quotidien, Isabelle Tremblay) - image 2.0

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Jacques Asselin pense que le succès du projet de Biomoss Carbone devrait passer par une association avec le projet de scierie à La Doré.

Archives Le Quotidien, Isabelle Tremblay

Les projets auraient dû être analysés en complémentarité

Le maire de La Doré, Jacques Asselin, pense que le succès du projet de Biomoss Carbone passerait par une association avec le projet de scierie à La Doré.

«Il y aurait une meilleure acceptabilité sociale et là on aurait une véritable grappe industrielle et pas seulement un raisin dans la grappe. Le projet serait beaucoup plus générateur d'emplois», affirme-t-il.

Le magistrat donne l'exemple du complexe d'usine de Produits forestiers Résolu. «L'usine de pâte de Saint-Félicien a besoin des copeaux des scieries pour s'alimenter. Elle n'a pas d'approvisionnement forestier et réussi à fonctionner pareil. Ce sont les scieries qui ont les garanties. Pour le feuillu, là on marche à l'envers en donnant du bois à une usine qui a besoin de résidu pour fabriquer des briquettes, alors qu'il faut une première transformation avant», plaide Jacques Asselin.

La municipalité avait adopté une résolution en février demandant au gouvernement d'accorder des volumes de bois à tous les projets porteurs dans la MRC du Domaine-du-Roy et favoriser la synergie entre les différents projets pour assurer le développement d'une filière feuillue rentable et créatrice d'emplois.

Il juge que le projet de sa municipalité a été écarté au profit de celui de Biomoss alors que les deux auraient dû être analysés en complémentarité.

Ce dernier a aussi rencontré le président du CLD pour lui soumettre sa position et l'inviter à sensibiliser les promoteurs de Biomoss carbone. Jacques Asselin souligne d'ailleurs que le projet de scierie de bois de composantes de palettes à La Doré permettrait de traiter du bois de trituration comme le faisait à l'époque Lousiana Pacific à son usine de panneaux de Chambord.

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