200 postes de cadres abolis chez Rio Tinto Alcan

Le Manoir du Saguenay de Rio Tinto Alcan.... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le Manoir du Saguenay de Rio Tinto Alcan.

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La direction de Rio Tinto Alcan a lancé une quatrième restructuration dans ses équipes de gestion de la division aluminium afin de faire face aux difficultés de l'industrie. Cette restructuration majeure touchera au moins 200 cadres dans les bureaux de Montréal et les installations de la région où elle exploite quatre alumineries et une usine de produits chimiques avec les services connexes.

La porte-parole de l'entreprise, Xuân-Lan Vu, a confirmé au Quotidien qu'il y avait effectivement des décisions en lien avec la situation mondiale de l'industrie de l'aluminium. Elle a toutefois refusé de dévoiler le nombre de postes de cadres qui disparaîtront avec cette restructuration ni les endroits touchés.

Plusieurs vérifications ont été faites au cours de la journée de mardi auprès de sources différentes. Certaines informations laissaient entendre que cette restructuration, qui affecterait tous les échelons de l'entreprise, allait dépasser la centaine de cadres. Personne n'a toutefois été en mesure de confirmer, mais des documents déjà publiés par l'entreprise et dont Le Quotidien a rapporté le contenu en juin dernier faisaient état de la disparition de 110 à 170 postes de cadre uniquement pour le siège social de Montréal en 2015.

Il s'agit, selon nos sources, de chiffres très réalistes et la restructuration en cours devrait se traduire par de nombreuses autres suppressions de postes en plus de la concrétisation des chiffres de 2015. À la fin de l'exercice, ce seront un peu plus de 200 postes de cadres qui auront disparu de l'organigramme de la multinationale au Québec.

«Nous comprenons bien que la situation actuelle provoque de l'insécurité au sein de notre personnel. Nous contactons en ce moment les personnes concernées. Ce sont des moments difficiles pour les gens. Les décisions sont basées sur les besoins de l'organisation. Pour nous, il s'agit de gestion interne», a repris la porte-parole, en précisant que l'entreprise doit oeuvrer dans un contexte difficile, ce qui l'oblige à prendre des «décisions difficiles».

Promotion pour Étienne Jacques

La seule confirmation obtenue auprès du service des communications de la multinationale est la modification des responsabilités d'Étienne Jacques, l'actuel chef de l'exploitation métal primaire pour l'Amérique du Nord. Ce dernier se voit maintenant confier trois usines d'Europe dans sa direction en plus de réintégrer l'usine de produits chimiques de Vaudreuil.

Les rumeurs qui ont circulé au cours des dernières heures faisaient état d'une diminution de l'importance du Manoir du Saguenay dans la gestion des opérations de l'entreprise au chapitre des ressources humaines et de l'exploitation des usines de production d'aluminium. Lors de l'entretien avec Le Quotidien, la porte-parole a assuré que le Manoir du Saguenay, désormais identifié comme Centre d'expertise mondiale de la gestion centralisée du métal, allait conserver son rôle.

«Le Manoir du Saguenay conserve ses bureaux régionaux et augmentera son expertise avec les nouvelles usines ainsi que Kitimat. Il effectue le contrôle du métal ainsi que la surveillance permanente 24 heures par jour des procédés d'électrolyse», a expliqué la prote-parole.

Depuis la transaction qui fait passer la compagnie Alcan au sien du géant minier Rio Tinto, ce sont plus de 400 postes de cadre qui ont été supprimés avec l'annonce faite aux personnes concernées depuis mardi matin. Dès la transaction, Rio Tinto Alcan avait passé un premier coup de balai à la maison Alcan de Montréal en 2009 avec la suppression de 120 postes de cadres. La restructuration s'est poursuivie dans les installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean en septembre 2012.

Rio Tinto Alcan a alors éliminé 120 postes de cadres reliés au soutien aux usines. À l'époque, il était question de 120 à 140 postes supprimés, mais Rio Tinto Alcan n'a jamais confirmé le nombre exact.

En novembre 2014, la multinationale procédait à la réorganisation de la direction des usines du Québec et de la Colombie-Britannique. Le nouvel organigramme, qui regroupait certaines usines ou activités, a fait disparaître 10 postes de cadres supérieurs dans la région.

En plus de la restructuration au sein du personnel cadre, Rio Tinto Alcan a effectué une réduction majeure des services de consultation externe dans plusieurs domaines de gestion. Elle mène de plus une politique très contraignante pour les entreprises de sous-traitance qui tirent une bonne partie de leur revenu de la multinationale.

En 2015, la division métal primaire d'Alcan a réalisé des profits de 500 M$ contrairement à 900 M$ l'année précédente. L'entreprise Rio Tinto a quant à elle essuyé des pertes de 800 M$ provoqués par l'effondrement des marchés et malgré une bonne performance de sa division aluminium qui a complété l'année avec des profits de 1,1 G$ incluant la bauxite et l'alumine.

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