RTA: mise à pied de 26 sous-traitants

Carl Dallaire, représentant national Unifor.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Carl Dallaire, représentant national Unifor.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La décision unilatérale de Rio Tinto Alcan (RTA) de mettre fin au contrat qui la liait au sous-traitant ELS se traduira par des mises à pied. Le 16 février prochain, 26 techniciens en chimie analytique et biomédicale oeuvrant à l'édifice 109 et à l'usine de traitement de la brasque du Complexe Jonquière perdront leur emploi, une situation que dénonce le Local 2004-Q d'Unifor.

Ces techniciens, qui possèdent, selon les cas, des DEC en chimie analytique et en sciences biomédicales, des baccalauréats en biochimie et dans deux cas des maîtrises en chimie, ont été avisés, en début de semaine, par leur employeur ELS, que leurs services ne seraient plus requis en raison des coûts trop élevés de la main-d'oeuvre invoqués par RTA. ELS oeuvrait depuis sept ans chez RTA comme sous-traitant et fournisseur de personnel de laboratoire.

Carl Dallaire, porte-parole du Local 2004-Q, explique que les taux horaires moyens payés par ELS prévus dans la convention collective varient entre 16$ de l'heure à l'embauche et plafonnent à 20,40$ pour une moyenne de 19$. «C'est en 2006, à la suite d'une entente avec Alcan, qu'on a laissé aller les laboratoires en sous-traitance. À ce moment-là, ces syndiqués Alcan avaient un taux horaire d'environ 40$. Aujourd'hui, les quelques techniciens de laboratoire qui sont demeurés syndiqués à l'emploi de RTA sont à 47$, ce qui est plus que deux fois plus que chez ELS», explique M. Dallaire.

Selon les informations obtenues par le syndicat, ELS a été contactée une première fois en décembre par RTA afin d'expliquer ses coûts de soumission et n'a plus jamais reçu de nouvelles jusqu'à mardi matin. C'est à ce moment que la direction d'ELS a été informée de la perte de contrat et que le nouveau sous-traitant désigné, Global Tech, remplacerait ELS. L'annonce des mises à pied a été effectuée auprès des employés concernés.

Manoeuvre antisyndicale

En raison des difficultés de recrutement de personnel spécialisé en laboratoire et des changements à la loi encadrant l'assurance-emploi, M. Dallaire voit dans ce mouvement une manoeuvre antisyndicale de la part de RTA. «Recruter des techniciens de laboratoire est très difficile. On croit que le nouveau sous-traitant Global Tech va tenter de recruter le personnel de ELS et va tenter de baisser les salaires en leur disant qu'en plus, ils ne seraient pas syndiqués. D'ailleurs, quelques employés ont déjà été contactés par Global Tech», affirme M. Dallaire.

Il ajoute que les futurs chômeurs auront le couteau sur la gorge puisque s'ils n'acceptent pas les emplois offerts par Global Tech, leurs prestations d'assurance-chômage seront coupées.

Après que RTA ait publié à pleines pages de publicité pour lancer un appel à un partenariat renouvelé avec la région, M. Dallaire se demande pourquoi l'aluminerie a agi sur une base unilatérale. «Si ç'avait été du partenariat, ils se seraient assis avec ELS et auraient discuté avec eux des modalités d'un nouveau contrat, d'autant plus que ça fait sept ans qu'ils faisaient affaire ensemble». M. Dallaire croit que RTA a une carte cachée dans sa manche puisqu'il est impossible pour elle de se passer de techniciens de laboratoires.

Du côté de ELS, Chantale Morin, directrice des ressources humaines, a refusé de commenter en raison d'une entente de confidentialité signée avec RTA. «Nous avions un taux de satisfaction de 96%. On a fait de belles choses. Nos employés étaient compétents et heureux. Il n'y a eu aucune discussion et aucune négociation n'était possible», a-t-elle indiqué lors d'une brève entrevue.

Chez RTA, la porte-parole Xûan-Lan Vu a déclaré que le changement de sous-traitant fait partie d'une décision normale dans le cadre des opérations de l'entreprise. «Le contrat arrivait à échéance et nous avons lancé un processus d'appel d'offres. Nous avons retenu les firmes qui répondent le plus à nos besoins», a indiqué Mme Vu.

Elle a indiqué que le plus bas coût possible figure parmi les critères des appels d'offres, mais qu'il n'est pas le seul. En ce qui concerne le taux de satisfaction de 96% invoqué par ELS, les taux horaires payés, elle n'était pas en mesure de commenter ou de confirmer les informations reçues.

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