Les marchés ont la cote

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La coopérative de solidarité Les Artisans paysans organise un marché fermier tous les samedis jusqu'à l'automne avec d'autres producteurs.

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Marché fermier, marché public, marché de proximité... L'engouement pour les produits locaux n'est pas juste chez les consommateurs, de plus en plus de producteurs et de transformateurs régionaux se regroupent pour offrir des aliments frais, directement à la population. Voici quelques initiatives au Saguenay-Lac-Saint-Jean de ce type de circuits courts de distribution, un mode de mise en marché en pleine émergence, où les intermédiaires commerciaux sont réduits au strict minimum.

La popularité grandissante pour les produits locaux ne serait pas une question de demande, mais plutôt une question d'offre selon le vice-président de la coopérative de solidarité Les Artisans paysans, Pierre-Olivier Brassard.

« Les gens ont toujours eu un engouement. Ils veulent manger local et bio, mais ils ne veulent pas acheter des produits qui viennent de Montréal, ils veulent que ça vienne de leur fermier. De plus en plus, les agriculteurs sont intéressés par une mise en marché en circuit court, et les gens ont du choix », explique-t-il.

La coopérative tient un marché fermier avec un bon achalandage tous les samedis de juin à octobre pour la deuxième année, de 10 h à 16 h. D'autres producteurs rejoignent Les Artisans paysans au 1888, rang Saint-Joseph à Chicoutimi, sur les terrains des Fermes Solidar. La semaine prochaine, des activités spéciales sous le thème de la souveraineté alimentaire seront organisées.

En plus de la grande variété de légumes biologiques, on retrouve des petits fruits, du miel, des fleurs comestibles, du pain, des produits forestiers non ligneux, des articles d'artisanat, du fromage, du café et du thé, des épices, de la viande et des produits à déguster sur place, comme des gaufres.

« C'est difficile pour les agriculteurs de suivre les critères de qualité esthétique du système industriel de distribution. Ici, on se concentre sur des produits frais basés sur le goût. On vise la diversité. Nos récoltes changent toutes les semaines », poursuit Pierre-Olivier Brassard, interrompu dans son désherbage des poireaux par l'appel du Progrès-Dimanche. La veille, le premier melon d'eau en serre avait été récolté.

« Les gens goûtent à des trucs qu'ils ne trouvent pas en épicerie, comme des tomates ancestrales. »

Le paysan invite les producteurs et les artisans intéressés à participer. « C'est gratuit pour tout le monde et géré collectivement dans un esprit de camaraderie. Il faut seulement respecter les règles gouvernementales. »

La coopérative utilise un autre mode de distribution en circuit court, l'agriculture soutenue par la communauté, où les consommateurs achètent à l'avance les produits et reçoivent un panier chaque semaine.

Les vendredis bio à Alma attirent les foules

Les vendredis bio se tiennent à Alma de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens) - image 4.0

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Les vendredis bio se tiennent à Alma de 10h à 14h.

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La coopérative de solidarité Nord-Bio veut prouver à Alma que la tenue d'un marché public est importante pour une ville en cette deuxième année de l'évènement hebdomadaire, sur la terrasse des Cascades. « L'an passé, on avait des subventions du ministère de l'Agriculture et de la ville. Cette année, l'aide financière est réduite et on espère être encore plus autosuffisants en 2017. On voudrait doubler nos ventes et organiser des activités pour faire du marché une sortie familiale », affirme la coordonnatrice Audrey Bouchard.

La coordonnatrice  de la coopérative Nord-Bio, Audrey Bouchard... (Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens) - image 5.0

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La coordonnatrice  de la coopérative Nord-Bio, Audrey Bouchard ,faisait justement son marché, lorsque rencontrée à l'évènement. 

Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens

Les vendredis bio se tiennent de 9 h à 15 h jusqu'à la fin septembre, au centre-ville. Produits maraîchers, fromages, confitures, farines et cacao sont quelques exemples de ce qu'on peut s'y procurer. La saison a été un peu tardive et surtout les verdures étaient disponibles les premiers temps, mais les fraises sont maintenant arrivées. « Juste ça, c'est tout un évènement ! »

L'an dernier, une centaine de personnes par jour pouvaient visiter le marché. « Ça faisait même la file avant l'ouverture ! Il y a une recrudescence du concept, il commence à faire sa place dans la région. De plus en plus de villages prennent le tournant, mais ce n'est pas encore totalement entré dans les habitudes des gens. L'idéal est de faire son marché puis de compléter à l'épicerie », croit Mme Bouchard.

En circuit court

Parmi les modes de distribution en circuit court, notons aussi l'autocueillette. Celle des camerises et des fraises est déjà commencée ou le sera bientôt dans plusieurs entreprises du regroupement Agrotourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme Évolution fruitée de Saint-Félicien, Alpaga Bersi à Canton-Tremblay, la Ferme du ruisseau de Saint-Fulgence et la Fraisière biologique de Chambord. Il est possible de suivre les développements sur la page Facebook de l'organisme.

Des kiosques à la ferme

Plusieurs fermes tiennent un kiosque sur leurs terres. Sur Facebook, on peut voir par exemple que la Ferme Tournesol, au 5020 route des Bouleaux à Shipshaw, et les Jardins Baielactée, au 1254 chemin Saint-Joseph à La Baie, sont particulièrement actifs et sont ouverts tous les jours.

Agrotourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean: une subvention attendue

Le président d'Agrotourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Réjean Côté, s'attend à recevoir d'un moment à l'autre une lettre du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) lui annonçant une subvention pour développer les activités de promotion du regroupement de producteurs agricoles fondé en février.

« On a envoyé une demande pour le programme de proximité et on a compris qu'on avait de très bonnes chances », confie celui qui désire que la région soit reconnue pour son volet gourmand en plus de l'être pour son lac et son fjord.

Près de 40 membres font maintenant partie de l'organisme, sur un potentiel de 80 environ. Les marchés qui comptent plus de 50 % de producteurs peuvent aussi devenir membres. M. Côté se réjouit que de plus en plus de municipalités mettent un marché en place. Saint-Gédéon en tient un pour la deuxième année les samedis de 10 h à 14 h à la Place publique du parc Saint-Antoine, sur la rue de la Plage. Une quinzaine de participants sont confirmés. « Chambord devrait faire quelque chose quatre fois durant l'été. Saint-Prime en aurait parlé aussi et il devrait avoir du développement dans le secteur de Dolbeau-Mistassini. »

Fondateur de l'entreprise familiale Merci la terre à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Réjean Côté organise lui-même un marché tous les samedis de 10 h à 14 h au pavillon d'accueil situé sur la route principale avec d'autres producteurs. Pain, vin, miel, fraises, pâtes, chocolats, produits laitiers biologiques et jus naturel préparé sur place sont des exemples de ce que les clients pourront se procurer.

« J'aime beaucoup la formule. Quand j'ai voyagé en Nouvelle-Zélande, il y en avait dans tous les villages. C'était même très intensif, car le marché durait seulement le matin, raconte Réjean Côté. Ici, ça commence tranquillement, mais c'est vraiment intéressant. »

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