Rio Tinto: la région «utilisée», selon Alain Gagnon

Le président du Syndicat national des employés de... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, note toute l'importante de l'exploitation des AP60 dans la région pour les équipementiers et leur visibilité.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean et ses travailleurs ont été «utilisés par Rio Tinto» qui compte implanter à grande échelle la technologie AP60 dans la troisième phase d'expansion de l'Aluminerie Alouette plutôt qu'au Complexe Jonquière. C'est ce que ressent le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, quelques jours après la confirmation du projet par le grand patron de l'aluminerie de Sept-Îles. L'entreprise, dont Rio Tinto et Investissement Québec détiennent respectivement 40% et 6,7% des parts, souhaite ajouter quelque 240 cuves de type AP60, ce qui permettra d'augmenter sa production annuelle de 400 000 tonnes. Si tout se déroule comme prévu, le projet pourrait aller de l'avant en 2017.

La technologie AP60 a été développée dans la région à l'usine pilote du Complexe Jonquière. Moins d'une quarantaine de cuves ont été implantées. Attendue depuis plusieurs années, la phase II est continuellement reportée, malgré les engagements de la compagnie en échange d'avantages, dont des prêts sans intérêts. Plusieurs équipementiers ont développé une expertise autour de cette technologie qui devait passer du mode pilote en mode industriel avec la phase II. Mais avec l'annonce d'Alouette, le titre de vitrine technologique semble de plus en plus échapper au Complexe Jonquière.

«C'est insultant ce qui se passe. Je n'ai pas encore digéré l'annonce. C'est ici que l'entreprise devait investir, pas ailleurs. Les travailleurs ont fait les efforts nécessaires pour faciliter le développement de cette technologie. C'est dans la région que ça devait se passer. Ce n'est pas vrai qu'on a fait tous ces efforts pour ne rien avoir. Ça ne finira pas comme ça. On va tout faire pour que l'argent soit investi ici avant. Parce qu'avec tout ce qu'on a donné, c'est comme si on finançait par la bande Alouette», plaide M. Gagnon, qui est sorti de ses vacances pour réagir à cette annonce.

«Et c'est sans oublier toute l'importance que l'exploitation des AP60 dans la région comporte pour les équipementiers et leur visibilité. Ces derniers ont concédé beaucoup pour soutenir ce développement», ajoute le leader syndical.

Québec doit maintenant forcer Rio Tinto à investir dans la région plutôt que chez Alouette, demande Alain Gagnon. Une situation délicate étant donné que le gouvernement provincial détient des parts dans l'aluminerie de Sept-Îles. C'est d'ailleurs ce que proposait récemment Alain Gagnon, en demandant à Québec de s'impliquer davantage dans Rio Tinto, comme elle l'a fait chez Alouette.

«Avec une participation gouvernementale, on pourrait avoir un meilleur encadrement. Les engagements financiers seraient davantage respectés. Le gouvernement doit se servir de ses ressources en ce sens. En ce moment, il est trop frileux avec l'énergie. Il devrait aussi mettre son pied à terre et dire à l'entreprise «je t'ai aidé à développer cette technologie alors c'est le temps du retour d'ascenseur», plaide Alain Gagnon.

Ce dernier fera des pressions auprès des représentants gouvernementaux pour forcer la main à Rio Tinto. Le président syndical doit d'ailleurs rencontrer le premier ministre au cours des prochaines semaines pour discuter de différents sujets, mais Alain Gagnon compte bien ramener l'annonce d'Alouette sur la table.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer