« L'industrie occidentale de l'aluminium est assiégée »

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Le premier ministre Philippe Couillard et le chef des opérations Métal primaire chez Rio Tinto, Étienne Jacques, ont participé jeudi à une activité de presse pour présenter le chantier de 36 M$ qui permettra d'augmenter la capacité de production de l'aluminerie Laterrière de 15 000 tonnes métriques par année.

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L'industrie occidentale de l'aluminium est «assiégée» et Rio Tinto a besoin d'un partenariat solide avec la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour affronter les nombreux défis. L'industrie ne sera plus jamais la même avec de nouveaux joueurs qui possèdent des capacités de production impressionnantes dans des conditions incomparables à celles des producteurs d'ici.

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L'investissement réalisé comprend la construction du nouveau bâtiment et des équipements mécaniques pour déplacer les ponts roulants entre les salles de cuves et l'atelier mécanique.

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Le chef des opérations Métal primaire pour l'Amérique du Nord de Rio Tinto, Étienne Jacques, a profité du lancement du chantier de 36 M$ de Laterrière en présence du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour demander une fois de plus l'appui de la région aux différents projets en cours, dont celui des boues rouges au coeur de Saguenay.

«L'industrie occidentale de l'aluminium est assiégée. On pensait que les choses allaient s'améliorer. Ce n'est pas le cas et il faut un partenariat avec la région plus solide pour faire face aux enjeux mondiaux. Le jeu de base ne tient plus et il faut agir», a réitéré le patron de Rio Tinto pour bien faire comprendre que l'entreprise navigue en eau trouble.

La situation mondiale se résume à des prix très bas sur le marché avec des capacités de production trop élevées qui génèrent beaucoup de métal dans un marché déjà hypothéqué par une situation économique incertaine. L'investissement de 36 M$ réalisé en ce moment à Laterrière et déjà annoncé est un exemple, selon Étienne Jacques, de la volonté de l'entreprise de continuer d'être un joueur majeur pour l'économie régionale en plus de travailler à améliorer sa productivité.

Ce chantier s'inscrit dans le suivi de la participation de RT au dernier sommet économique régional. L'entreprise avait alors évoqué les trois axes sur lesquels elle entend travailler au cours des prochaines années. Il s'agit selon Étienne Jacques d'assurer la prolongation de l'usine de produits chimiques de Vaudreuil, d'identifier des projets à valeur ajoutée comme celui des petits lingots d'aluminium réalisés au centre de coulée de Jonquière et des projets de croissance. Dans le cas de Laterrière, il s'agit d'un projet de croissance puisqu'il permet à la région d'augmenter la production de 15 000 tonnes métriques par année à même des installations déjà construites.

«C'est tout un chemin parcouru si l'on considère qu'il y a six ans presque jour pour jour, on perdait une salle de cuve en raison d'un problème», a indiqué Étienne Jacques lorsqu'il a expliqué les investissements réalisés à l'usine et qui vont permettre d'augmenter la production en modifiant de façon importante le fonctionnement de l'usine. Pour aller chercher cette croissance, les équipes de Laterrière ont proposé la construction d'un nouveau bâtiment au sud des salles de cuves, lequel abritera un imposant transpondeur qui déplacera les ponts roulants.

Le défi pour Laterrière consistait à modifier le système d'approvisionnement des cuves en alumine. La modification était importante puisque le système doit injecter dans les cuves 30 000 tonnes métriques annuelles de plus d'alumine pour en arriver à augmenter la production d'aluminium de 15 000 tonnes métriques.

L'investissement réalisé comprend la construction du nouveau bâtiment et des équipements mécaniques pour déplacer les ponts roulants entre les salles de cuves et l'atelier mécanique. L'autre partie du projet vise à moderniser les systèmes de distribution électrique qui sont au coeur de la production d'aluminium.

L'usine Laterrière, construite à la fin des années 1970, fonctionnait sur les bases d'une cuve de 155 000 ampères. Les modifications au système vont permettre d'augmenter l'approvisionnement à 219 000 ampères.

De « l'eau » du Québec partout dans le monde

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, aime bien informer les visiteurs internationaux qui passent par Québec que le petit lingot d'aluminium gris placé bien en vue sur son bureau n'est pas du métal, mais bien de «l'eau» du Québec que l'on exporte partout dans le monde, faisant référence à l'hydroélectricité.

De passage à Laterrière, jeudi, le premier ministre a de nouveau fait une profession de foi envers l'industrie de l'aluminium, l'un des piliers du secteur manufacturier québécois, et ce, malgré les nuages gris qui s'accumulent dans le paysage économique mondial.

«L'investissement qu'il y a ici est une excellente nouvelle pour la région et pour le Québec. L'industrie de l'aluminium est très importante pour la prospérité future du Québec», a martelé le premier ministre au moment de prendre la parole devant les journalistes et les travailleurs de l'aluminerie Laterrière. Il n'a pas manqué de rattacher ce projet aux suites du sommet économique régional.

Le gouvernement du Québec a adopté sa propre stratégie de l'aluminium afin d'accroître l'activité économique découlant de ce secteur, selon le premier ministre. Il entend donc doubler la transformation de l'aluminium au cours des prochaines années et consacrera sur une période de trois ans 33 M$ pour atteindre cet objectif.

La région, un pôle

Pour Philippe Couillard, il ne fait aucun doute que le Saguenay-Lac-Saint-Jean constitue le pôle de cette industrie au Québec. Par contre, la seconde transformation a surtout cru dans les régions périphériques de la métropole pendant que des usines de la région fermaient leur porte (Novelis).

Le premier ministre croit que les gouvernements précédents n'ont jamais travaillé de façon à créer une véritable stratégie pour mettre en commun tous les acteurs de cette industrie, comme le préconise la stratégie adoptée par son gouvernement. L'un des volets de cette politique est le financement de la Société de la Vallée de l'aluminium.

Au cours d'un bref point de presse, Philippe Couillard a réitéré que Québec n'a pas hésité à utiliser ses avantages hydroélectriques pour offrir aux producteurs d'aluminium des occasions d'affaires intéressantes. Malgré tous les commentaires, il rappelle que le Québec offre aux entreprises du secteur de l'aluminium les tarifs énergétiques parmi les plus bas au monde.

Qui plus est, ajoute le premier ministre, l'aluminium québécois est produit avec une énergie propre et renouvelable. Des entreprises comme Tesla et BMW sont prêtes à faire le pari de l'aluminium produit avec une énergie propre.

Le directeur général de Proco Métal d'Alma, Jean-Denis Toupin, a été invité à prendre la parole à titre de représentant des entrepreneurs qui réalisent en ce moment le projet. Ce dernier a expliqué que pas moins de 15 entreprises différentes ont été retenues par Proco pour mener à terme le projet de construction du bâtiment et des équipements.

Uniquement pour Proco Métal, il s'agit d'un contrat de 50 000 heures que se partageront différents corps de métier de l'industrie de la construction. Jean-Denis Toupin a mentionné que ce chantier arrive à un moment propice puisque les projets sont très rares dans la région.

Alain Gagnon, président du Syndicat des employés de... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 5.0

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Alain Gagnon, président du Syndicat des employés de l'aluminium d'Arvida.

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L'adoption au changement soulignée

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida affilié à Unifor (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, a accueilli avec satisfaction l'investissement confirmé pour l'aluminerie Laterrière. Le leader syndical a jugé bon d'insister sur le chemin parcouru au cours des dernières années alors que « les travailleurs ne l'ont pas eu facile ». Malgré un environnement trouble et des contraintes importantes, le président du SNEAA a fait ressortir la capacité des travailleurs et des directions à s'adapter au changement. Ceux de Laterrière devront le faire avec la transformation de l'usine qui nécessitera inévitablement une nouvelle organisation du travail. Alain Gagnon a ainsi mis au défi la direction de la multinationale de présenter d'autres projets et il n'a pu s'empêcher de faire référence aux annonces des phases II et III du complexe AP60 de Jonquière. Avec les problèmes que traverse l'industrie en ce moment, l'Usine Jonquière est à risque en raison de la désuétude des cuves précuites qui seront démolies avec la réalisation des deux dernières phases du projet AP-60. Il a recommandé au premier ministre du Québec de ne pas hésiter à utiliser les surplus énergétiques d'Hydro-Québec pour supporter le développement industriel et créer des emplois de qualité.

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