Denis Lemieux se salit pour les producteurs de lait

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Le député Denis Lemieux a accepté de se salir en se vidant un sac de poudre de protéine laitière, à l'invitation d'un agriculteur qui venait de faire de même.

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Un peu plus de 150 producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont répondu à l'appel de la section régionale, vendredi matin. Ils ont fait connaître leur mécontentement face à l'importation massive de lait diafiltré par le transformateur Parmalat (Lactalis). Cette pratique provoque une chute des revenus à la ferme qui sera de l'ordre de 15 000$ pour la présente année au rythme où vont les choses.

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Plus de 150 producteurs de lait ont participé à la manifestation.

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Le lait diafiltré (concentré très épais contenant des protéines laitières) est le produit par lequel certains grands transformateurs comme Parmalat passent pour importer au Canada la matière première pour le fromage à très bas prix. Son importation massive au cours des derniers mois est en train de soulever la grogne des producteurs québécois qui voient ainsi le système de gestion de l'offre s'affaiblir.

Le cortège de tracteurs, camions de lait et agriculteurs à pied s'est réuni dans le stationnement de Place du Royaume pour se diriger vers le bureau du député fédéral Denis Lemieux. Selon le président régional du Syndicat des producteurs de lait, Daniel Côté, il s'agit d'une perte de l'ordre de quatre millions pour l'industrie régionale du lait.

Le grand initiateur de ce mouvement qui lève un peu partout au Québec et qui s'identifie aujourd'hui comme un «paysan producteur», Michel Potvin, n'en démord pas. «Ce n'est pas compliqué, Parmalat veut nous mettre à terre comme la maison-mère Lactalis l'a fait avec les producteurs en Europe. Ils font exactement la même chose», insiste celui qui anime depuis plusieurs mois les réseaux sociaux pour mobiliser les producteurs laitiers du Québec.

«Nous n'avons pas le choix. Si nous faisons la guerre à Parmalat, nous ne sommes pas certains de gagner et si nous ne la faisons pas, c'est certain qu'on va perdre beaucoup», ajoute l'agriculteur.

Le président Daniel Côté était satisfait de la réponse des agriculteurs de la région et constatait qu'ils étaient beaucoup plus nombreux que prévu. «C'est la preuve que ce qui se passe touche maintenant au revenu familial. Plusieurs producteurs ne font pas d'argent et il s'agit d'une baisse de deux à trois pour cent des revenus pour aller gruger le revenu des familles.»

Les producteurs de lait font toujours face à l'application de la réglementation canadienne en matière d'importation de produits laitiers.

«Lorsque le lait diafiltré passe aux douanes, le douanier considère qu'il s'agit d'un produit de concentré solide. Quand le lait diafiltré est transvidé dans les bassins à l'usine de transformation, l'inspecteur du gouvernement considère qu'il s'agit de lait. Si c'est du lait, il doit être soumis aux dispositions sur l'importation de lait. Il ne peut pas être considéré par le même gouvernement comme deux produits différents», explique Daniel Côté.

Le président de l'UPA régionale, Yvon Simard, a de son côté lancé un appel au premier ministre Justin Trudeau afin que le gouvernement intervienne rapidement pour protéger les producteurs laitiers. «Les producteurs de lait ne comprennent absolument pas pourquoi le gouvernement tarde autant à respecter sa propre réglementation. La solution est pourtant simple, en traitant le lait filtré pour ce qu'il est, un ingrédient laitier dont l'utilisation dans la fabrication du fromage est normée.»

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Il se vide un sac de protéine laitière en poudre sur la tête

(Louis Tremblay et Patricia Rainville) - Le député libéral de Chicoutimi, Denis Lemieux, comprend très bien la problématique des producteurs de lait du Québec et de l'ensemble du Canada face à cette nouvelle réalité. Vendredi, il a illustré son appui aux agriculteurs en se vidant sur la tête le contenu d'un sac de 25 litres de protéine laitière en poudre, démontrant qu'il était lui aussi capable de se salir les mains comme le font les agriculteurs tous les matins.

«Es-tu prêt à te salir pour nous autres?», a lancé un agriculteur après s'être vidé une poche de lait en poudre sur la tête et défiant le député libéral à faire de même. Denis Lemieux n'a pas hésité deux secondes avant de l'imiter.

«Je m'implique parce que ces gens-là n'ont pas besoin de salissage. C'est une cause tellement noble et j'ai compris le geste qu'il fallait que je fasse. C'est un enjeu compliqué. On ne veut pas une solution sur le coin de la table, on veut une vraie solution. Parce que ce sont des vrais travailleurs et des vraies travailleuses qui produisent le lait et ils ont le droit à une vraie solution», a affirmé le député.

«On vous sent de notre bord, je pense que j'ai confiance en vous», a lancé un autre manifestant.

De son côté, la députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, a rappelé que sa formation politique appuyait la cause des producteurs laitiers. «Jeudi, toute la journée a été dédiée au lait diafiltré et aux discussions pour que le gouvernement applique les lois dès maintenant. Le gouvernement semble comprendre l'enjeu, mais je n'ai pas l'impression que le gouvernement est prêt à agir sur le dossier», a répété la députée.

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