Nouvelle classe de lait: blocus contre Parmalat

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Les membres du Syndicat des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean partent en guerre contre la multinationale Parmalat (Lactalis). Ils l'accusent de tenter d'appauvrir les agriculteurs canadiens en proposant la création d'une nouvelle classe de lait dont le prix serait inférieur à celui du marché international.

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Selon le producteur Michel Potvin, il y a un climat de « j'en ai assez » au sein des producteurs laitiers qui voient les revenus chuter pendant que les coûts d'exploitation continuent d'augmenter.

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C'est le producteur Michel Potvin qui a réussi ce tour de force dans le cadre de l'assemblée annuelle du syndicat. Il a préparé cette assemblée en informant régulièrement les producteurs dans les journaux et les réseaux sociaux des enjeux importants de cette bataille.

«Une centaine de producteurs ont participé aux débats. Il y avait beaucoup de jeunes. Jamais je n'aurais cru que la résolution pour faire un blocus contre cette entreprise allait passer. Elle a été adoptée à l'unanimité et on souhaite que cette position régionale puisse créer un mouvement de vague partout au Québec», insiste Michel Potvin.

La guerre du lait que livrent les grands transformateurs aux producteurs a déjà sérieusement hypothéqué les revenus des agriculteurs pendant la dernière année. Les grands transformateurs ont provoqué la création de surplus de protéines laitières produites au Canada en utilisant les trous dans la réglementation avec l'importation de produits des États-Unis qui deviennent des protéines laitières de ce côté-ci de la frontière, obligeant les producteurs canadiens à entreposer les surplus de protéine.

Parmalat a proposé en Ontario de créer une sixième classe de prix pour permettre aux agriculteurs de vendre ces protéines utilisées dans la fabrication du fromage. «Ce n'est pas compliqué, ils veulent tout simplement nous appauvrir avec cette formule. C'est vrai qu'il y a un problème de gestion des surplus, mais ce n'est pas en donnant nos protéines laitières aux transformateurs que nous allons le régler. Les agriculteurs doivent résister», ajoute Michel Potvin, qui a été appuyé dans cette lutte par son voisin Pierre Girard, qui a lui aussi lancé un appel à la mobilisation pour protéger les revenus des agriculteurs.

Selon Michel Potvin, il y a un climat de «j'en ai assez» au sein des producteurs laitiers qui voient les revenus chuter pendant que les coûts d'exploitation continuent d'augmenter. Il a bon espoir que cette résolution adoptée à l'unanimité serve de catalyseur pour cette bataille d'une grande importance. La stratégie déployée par les transformations est en fait un moyen de contourner le système de gestion de l'offre qui permet de fixer les prix en fonction de la production. Le système se désarticule à partir du moment où les mêmes transformations favorisent la création de surplus de protéines laitières pendant que le gras est utilisé par les géants de l'alimentation pour la production massive de beurre qui est devenu un produit d'appel dans les spéciaux des supermarchés. Il n'est pas rare de trouver du beurre au même prix qu'il y a 20 ans, et ce, pratiquement chaque semaine chez les grands détaillants de l'alimentation.

Pour contrer cette stratégie, Michel Potvin a déjà proposé une baisse de production de 2 à 3% de lait pour chaque agriculteur, combinée à l'importation de beurre à très bas prix pour répondre à la demande des grandes chaînes d'alimentation. Ce système permettrait, selon Michel Potvin, d'écouler les surplus de protéine et de stabiliser les prix.

Michel Potvin a eu la surprise de constater que même les dirigeants syndicaux n'ont pas voté contre sa proposition de guerre. Le syndicat, a-t-il mentionné, ne semblait pas se diriger vers la manière forte et Michel Potvin doute même qu'il y ait une certaine ouverture à la création d'une nouvelle classe de lait.

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