Rio Tinto a vendu 100 MW à Hydro-Québec

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Jean-François Gauthier, directeur Énergie électrique, et Bruno Larouche, hydrologue chez RTA, ont dressé, mardi, à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, le bilan des opérations énergétiques de la dernière année.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Rio Tinto Alcan (RTA) a vendu 100 mégawatts à Hydro-Québec en 2015 pour un montant de près 19 millions$, selon le nouveau tarif «P13%» fixé par décret en décembre dernier.

Du jamais vu depuis le lock-out en 2012, alors que la société d'État s'est trouvé dans l'obligation d'acheter des surplus de 380 MW, et ce, malgré le conflit à l'Usine Alma.

«C'est une des années où on a effectivement transféré le plus d'énergie. L'année dernière, on était à 50% de ce chiffre-là», confirme Jean-François Gauthier, directeur d'Énergie électrique chez RTA, qui a dressé, mardi matin, le bilan énergétique de 2015.

C'est la quatrième fois en 14 ans que la multinationale vend des surplus à Hydro-Québec. RTA est normalement un acheteur net d'énergie avec un achat moyen de 93 MW par année pour alimenter ses installations.

En effet, RTA produit 95% de l'hydroélectricité nécessaire à la production de l'aluminium. Mais en 2015, les surplus ont dépassé les achats. Des surplus qui, selon l'entente prévue avec le gouvernement, doivent être achetés par la société d'État.

Même si le tarif «P13%» est en vigueur depuis un mois, c'est à ce prix que les surplus ont été vendus à Hydro-Québec et c'est également à ce prix que RTA a acheté son énergie. Un tarif deux fois moins élevé que le tarif L.

«Le tarif P13% dépend de plusieurs facteurs, dont le prix de l'aluminium et le taux de change. Donc, pour l'année 2015, le tarif P13% est de l'ordre de 22$ du MW/h alors que le tarif L est à 45$ du MW/h. Ça représente donc grosso modo 19 millions de dollars», précise M. Gauthier.

Le transfert de 100 MW à Hydro-Québec est principalement attribuable aux fortes précipitations de l'été dernier. Les précipitations ont engendré des apports naturels en amont de 198% de la normale. Ceci représente un record historique - du jamais vu depuis 1943 - et a nécessité des déversements en plein été.

Investissements

En 2015, RTA a investi près de 77 millions$ dans les installations d'Énergie électrique, notamment dans la réfection et l'entretien de barrages ou dans le programme de stabilisation des berges.

«Ce sont des retombées directes et indirectes dans la région. Ce sont des montants très importants et ça assure la durabilité de nos installations à long terme pour produire de l'énergie pour nos alumineries régionales et ainsi consolider des emplois dans la région», exprime Jean-François Gauthier.

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Jacques Potvin, urbaniste, Sabin Larouche, directeur général de la MRC Lac-Saint-Jean Est, et Laval Tremblay, urbaniste et consultant, ont rappelé les grandes lignes de la démarche du Comité des parties prenantes, formé l'an dernier pour demander à RTA d'adopter une gestion plus préventive du lac Saint-Jean plutôt que de se contenter du programme de stabilisation des berges.

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Gestion durable du lac Saint-Jean

Armé d'un consensus social, le Comité de parties prenantes pour la gestion durable du lac Saint-Jean demandera à Québec d'abaisser le niveau maximal du lac en plus de mettre en place une gouvernance collective du plan d'eau. C'est ce qu'il a été possible d'apprendre, mardi, alors que le groupe, piloté par les trois MRC jeannoises, a présenté aux médias les grandes lignes de la démarche amorcée il y a plus d'un an. Le comité, formé d'élus et d'utilisateurs du plan d'eau, présentera son consensus aux audiences du BAPE, prévues dans le cadre du renouvellement du Programme de stabilisation des berges de Rio Tinto.

Non au statu quo

Même si le consensus est établi, après plus d'un an de consultations, le comité préfère attendre encore quelques semaines avant d'en dévoiler les détails. Mais une chose est sûre, le statu quo ne sera pas acceptable, dont le niveau du lac.

«Ce sont des droits consentis en 1922, nous sommes en 2016. La compagnie utilise le lac pour produire son énergie. Mais on voit qu'il y a un rapport qui a changé. Il y a 5500 personnes qui demeurent autour du lac dans des propriétés de grande valeur. Il y a également plus d'utilisation du lac, que ça soit avec le nautisme, la pêche et ainsi de suite. Ce qu'on veut, c'est s'entendre et arriver avec une approche gagnante-gagnante avec la compagnie. On souhaite que tout le monde y trouvera son compte», explique Sabin Larouche, directeur général de la MRC Lac-Saint-Jean-Est.

Un niveau pour chaque saison

Le Comité des parties prenantes, qui doit d'ailleurs rencontrer Rio Tinto dans quelques jours pour présenter ses demandes, réclamera l'abaissement du niveau maximal du lac. Un niveau pour chaque saison a été établi par les membres du groupe.

«Les 21 parties prenantes, incluant les élus, se sont entendues rapidement sur les différentes périodes de l'année avec des niveaux qui font consensus chez les différents utilisateurs qui peuvent avoir des intérêts divergents. On a réussi à atteindre une unanimité par rapport à toutes les saisons sur le lac, en fonction des températures, des tempêtes. Des niveaux qui seront présentés éventuellement dans le cadre des audiences publiques», précise Sabin Larouche, qui n'a pas voulu en dire plus sur ces niveaux.

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