«Nous allons nous retrouver avec deux ou trois Val-Jalbert»

Le maire de La Doré, Jacques Asselin.... (Archives Le Quotidien)

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Le maire de La Doré, Jacques Asselin.

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«Si les gens ne sortent pas de leur apathie, nous allons nous retrouver avec deux ou trois autres Val-Jalbert en plus de celui que nous avons depuis 100 ans. C'est ce qui ressort de l'étude réalisée par les professeurs Bergeron et Gélinas de l'UQAC, si nous ne parvenons pas à mobiliser la population.»

Le maire de La Doré n'est pas tombé sur le dos quand il a pris connaissance des conclusions de l'étude menée par les deux spécialistes pour le compte du gouvernement du Québec et d'Alliance forêt boréale. La région, affirme Jacques Asselin, a maintenant entre les mains le portrait de ce qu'il adviendra si le poids des groupes environnementaux l'emporte sur la foresterie.

«Depuis deux ou trois ans, je tente de provoquer une mobilisation dans la population pour que l'on prenne conscience des risques associés à tout ce qui se passe en ce moment. Je ne sais pas ce que les gens pensent, mais on a l'impression qu'ils sont résignés à ce qui se décide ailleurs malgré les impacts majeurs que cela peut voir sur la réduction de la possibilité forestière, comme nous le voyons dans les constats de l'étude.»

En fait, la réduction d'un à deux millions de mètres cubes de la possibilité forestière sur les quelque 6,6 millions de la forêt commerciale régionale se traduit par une chute significative. Une capacité de récolte ainsi réduite permettrait tout au plus d'alimenter entre trois et cinq scieries de façon rentable. Le problème de la baisse de possibilité ferait disparaître des quarts de travail dans plusieurs autres scieries.

«Ce qui me rend le plus inquiet, c'est que lors de la dernière consolidation, on a décidé de fermer l'usine Résolu du kilomètre 55 du Parc de Chibougamau, qui était la plus rentable. Est-ce que dans la prochaine consolidation on va décider de fermer une usine comme celle de La Doré qui a reçu le prix de l'usine de l'avenir par le Conseil de la recherche industrielle du Québec (CRIQ)?», s'inquiète le maire Asselin.

Ce dernier est aussi conscient qu'une telle réduction de la possibilité forestière risque de mettre à mal toute la grappe industrielle forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il mentionne qu'il faut aussi tenir compte de la réduction de l'activité financière reliée à la forêt sur d'autres secteurs comme celui de la pâte Kraft à Saint-Félicien, qui constitue un chaînon névralgique pour la chaîne de valeur régionale.

«Quand nous disons à des travailleurs que le risque est sérieux, on se fait répondre qu'il y aura du travail dans une autre usine avec l'ancienneté. Mais au bout de la ligne, si des usines ferment, ce sont des emplois en moins. On ne peut pas sortir de cette logique.»

Jacques Asselin n'a pas de recette miracle pour réussir à renverser la vapeur. Il a toutefois des idées pour tout le volet de la protection des forêts. Il croit nécessaire de tenir compte de tous les territoires protégés en ce moment dans les grands objectifs fixés par le gouvernement. Il y a des gains à faire de ce côté pour éviter d'en rajouter inutilement.

«Nous allons nous retrouver dans la situation où le gouvernement va imposer à nos communautés une trop grande responsabilité de protection par rapport aux grands centres. On ne peut pas faire payer un gros prix à nos communautés pour atteindre un objectif global pour le Québec. Le prix est beaucoup trop élevé», a conclu le maire de La Doré.

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